La Moins Bonne de tes copines

Ce jour où j’ai fait un week-end à Lyon

25 août 2022. Sur Instagram, un abonnement qui ne passe pas inaperçu. Un champion. Et pas uniquement dans le village de tes parents. Non. Un champion du monde. Pour l’anonymat de ce monsieur, je tairai son nom. Mais étant donné que vous êtes le sang de la veine, vous avez inévitablement suivi mes aventures et, par conséquent, vous savez de qui il s’agit. Cela étant dit, aucune raison de ne pas le citer, parce que, malheureusement pour vous et surtout pour mon vagin, il n’y a absolument aucun potin à vous raconter. Certes, j’ai l’art du spoil, et celui qui ne fait pas plaisir. MAIS restez, car il y a tout de même des rebondissements…

25 août 2022, donc, Monsieur le Champion du monde s’est abonné.

Évidemment, en remarquant la pastille bleue qui a illuminé mes notifications et surtout sa photo qui montrait ses épaules saillantes, j’ai foncé sur son profil. Stupeur lorsque j’ai vu ses médailles. Réflexe habituel : vérifier s’il m’avait envoyé un message. Et à ma grande surprise, j’avais de quoi lire. Dans le pavé que je découvrais, il me présentait son projet, celui d’une collecte géante de mégots pour la sauvegarde de notre belle planète que des enculés détruisent. Bien loin d’un dîner romantique et pourtant, je préférais presque. Un homme engagé, aux épaules aussi dessinées que mes cernes. Je craquais déjà. Cependant, je n’ai pas accepté. Non pas que je n’en aie pas eu envie, je n’étais simplement pas dispo. J’ai donc refusé, larme à l’œil à l’idée de rater une si belle opportunité.

Mais certains êtres humains sont toujours aussi cons et n’ont pas cessé de jeter leurs mégots après le passage de mon champion. Mauvaise nouvelle pour la planète, bonne nouvelle pour ma culotte. Quelques mois après, donc, il est revenu, comme cet ex qui retente alors qu’il s’est trompé de trou. Deux fois. La même nuit. Ce genre d’ex.

Cette fois, mon athlète me suggérait une collecte de mégots dans la ville de Lyon. La fameuse que je finis par bien connaître tant j’y fais des allers-retours ces derniers temps.

Je n’ai pas hésité longtemps et, sans penser stratégie, j’ai proposé à mon meilleur allié, celui toujours heureux de m’accompagner, de partager cette aventure et de découvrir de nouvelles choses : mon père.

Après plusieurs péripéties, un train annulé à cause des grèves, la route pour déposer Gégé à ma mère, un métro repris immédiatement et beaucoup de transports, nous avons fini par nous retrouver à Lyon.

IDans ma tête, le vendredi soir, jour de notre arrivée, j’avais prévu de rester avec mon père, diner en tête à tête dans les rues du Vieux Lyon et, surtout, de ne pas socialiser avec des personnalités publiques. C’était compter sans mon champion, ce héros de la communication qui, évidemment, nous attendait le plus tôt possible pour nous rencontrer, mais surtout parler de son événement. Logique. Il me proposait donc de « passer à la mairie du 6e pour une petite réception ». Dans cette phrase, tout me poussait à dire non. Les mots « mairie » et « réception » ont résonné en moi comme un truc vraiment chiant et pompeux. Et je n’avais pas tort. Parce qu’il était difficile de refuser et rester cloitrée avec mon père dans une chambre de Minimoys avec pour seule compagnie un Uber Eats devant une émission pourrie, j’ai accepté. J’ai accepté et je me suis retrouvée au milieu d’élus, d’influenceurs, d’athlètes, de chefs de grandes entreprises et d’autres à qui je n’ai probablement pas adressé un mot. Tout ça entourée de petits fours excellents. C’est important de le noter.

Je dois avouer que, aussi sociable sois-je, si le Nono Show n’est pas activé, c’est compliqué. Car le Nono Show, c’est celui auquel vous assistez la plupart du temps en story, ou celui que vous avez probablement vu en tournée. C’est moi. Mais en mieux. C’est la version de Noëllie capable de trouver un sujet de conversation sur tout, qui s’intéresse, qui rebondit, qui communique et qui a confiance. L’autre Noëllie, tout ça, ça la saoule.

En rentrant de cette réception, bien qu’on ait quand même sauvé les meubles avec mon père, on s’est regardés, complices, et on a eu peur. Peur que ce week-end soit long. Très long. Pas en raison de la cause, mais de l’ambiance dans laquelle on n’arrivait pas à se mettre. On a fini par se poser tous les deux dans un resto, on s’est enfilé un burger et on est vite allés se coucher pour démarrer la journée. Celle pour laquelle j’étais invitée.

Samedi matin. À mon réveil, je l’ai senti. Le Nono Show était prêt. En

En moi, j’avais la petite flamme, celle qui allait ambiancer et faire le taf. Avec mon père, on était à fond. À fond pour la collecte des mégots, pour s’éclater, pour profiter et pas se prendre la tête. C’est surtout ça, le Nono Show. Le lâcher-prise. Et ça n’a pas loupé.

Dès notre arrivée au festival, on a retrouvé des visages connus et on en a découvert d’autres. Rémy Camus, Libellule, Les Antoine. Tant de gens qui sont devenus des vrais potes, avec qui j’ai adoré passer la journée. On a fini par attaquer la collecte, ne pas gagner, mais être fiers de nous et d’avoir accompli cette mission. Ça, c’est pour la partie arc-en-ciel et papillons. Mais je le sais, ce qui vous intéresse, c’est la bite. Notamment celle de mon champion.

C’est le soir que les choses auraient pu se faire, éventuellement. Dans l’éventualité où il en aurait eu envie, ce dont je ne suis pas certaine. Mais, je l’avoue — pardon si tu passes par là —, moi, ce que je voulais, c’était pas lui, mais son image. Bouh… quelle mauvaise personne ! Parce que mon champion, il était charismatique, il était beau, il était drôle et il faisait gendre parfait. Le mec qui rend très jaloux celui qui n’est pas capable de se bouger le cul pour t’envoyer un message pour simplement demander si tu es bien arrivé·e et vérifier que ton train s’est pas scratché dans la pampa normande.

Alors, devant les yeux un peu bourrés de mon champion qui louchait dans mon décolleté, j’ai compris. J’ai compris que l’alcool lui titillait le gland et que sa teube avait très envie de me faire la bise. Moi, la seule chose que je souhaitais, c’était que ça se voie en story pour réveiller mes crushs restés sur Paris. Quand je dis « mes crushs », je veux dire « mon crush ». Évidemment, il n’y en a qu’un, et croyez-moi, je galère déjà assez.

J’ai donc misé sur l’efficacité. Deux stories. Pas plus. Pas moins. Deux, c’est le chiffre parfait. N’en faites jamais trop, sinon, c’est grillé. Une seule en revanche, ce n’est pas assez. Dans la première, j’ai montré notre complicité. Lui qui me donnait son verre et moi qui le goûtais du bout des lèvres alors que son pastis de merde me donnait envie de dégueuler et me rappelait Marseille et mon ex. Mais ça, je l’ai pas dit. Je me suis contentée de sourire bêtement en frôlant son torse de ma main. Puis, la seconde story. Celle dans laquelle j’ai annoncé que je partais et, subtilement, dans laquelle j’ai placé qu’il ne voulait pas que je rentre parce qu’il était « tombé amoureux ». Lui, il est champion, mais pas de la compréhension féminine. Il a foncé (ce qui, finalement, est cohérent avec le titre qu’il a gagné ; oui, c’est un petit indice pour celles qui ont vraiment pas suivi). Il m’a offert les deux stories parfaites, dans lesquelles il me retenait, me regardait avec tendresse et me déshabillait des yeux. J’avais ce que je voulais. À peine le téléphone éteint, je suis partie, sans une once de culpabilité. J’étais fière. Fière et heureuse, car, je l’avoue, outre ces quelques minutes de diversion, la soirée était géniale (je le précise quand même, histoire d’être invitée à la troisième édition et, qui sait, cette fois, me faire sauter par un champion).

Nous avons terminé notre week-end par un dimanche de détente, dans un complexe super que nous avaient réservé les organisateurs du festival. Moi, en réalité, je checkais toutes les dix minutes mon téléphone en espérant recevoir un message de mon crush, un poil jaloux. Rien. Je n’ai rien eu de tout le dimanche. Pas même un petit « bonjour ». Je suis retournée au bercail honteuse, même si au fond de moi, j’espérais que son silence soit le résultat de sa jalousie. Il n’en était rien. Le lundi, j’ai reçu un message : « Tu es bien rentrée ? Tout va bien ? » C’était donc maintenant qu’il se décidait. Et, au fil de la discussion, je n’ai eu aucune pique, aucun reproche, aucune once de négativité. C’était tout lui, mon crush : un mec mature et intelligent. Un mec mature, intelligent et qui ne regarde pas mes stories. Un mec qui fait chier parce qu’on veut du drama et le voir jaloux à mort. C’est pas lui, ça. Contrairement à moi, la garce qui casse les couilles. J’ai donc attaqué, sans détour, en balançant que le champion m’avait draguée. Ce qui, reconnaissons-le, est bien, bien (bien) exagéré. C’est à ce moment qu’il a réagi et, en réalité, ça lui a fait du mal. Alors, après trois secondes à faire la belle, j’ai atténué, j’ai allégé, j’ai reconnu que j’en avais fait des tonnes. Comme toujours. Et il ne m’en a pas voulu. Comme toujours. J’ai culpabilisé. Comme toujours.

C’est ainsi que j’ai compris qu’il ne fallait pas rendre jaloux les gens à qui on tient, ce jour où j’ai rencontré un athlète. (C’est faux. Je suis toujours une petite garce immature.)

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