Ce jour où j’ai fait Pâques à la maison
Samedi 15 avril 2023. Ma famille a débarqué chez moi. D’abord pour fêter l’anniversaire de mes parents qui sont nés à deux jours d’intervalle, et aussi pour célébrer Pâques avec une semaine de retard. En réalité, dans notre famille, pour Pâques, on n’a jamais vraiment fait grand-chose, à l’exception de la chasse au chocolats qui évidemment nous plaît. Mais cette année, c’était différent. Car cette année, mon neveu, il avait deux ans et demi, et donc, il comprenait. L’année dernière, on avait pourtant tenté. À cette même époque, nous étions dans la maison de campagne familiale, cliché par excellence, pas trop loin de Guérande et, par conséquent, de La Baule. La Baule, pour ceux et celles qui ne connaissent pas, c’est un mixte flippant entre bourgeois et beaufs, Ferrari et voitures de tuning. J’en rajoute à peine. En gros, c’est une station balnéaire aux portes de la Bretagne (voire en Bretagne, mais j’ai pas envie de créer de débat pour tous ces gens qui s’embêtent à déterminer s’il faut dire pain au chocolat ou chocolatine, ou encore ceux qui se demandent si le mont Saint-Michel est plutôt normand ou breton. On s’en branle. Arrête à chaque fois de nous faire chier avec tes vieux débats de merde dont tout le monde se fout, bouffe ta viennoiserie et ferme ta gueule. Désolée. J’en peux plus de ces situations). La Baule, c’est donc ce genre de ville qui, en plein été, est bourrée de Parisiens du 16e qui profitent enfin de leur maison familiale pour deux semaines et des employés de ces mêmes Parisiens qui ont économisé pendant un an pour se payer cinq jours de mobil-home. Moi, ma famille, elle est un peu entre les deux. Et, bien évidemment, pour adoucir le cliché, beaucoup le sont aussi. Et tous ensemble, dans cette microsociété qui se forme à toutes les vacances scolaires, nous nous sommes retrouvés dans un parc blindé pour y faire une chasse au chocolat de Pâques. Sur le papier, l’idée était vraiment charmante : le soleil qui frappait nos épaules commençant à se dénuder, les rires des enfants à chaque œuf trouvé et les paniers qui se remplissent aussi vite que les estomacs. Tout était réuni pour passer un bon moment. À l’exception des animations qui avaient été organisées. Pour des raisons qui me dépassent encore un an après, dans ce parc où étaient cachés des chocolats — ce qui aurait largement suffi à faire le bonheur des enfants —, la ville a voulu ajouter des animations. Et, si l’idée semble chouette, en réalité, ça faisait peur. D’abord, ils avaient fait venir des espèces de fées sur échasses qui ressemblaient à des monstres, parlaient d’une voix très aigüe, riaient fort et jetaient des bonbons hyper durs sur la gueule des gosses. Puis, ils avaient invité une dame chargée de faire des grosses bulles entre deux ficelles, mais qui paraissait avoir créé le concept la veille tant elle était nulle et, qui plus est, a fait exploser tout le savon en vol pour en faire tomber dans les yeux de mon neveu qui a fini en pleurs. Mais, le pire, c’était les lutins. Ou plutôt le seul gros monsieur bénévole qui avait probablement accepté de se déguiser pour l’occasion. Le même qui, six mois après, est sûrement le père Noël. Et lui, pour le coup, il était gentil. Tellement gentil qu’il a même failli me rouler une pelle et me laisser son numéro. Cette année, donc, la chasse aux œufs, on la ferait chez moi. Là où il n’y aurait ni lutin, ni fées démoniaques, ni artistes amateurs qui faisaient des grosses bulles. Il n’y aurait que nous, la famille. J’avais tout prévu. Il faut dire que c’est mon truc, d’accueillir. J’aime faire des petits plats, plier une jolie serviette de bain sur un lit tout propre, mettre parfois même une carte de bienvenue et une rose blanche sur le coussin. J’adore prendre soin des gens que j’aime. Bien que, dans les faits, une fois qu’ils sont tous là, je n’attende qu’une seule chose, c’est qu’ils se cassent, et je tire la gueule presque toute la journée. La beauté de la complexité humaine. J’ai foncé au supermarché, acheté de quoi faire un bon repas, et surtout profité des promotions sur les chocolats de Pâques. C’est d’ailleurs l’un des avantages de le faire avec une semaine de retard : tout est à moitié prix (parenthèse économique : 12 € le Kinder Surprise géant ? 12 € ? Vraiment ?!). J’ai dévalisé les rayons, je suis rentrée chez moi, j’ai accueilli mes parents et, avant l’arrivée du petit prodige, installé les chocolats dans mon jardin, accompagnée de mon fidèle Gégé qui, à chaque pose, s’empressait d’essayer de les manger. Autant vous dire que la mise en place a été longue. Et puis, il est arrivé. Axel, mon neveu. Pas tout seul, évidemment. Jusqu’à preuve du contraire, aussi intelligent soit-il, il ne conduit pas encore. À peine a-t-il débarqué qu’on le sollicitait déjà. Les bisous de la grand-mère, les jeux du grand-père et, mea culpa, les « Viens faire la chasse dehors » incessants de la tante. Je l’ai empêché de retirer ses chaussures, l’ai porté pour traverser le salon alors même que les chiens l’avaient massacré, l’ai foutu dans le jardin et, sous le regard plein de tendresse de la famille, lui ai expliqué les règles. Bon, c’est à ce moment que j’ai compris qu’il n’avait toujours QUE deux ans et demi. Scoop : à deux ans et demi, t’es pas encore l’œuf le plus rond du panier. En d’autres termes, t’es encore un peu con et pas vraiment apte à réfléchir. Alors, c’est sa grande gigolette de mère, ma sœur, qui a commencé à faire la chasse. Puis, après un ou deux œufs collectés, le gamin a compris et couru dans tous les sens pour dénicher ses denrées. Nous, on l’a observé, on l’a filmé et on l’a admiré… au moins les dix premières minutes. Parce qu’ensuite, c’était long. Super long. Il mettait quinze minutes à trouver un chocolat qui était
Ce jour où j’ai fait un week-end à Lyon
25 août 2022. Sur Instagram, un abonnement qui ne passe pas inaperçu. Un champion. Et pas uniquement dans le village de tes parents. Non. Un champion du monde. Pour l’anonymat de ce monsieur, je tairai son nom. Mais étant donné que vous êtes le sang de la veine, vous avez inévitablement suivi mes aventures et, par conséquent, vous savez de qui il s’agit. Cela étant dit, aucune raison de ne pas le citer, parce que, malheureusement pour vous et surtout pour mon vagin, il n’y a absolument aucun potin à vous raconter. Certes, j’ai l’art du spoil, et celui qui ne fait pas plaisir. MAIS restez, car il y a tout de même des rebondissements… 25 août 2022, donc, Monsieur le Champion du monde s’est abonné. Évidemment, en remarquant la pastille bleue qui a illuminé mes notifications et surtout sa photo qui montrait ses épaules saillantes, j’ai foncé sur son profil. Stupeur lorsque j’ai vu ses médailles. Réflexe habituel : vérifier s’il m’avait envoyé un message. Et à ma grande surprise, j’avais de quoi lire. Dans le pavé que je découvrais, il me présentait son projet, celui d’une collecte géante de mégots pour la sauvegarde de notre belle planète que des enculés détruisent. Bien loin d’un dîner romantique et pourtant, je préférais presque. Un homme engagé, aux épaules aussi dessinées que mes cernes. Je craquais déjà. Cependant, je n’ai pas accepté. Non pas que je n’en aie pas eu envie, je n’étais simplement pas dispo. J’ai donc refusé, larme à l’œil à l’idée de rater une si belle opportunité. Mais certains êtres humains sont toujours aussi cons et n’ont pas cessé de jeter leurs mégots après le passage de mon champion. Mauvaise nouvelle pour la planète, bonne nouvelle pour ma culotte. Quelques mois après, donc, il est revenu, comme cet ex qui retente alors qu’il s’est trompé de trou. Deux fois. La même nuit. Ce genre d’ex. Cette fois, mon athlète me suggérait une collecte de mégots dans la ville de Lyon. La fameuse que je finis par bien connaître tant j’y fais des allers-retours ces derniers temps. Je n’ai pas hésité longtemps et, sans penser stratégie, j’ai proposé à mon meilleur allié, celui toujours heureux de m’accompagner, de partager cette aventure et de découvrir de nouvelles choses : mon père. Après plusieurs péripéties, un train annulé à cause des grèves, la route pour déposer Gégé à ma mère, un métro repris immédiatement et beaucoup de transports, nous avons fini par nous retrouver à Lyon. IDans ma tête, le vendredi soir, jour de notre arrivée, j’avais prévu de rester avec mon père, diner en tête à tête dans les rues du Vieux Lyon et, surtout, de ne pas socialiser avec des personnalités publiques. C’était compter sans mon champion, ce héros de la communication qui, évidemment, nous attendait le plus tôt possible pour nous rencontrer, mais surtout parler de son événement. Logique. Il me proposait donc de « passer à la mairie du 6e pour une petite réception ». Dans cette phrase, tout me poussait à dire non. Les mots « mairie » et « réception » ont résonné en moi comme un truc vraiment chiant et pompeux. Et je n’avais pas tort. Parce qu’il était difficile de refuser et rester cloitrée avec mon père dans une chambre de Minimoys avec pour seule compagnie un Uber Eats devant une émission pourrie, j’ai accepté. J’ai accepté et je me suis retrouvée au milieu d’élus, d’influenceurs, d’athlètes, de chefs de grandes entreprises et d’autres à qui je n’ai probablement pas adressé un mot. Tout ça entourée de petits fours excellents. C’est important de le noter. Je dois avouer que, aussi sociable sois-je, si le Nono Show n’est pas activé, c’est compliqué. Car le Nono Show, c’est celui auquel vous assistez la plupart du temps en story, ou celui que vous avez probablement vu en tournée. C’est moi. Mais en mieux. C’est la version de Noëllie capable de trouver un sujet de conversation sur tout, qui s’intéresse, qui rebondit, qui communique et qui a confiance. L’autre Noëllie, tout ça, ça la saoule. En rentrant de cette réception, bien qu’on ait quand même sauvé les meubles avec mon père, on s’est regardés, complices, et on a eu peur. Peur que ce week-end soit long. Très long. Pas en raison de la cause, mais de l’ambiance dans laquelle on n’arrivait pas à se mettre. On a fini par se poser tous les deux dans un resto, on s’est enfilé un burger et on est vite allés se coucher pour démarrer la journée. Celle pour laquelle j’étais invitée. Samedi matin. À mon réveil, je l’ai senti. Le Nono Show était prêt. En En moi, j’avais la petite flamme, celle qui allait ambiancer et faire le taf. Avec mon père, on était à fond. À fond pour la collecte des mégots, pour s’éclater, pour profiter et pas se prendre la tête. C’est surtout ça, le Nono Show. Le lâcher-prise. Et ça n’a pas loupé. Dès notre arrivée au festival, on a retrouvé des visages connus et on en a découvert d’autres. Rémy Camus, Libellule, Les Antoine. Tant de gens qui sont devenus des vrais potes, avec qui j’ai adoré passer la journée. On a fini par attaquer la collecte, ne pas gagner, mais être fiers de nous et d’avoir accompli cette mission. Ça, c’est pour la partie arc-en-ciel et papillons. Mais je le sais, ce qui vous intéresse, c’est la bite. Notamment celle de mon champion. C’est le soir que les choses auraient pu se faire, éventuellement. Dans l’éventualité où il en aurait eu envie, ce dont je ne suis pas certaine. Mais, je l’avoue — pardon si tu passes par là —, moi, ce que je voulais, c’était pas lui, mais son image. Bouh… quelle mauvaise personne ! Parce que mon champion, il était charismatique, il était beau, il était drôle et il faisait gendre parfait. Le mec qui rend très jaloux celui qui n’est pas capable de se bouger le cul pour t’envoyer un message pour simplement demander si tu es bien arrivé·e et
Ce jour où j’ai fait un speed dating
Lundi 13 mars. Une opportunité est apparue dans mes mails, celle d’une marque avec qui je bossais depuis un moment et qui souhaitait collaborer pour faire un poisson d’avril. Classique. Mais j’aimais l’idée. Le principe était simple : faire croire au public qu’ils créaient une appli de rencontres et que, pour son grand lancement, une soirée speed dating était organisée, soirée à laquelle j’étais invitée. Sans hésitation, j’ai accepté. Ce que je n’avais pas vu venir, c’est que j’allais être réellement stressée. Car oui, avant de partir de chez moi, j’avais l’impression d’aller rencontrer un vrai mec qui me plaisait, alors même que je n’avais aucune idée de qui allait être en face de moi. J’avais donc sorti le grand jeu. Maquillage jusqu’au bout des lèvres, pantalon qui moulait mon gros cul, décolleté plongeant, bijoux que j’avais créés et, surtout, boucles sur mes lobes. Sans vous refaire l’histoire que vous avez probablement suivie sur Insta, je ne mets pas de boucles d’oreilles. Pourtant, j’ai des trous. Et pas qu’aux oreilles. Mais aussi aux oreilles. Et à ma grande surprise, ils ne s’étaient toujours pas rebouchés. C’est ce que j’ai constaté ce soir-là lorsque, avec délicatesse, j’ai introduit les bijoux dans les lobes de mes oreilles. Je me sentais prête. Prête à bosser, mais surtout prête à séduire. J’ai débarqué à la soirée, retrouvé les copines, les équipes et surtout, j’ai rencontré les hommes. Quatre. Quatre hommes, très différents, très charmants et décidés à jouer le jeu. Chacun avait un rôle. égocentrique, sans personnalité, timide, passionné de Babybel ou encore amoureux de son ex. Ils cumulaient à eux quatre les genres de mecs qu’on déteste tous·tes… et qui existent pourtant bien. Le speed dating n’avait pas commencé et, pour détendre l’atmosphère qui bizarrement était assez stressante, j’ai discuté avec l’un d’entre eux. Axel. Comme mon neveu. Il partait déjà avec des mauvais points. Coucher avec un mec qui porte le nom de la progéniture de ma sœur, c’était mal barré. Et puis, à dire vrai, je le soupçonnais d’être gay. D’où le fait que j’ai été très à l’aise, d’ailleurs. Au point d’initier ce que je m’apprête à vous raconter… On échangeait sur nos vies, et surtout sur celle qu’il s’était inventée pour la soirée. Lui, il était timide. Impossible de me regarder dans les yeux, à trifouiller ses doigts, à bégayer et à s’évanouir rien que si une fille lui touchait la main. Jusque-là, rien de bien compliqué. Jusqu’au moment où, en plus de sa timidité, il m’a confié que son personnage était fétichiste des lobes. Fétichiste des lobes ? Comment avait-il pu tomber si juste, devant moi qui, quelques heures avant, bataillais avec mes oreilles pour les rendre plus sexy ? C’était fou. Et surtout, un bon moyen de stimuler ma créativité. Dans un cri excessif qui me caractérise tant, je suis devenue cette artiste aux mille idées à la seconde que je suis parfois. Et là, tout s’est enchaîné. J’avais le scénario. On ferait notre date dans une timidité assez gênante et, lorsque celle-ci serait trop intense pour moi, je quitterais la table, énervée par ce rendez-vous, mais aussi par le fait que mes oreilles, à cause de ces boucles neuves que j’avais mises, subissaient une réaction allergique. Et là, dans un élan d’amour, il me rattraperait, pour me dire combien mes lobes sont magnifiques, avant de les baiser avec délicatesse. Tout ça, vous l’avez vu. Mais pour le plaisir, je vous le repartage. Mais ce que je n’ai pas raconté, c’est ce que j’ai ressenti lors de ce baiser de lobe. Parce que oui, quand il m’a embrassé l’oreille, délicatement, l’espace d’une demi-seconde, j’ai eu les papillons, et pas dans mon cœur. Il a activé ma libido. Et ma libido, depuis un moment, elle est particulièrement intense. Pour le dire en d’autres mots, j’ai envie de baiser H24. Même dans mes rêves. Une catastrophe. Alors, quand Axel, cet homme portant toujours le nom de mon neveu, a roulé une pelle à mon lobe, aussi professionnelle sois-je et aussi gay soit-il, j’ai eu envie de lui sucer la bite, lui gober le gland, l’enfoncer dans mon vagin et lui rappeler à quel point la muqueuse utérine, c’est sympa. Deux secondes. Deux secondes où mon esprit a oublié que j’étais filmée par les équipes de la marque pour laquelle je travaillais, par les autres influenceuses et par les participants. Deux secondes où moi, pourtant si professionnelle, j’ai vagabondé loin. Deux secondes qui ont paru durer une éternité, pendant lesquelles j’ai senti ses lèvres se déposer délicatement sur mon oreille pour repartir, comme un aller-retour orgasmique. Et puis, tout est redevenu normal. Calme. Au moins dans mon slip. J’ai commandé un Coca et discuté des derniers potins avec les copines. Je pensais que l’événement était terminé. Jusqu’au moment où on m’a annoncé qu’on était le couple de la soirée. En soi, cela n’apportait rien. Sauf de devoir aller sur « scène » et jouer les amoureux parfaits, toujours pour l’illusion. Mais ce que je n’avais pas réalisé, c’était que, forcément, Axel, à fond dans son rôle, continuerait de vouloir me lécher l’oreille. Il avait raison. Il le fallait. Après tout, j’étais payée pour ces conneries. Et ça, c’est quand même incroyable. Alors, devant tous, la couronne sur la tête, l’écharpe sur les épaules, j’ai accepté. J’ai accepté de me faire trifouiller une nouvelle fois le lobe par la bouche experte de mon compagnon d’un soir. Il s’est approché avec envie et, alors que je restais figée à contrôler mon clito, il a de nouveau déposé sa langue sur ma peau… jusqu’à en manger ma boucle d’oreille. Sans même que je m’en rende compte, il a retiré le fermoir qui a disparu et s’est retrouvé avec mon bijou dans la bouche. À cet instant, je suis restée de marbre. L’avait-il avalé ? Je m’imaginais déjà, l’accompagnant sur les chiottes, à attendre qu’il ponde son cake pour récupérer la boucle d’oreille qui, soit dit en passant, appartient à la collection capsule que j’ai créée avec Mélanie, et
Ce jour où j’ai eu 32 ans
Lundi 27 février 2023. Mon anniversaire. Je prends une année de plus, des dizaines de rides, me rapproche de la tombe et me rappelle que je vieillis. Mon anniversaire, il y a encore quelques années, j’adorais le fêter. Et puis, finalement, j’ai pris conscience que c’était peut-être pas logique de le célébrer. Après tout, quand on y pense, on devrait plutôt pleurer chaque année. Heureusement pour moi, je suis bien entourée. Et je ne parle pas que de mes cernes. Autour de moi, j’ai des amis qui, pour m’aider à surmonter le fait que mes seins descendent de plus en plus bas alors qu’ils n’ont toujours pas allaité, m’emmènent en week-end. C’est ce que je souhaite pour cette occasion spéciale : des expériences. Oui, je fais partie de ces connasses qui à la question « Tu veux quoi pour ton anniversaire ? » répondent « J’ai besoin de rien, à la limite, offre-moi de ton temps ». Mes proches, eux, ils aiment l’idée. Et c’est ainsi que, pour mes 32 ans, ma meilleure amie et moi, nous sommes parties en Pologne. Alors, j’imagine votre surprise (c’est faux, tout le monde s’en tape, mais laissez-moi romancer ma vie). D’abord, pourquoi la Pologne ? Eh bien, aussi étonnant soit-il, durant cette période spéciale, j’aime l’est du monde. Bon, en réalité, je n’y suis allée qu’une fois ; c’était à Prague, il y a déjà plusieurs années. Mais j’avais adoré. Et puis, j’avais croisé Tobias Eaton. Si tu as pas la réf, je te le mets là, et crois-moi, ça fait aimer Prague. À la base, moi, je voulais aller à Vienne. Mais voilà, Vienne, c’est super cher et ça nous arrangeait pas. Alors, on a regardé la Pologne, plus précisément Gdansk. Vous en faites pas, moi non plus je sais pas comment ça se dit. Gdansk, pour votre culture, c’est un petit port dans le nord du pays. C’est aussi la capitale mondiale de l’ambre. Toujours pour votre culture. Et c’est surtout une ville trop mignonne, avec plein de restaurants, pas loin d’une plage, des petits cafés cocooning et des Airbnb abordables. Tout ce qu’il nous fallait. Évidemment, c’était pas si simple. Parce que pour arriver à Gdansk, il fallait prendre l’avion. Non : il fallait prendre la voiture, une navette et l’avion. Et surtout, il aurait fallu penser à s’enregistrer en ligne pour éviter que RyanAir ne nous encule de 55 € chacune au moment d’arriver au guichet. 110 € qui se sont envolés. Plus cher que l’aller-retour. Sacrés connards. Mais nous avons finalement réussi à nous installer dans nos sièges, pas très grands et peu confortables, en direction de Gdansk. Le problème de la Pologne, sans surprise, c’est qu’il fait froid. Et qu’il neige. D’un coup, comme ça, comme notre pluie normande qui ne nous prévient pas avant de venir défoncer nos bouclettes. Sauf que chez eux, c’est du verglas. Du coup, pour atterrir, tu prends une heure de plus pendant que les gugusses d’en bas salent une piste de plusieurs kilomètres. C’est long. Et puis, quand enfin les gens applaudissent le pilote pour le travail qui lui fait gagner des milliers d’euros, tu te cailles le cul en sortant. Finalement, c’était pas si mal dans l’avion. Mais on y était. Et malgré tout, on était heureuses. Heureuses de voir de la neige, de voyager, d’être ensemble… et de découvrir la ville. À dire vrai, le premier soir, on a fait simple. On a pris le premier restau du coin et c’était très bien. On a goûté à la gastronomie locale, composée principalement de pain et de peu de légumes, mais franchement bonne. + 1 pour Gdansk. Le dimanche, on s’est repris des flocons dans la gueule. Alors, on a décidé d’aller au musée de la ville — l’unique attraction, pour être honnête — : le musée de la Seconde Guerre mondiale. Bon, je ne vous cache pas qu’en termes d’ambiance, on a connu mieux. Parce qu’outre le thème qui parle de lui-même, il y a la durée. Et pas les chocolats (Ladurée/la durée, fais un effort). Trois heures trente. Trois heures trente de photos de gens morts, torturés, martyrisés, détruits. Trois heures trente d’Histoire, de dates, de culture. Trois heures trente intéressantes, mais qui ne sont pas la référence d’un moment festif. Heureusement, mon anniversaire, c’était le lendemain. Le lundi. On voulait faire fort. Tout était réuni pour qu’on passe une superbe journée. Mais c’était compter sans cette connasse de grippe qui ne m’avait pas vraiment quittée depuis deux semaines. Elle avait eu l’obligeance de me laisser un peu de répit durant le début de ce week-end pour revenir petit à petit le jour J. Elle a refait surface dès le matin, avec ma voix roque qui me permettait d’imiter Garou, pour me suivre jusqu’au tram polonais qui nous a menées à Sopot, ville balnéaire où les cygnes étaient à deux doigts de bouffer les gamins et les mouettes de les embarquer avec elles au milieu de la mer. On a profité du moment, du port, de la magnifique plage, d’un chocolat chaud et de sa chantilly, d’un gâteau maison et de bougies. Et j’ai résisté pour apprécier cette chance. On était bien, dans un endroit qu’on n’aurait pas pensé visiter et dans lequel on ne retournerait sans doute jamais. Et puis, j’ai fatigué. Mon amie, elle, elle voulait faire la fête. Elle avait envie de boire des verres, des cocktails et de rire aux éclats. Moi, si j’ouvrais la bouche, je perdais ma voix. Vraiment. Alors, j’ai proposé de rentrer, juste pour « faire une petite sieste ». Mais le problème, c’est qu’en Pologne, si tu rentres à 17 h, difficile de te remotiver à 19 h. Bon, ça, me concernant, c’est la même chose en France. Me jugez pas, j’ai 32 ans maintenant. Je commence à être vieille. 20 h, donc, le soir de mes 32 ans, je me suis retrouvée au lit, défoncée de fatigue, poumons remplis de glaire, devant une vidéo d’Hilona, star de la téléréalité qui balançait sur son ex qui lui avait volé de la thune (rends l’argent, Julien !!).
Ce jour où j’ai lancé une collection de bijoux
16 novembre 2022. Dans ma boite mail, Mélanie apparaît pour la seconde fois en quelques semaines. Mélanie, c’est la fondatrice d’Aphaëla, une marque de bijoux éthiques, fabriqués en France et surtout très beaux. Mélanie, elle me contactait pour bosser avec moi. Mélanie, elle m’a eue grâce à son travail, ses ambitions et son envie de réussir. Mais surtout, elle m’a eue grâce à son sérieux. Parce que Mélanie, elle a popé dans ma vie avec un mail pro, qui proposait un budget et un vrai projet. Mélanie, elle avait les codes des grands, dans une petite entreprise. Et ça, j’aime. Dans son mail du 16 novembre, elle me parlait d’un truc fou : créer une collection capsule. Au début, je n’ai pas hésité. Une nouvelle expérience. Tout pour me plaire. Et puis, je l’avoue, j’adore les bijoux. Pas ceux qui brillent fort, qui coûtent cher ou qui portent le nom d’une grande marque. Pas ceux-là. Moi, j’aime les petits bijoux, souvent de créatrices, que tu trouves dans les magasins, qui trônent dans les stations balnéaires ou que tu vois sur toutes les photos Instagram. Oui, ne nous mentons pas, beaucoup se ressemblent. Pour être honnête, je ne pensais pas faire mieux. Mais au moins tout aussi bien. Alors, j’ai accepté, pleine d’ambition. Puis, après que mon égo s’est emballé, ma conscience a refait surface. Et finalement, j’ai douté. J’ai douté d’être la bonne personne. Parce qu’après tout, Lamoinsbonnedetescopines, on ne la suit pas pour ses goûts vestimentaires, ses tutos make-up ou, très justement, ses bijoux (même si, ne nous mentons pas, vous me demandez régulièrement mes références de grande influenceuse. Souvent sur mes rouges à lèvres. Les filles, sachez-le, je n’ai aucune idée de ce que je me fous sur les lèvres… si ce n’est le gland de votre frère. Oui, elle était facile. Mais nécessaire). Alors, j’ai hésité. Fort. J’ai eu peur de vos réactions. Et si on me critiquait pour sortir des sentiers battus et tenter des choses dans lesquelles je n’ai aucune légitimité et expertise ? Le doute n’a pas duré longtemps. Parce que franchement, flemme de douter. Après tout, dans le pire des cas, le projet ne plait pas et on n’en parle plus. Et puis, c’est égoïste mais sincère : je n’avais absolument rien à perdre. Pour moi, c’était que du plus, là où Mélanie, elle, prenait un risque. Elle, elle investissait de l’argent, évidemment. Moi, uniquement mon image et, sur ce coup, je n’avais aucun doute sur la qualité du travail. En soi, il fallait foncer. Nous sommes donc parties pour ce projet fou. Calls, prototypes, petits galères… Les semaines se sont enchaînées et on a gardé le cap, jusqu’à la sortie qui aura lieu cet été. Oui, mais, parce qu’on est des filles bien (et surtout parce qu’il faut qu’on s’organise), on propose des précommandes le 2 avril. Et parce qu’on est VRAIMENT des filles bien, on vous offre 5 € sur celles-ci. Et parce qu’on est VRAIMENT, VRAIMENT des filles bien, et pour vous remercier de me soutenir avec ce blog — et, avouons-le, dans beaucoup de mes projets fous —, on vous offre, à vous uniquement, les frais de port. Oui, mais, pourquoi acheter nos bijoux en particulier ? Laissez-moi vous expliquer. Je l’avoue, mon préféré, c’est le collier Gueuse. Bon, j’aime aussi trop la bague, mais merde, sur le collier, il y a écrit « Gueuse ». Qui aurait cru que j’aurais un jour une chaîne avec ce mot que j’affectionne tant ?! Voici l’histoire qui raconte pourquoi un bijou peut tout changer. Il y a quelques années, j’ai passé la soirée avec un groupe d’amis dans un bar et un + 1 qui ne me laissait pas indifférente. Ce mec, c’est celui qui plait vraiment, avec un gros charisme, qui fait rire les filles et qui rend jaloux les hommes. Ce genre de mec que tu admires, mais devant qui tu bégayes. Durant toute la soirée, je l’ai maté et j’ai secrètement espéré qu’il vienne me parler. Des heures à le regarder, à sourire à ses blagues que toutes les autres aimaient aussi et à attendre. Attendre, encore et encore, qu’il attaque. Et, il est arrivé, ce moment… grâce à mon collier. 22 h 32. Ou peut-être 23 h 6. À dire vrai, je n’ai aucune idée de l’heure qu’il était, mais ce qui était certain, c’est que j’avais déjà au moins trois bières dans le bec. Et apparemment, à en croire mon crush, ce qu’il s’apprêtait à nous offrir n’allait rien arranger. Car, dans la folie de la soirée, il s’est levé et, comme le gentleman qu’il était, a proposé de payer sa tournée. J’aurais aimé qu’il me tourne moi, c’est certain. Mais lui, il pensait juste à des shots. Sous la contemplation de tous, il s’est dirigé vers le bar et, euphorisée par l’alcool, quelques minutes après, j’y suis allée moi aussi. Le problème, c’est que je me suis retrouvée à côté de lui sans rien dire, sauf pour répondre à sa question : — Tu veux autre chose qu’un shot, peut-être ? — Euh, non, t’inquiète, je viens juste t’aider. Il a souri et n’a pas relancé. Évidemment. Jusqu’au moment où son regard s’est posé sur mon collier. C’était une chaîne dorée, avec une clé. C’est CETTE clé qui a tout changé. Car forcément, elle a attiré son attention. Il l’a attrapée du bout des doigts et a demandé : — C’est la clé de ton cœur ? De lui ou de moi, je ne sais pas qui était le plus beauf : celle qui portait une clé autour du cou ou celui qui posait cette question débile. Mais, qu’importe la réponse, ce qui comptait, c’était qu’il m’avait parlé, et ce grâce à un bijou. Sans vous spoiler — même si vous vous en doutiez —, il ne s’est absolument rien passé avec ce mec MAIS, dès le lendemain, j’ai fait mon étude sociologique sur ce qu’il s’était passé avec ce collier. Malheureusement, ma mémoire de poisson m’empêche de me rappeler le nom de la théorie ; toutefois, je me souviens du fond. Pour faire simple,
Ce jour où j’ai écrit sur mon premier amour
Mardi 7 janvier 2023. 19 h 01. Moi assise à mon bureau, Gégé dans son panier gavé à la pâté, mes doigts qui défilent sur le clavier et une pensée improbable. Une pensée pour mon ex. Le premier. Guillaume, de son petit prénom. Guitou pour les intimes. Et j’ai essayé de comprendre pourquoi, après presque quinze ans, il revenait dans ma tête. Il y a quelques jours, j’ai vu une psy. Une psy quantique. En réalité, je ne sais pas vraiment ce qu’est une psy quantique. Mais dans psy quantique, il y a psy. Et ça, je connais. L’idée du psy quantique, sauf erreur de ma part, c’est de vous écouter et de se connecter à vous. Comme s’il existait entre lui et vous un lien invisible, il plonge dans votre cœur, même à distance, et parle à votre place. Moi, sans surprise, mon cœur, il est facile de s’y noyer. Après une heure, j’avais une liste longue comme la bite de Rocco et de quoi réfléchir pendant des jours. Mais il y avait pourtant un mot qui avait retenu mon attention : Orangina. D’après cette psy, j’étais comme une bouteille d’Orangina. J’avais tellement secoué le bordel que la pulpe restait dans le bouchon — en d’autres termes, les ruminements dans la caboche — et n’arrivait plus à redescendre au niveau du cul, et donc à m’apaiser. J’avais tant réfléchi que je ne savais plus faire que ça, à mon grand détriment. Et c’est ainsi que cette pulpe qui défonçait chaque cellule de mon cerveau a fait apparaître Guillaume dans ma vie. Et pour cause. Ce Guillaume — que nous pourrions appeler Paul pour protéger son image, mais comme je m’en tape de son image, je vais l’appeler Guillaume —, c’était un sacré connard. Bien malgré lui, j’imagine. Car quand nous nous sommes rencontrés, nous avions 17 ans. Et, malheureusement pour lui comme pour moi, à 17 ans, tu n’as pas beaucoup de recul sur les choses. Reprenons depuis le début. À 17 ans, au lycée, votre Nono nationale était donc amoureuse de Guillaume, le mec un peu stylé du bahut, bien que pourtant loin d’être un top model. Mais voilà, Guitou, il avait un truc. LE truc qui fait craquer les filles : la tchatche. Il savait parler, il avait du bagout et c’était bien la seule chose qui le sauvait. Même si ça m’arrache la gueule de le reconnaître, Guitou, il était charismatique, drôle et sûr de lui. Le genre de gars qui plaît à 17 ans. Celui qui se rebelle devant les profs, qui n’est bon qu’au sport et qui sèche le reste. Le badboy qui faisait craquer la Noëllie de 17 ans, pucelle, qui avait à peine embrassé un mec, qui était deuxième de la classe depuis toujours et qui n’aurait manqué un cours pour rien au monde. Et, coup du sort, comme dans ce qui aurait pu être un film romantique, je plaisais à Guitou. Après deux mois d’attente, décompte au bout duquel il a pu m’embrasser pour la première fois (me jugez pas), et des heures à m’autocoacher pour lui faire confiance, j’y suis allée. C’était fait. Janvier 2009 : Guitou et moi étions en couple. Les six premiers mois ont été magiques. Le premier amour, celui qui te met des papillons dans le ventre au moindre texto, qui te fait mouiller juste quand tu le vois et devant lequel tu bégayes. Finalement, un amour tout court. Oui, mais avec le premier amour, il y a une chose qu’on n’a pas avec les suivants : l’innocence. Moi, je donne en amour. Tout. Je suis ce genre de nana qui s’oublie complètement quand elle est piquée, qui ne vit que pour l’autre, qui fait mille surprises et qui réclame de l’attention H24. En réalité, je ne sais pas vraiment si j’ai toujours été comme ça ou si c’est lui qui m’a fait devenir cette meuf. Parce que Guitou, après nos six premiers mois de lune de miel, il a commencé à être con. Très con. Le genre qui te pousse à tout remettre en question. Mais pas dans ton couple. Non. Dans toi-même. C’est à partir de ce moment que j’ai été mal ; ou, selon ses mots, j’ai été chiante. Car moi, je venais d’avoir le bac et je partais en médecine. Lui, il n’avait rien eu. Si ce n’est une petite dépression. Mais ça, à l’époque, je l’avais pas compris. Moi, je pensais que j’étais le problème. Et tu le vois arriver… Quand t’es amoureuse et que tu penses être le problème, tu deviens le problème. Parce que tu demandes de l’attention, tu demandes à être rassurée, tu demandes à être aimée. Sauf que l’autre — amoureux ou non — est incapable de t’apporter ça, car déjà pas capable de s’aimer lui-même. Mais ça, une fois encore, je n’en avais pas conscience. Alors intervient le pire : le cercle de merde. Ce cercle, c’est un cercle qu’on connaît tous. Moins tu as, plus tu veux, plus tu réclames et encore moins tu as. Ajoute à ça le fait que Guitou était particulièrement con, et tu tombes sur mon premier amour. Ce mec, il était déprimé, donc aujourd’hui, je suis capable de lui pardonner beaucoup de choses. Il passait ses journées enfermé chez ses parents, dans sa chambre, à jouer à des jeux vidéo ou au basket, à voir des potes et, rapidement, il a commencé à fumer. Bref, un joli sac de crotte dans lequel il s’était emprisonné. Mais, outre cette déprime qui le bouffait, il était méchant. Vraiment. Ce mec, il m’insultait régulièrement. J’étais une salope, une connasse, une pute. Moi qui, pour rappel, avais attendu un délai pour l’embrasser. On connaît plus efficace comme pute. Et puis, classique, tout était toujours de ma faute, je n’étais jamais supportable, « pas plus de trois jours en tout cas » et « surtout jamais les week-ends ». Et je me contentais de ça, moi qui étais déjà une meuf incroyable. À ce moment, j’étais en médecine, je travaillais comme une acharnée. Les étés, je
Ce jour où j’ai eu la gastro
Vendredi 27 janvier 2023. L’envie furieuse de ne pas rentrer à mon appartement et de retrouver mes amis, alors même que je venais de dormir chez l’un d’eux. Comme un saut dans le temps, j’ai renoué avec mes passions d’antan, lorsque, culotte dans le sac et brosse à dents qui avait ramassé toutes les pelures de mon sac, je voguais de lit en lit, squattant chez mes potes après des soirées étudiantes trop arrosées. Oui, c’était toujours chez des potes, malheureusement pour ma chatte. (Même si, je me souviens encore de cette nuit, où sans raison apparente, je suis partie rejoindre Quentin. Il mérite bien une parenthèse. J’avais 20 ans à peine et je venais de me séparer de mon premier amour. Il était grand, très grand, un basketteur aux larges épaules qui séduisait toutes les filles en STAPS, en commençant par moi. Ce qui est drôle, c’est qu’avec ce Quentin, nous étions ensemble en primaire. Mais à cette époque, il avait le bide aussi gros que mon cul et surtout, des mains aussi petites que son courage. Bref, en somme, il ne m’avait pas séduite. Mais cette fois, j’en suis tombée amoureuse dès que je l’ai revu. Je lui ai couru après pendant des jours, des semaines et, malchanceux qu’il était, il habitait à une rue de chez moi. Avec les hommes, j’ai toujours été très timide. Sauf la nuit. La nuit, comme si une pulsion animale animait mon corps, je me révèle. C’est ainsi que je me suis retrouvée, à trois heures du mat’, à le harceler par SMS en insistant fortement pour le rejoindre chez lui. Le pauvre homme, la bite en folie devant mes avances mais la tête peu attirée, a fini par accepter. Moi, j’étais chaude. Je me suis rapidement retrouvée à califourchon sur l’animal, à lui rouler des pelles endiablées, avant qu’en plein milieu, il ne m’arrête en me disant : « Noëllie, je suis désolée, je pense à une autre fille. » Un beau moment. Un très beau moment. Quatre heures du mat, je suis rentrée chez moi la culotte trempée et l’égo noyé.) Ce vendredi 27 janvier, je quittais donc un ami pour en rejoindre un autre. Autre que vous connaissez bien, car il s’agit d’Alex que vous voyez régulièrement, que vous aimez (ou pas d’ailleurs) et qui est une personne exceptionnelle. Si exceptionnelle que même malade, il m’avait invitée chez lui. Sur le papier, il m’avait décrit une intoxication alimentaire. Je cite : « Un petit restaurant turc qu’on a testé la veille et qui n’est visiblement pas passé. » Une nuit de vomi, un dodo de vingt heures et, bien que barbouillé, il semblait enclin à m’accueillir. J’ai donc débarqué, prête à lui donner mon énergie. Si la journée s’est finalement bien déroulée, c’est le soir que tout a basculé, lorsque son amoureux, Geoffrey, est rentré du travail. Moi, j’étais toujours très en forme (cf. l’impro d’Omar Sy). Très, très en forme. Ce genre de forme où je suis en monologue à raconter en détail le dernier texto que j’ai reçu d’un crush pourri qui n’a, évidemment, pas fait ce qu’il fallait. Dans ces moments, rien ne m’arrête. Rien, sauf Geoffrey qui, entre deux parts de pizza, nous a confié qu’il fallait qu’il s’éclipse. Vite. Vraiment vite. En quelques secondes, on l’a vu s’enfiler l’escalier pour foncer jusqu’aux toilettes et entendu se vider entièrement d’un coup avant de redescendre le teint blafard, accompagné d’Alex qui s’était précipité à son chevet. Et moi, au milieu de tout ça, je suis restée assise, Coca dans une main, pizza au chèvre dans l’autre, à comprendre. Comprendre que moi aussi, j’allais y avoir droit. Parce que d’abord, il était peu probable que ce soit une intoxication alimentaire plus de 24 heures après, et surtout, surtout, parce que j’allais passer la nuit entière chez eux, au milieu de leurs microbes, microbes qui devaient déjà être en train de danser la Carioca dans mes intestins en se tapant leur meilleur check. Et puis, je dois vous avouer un secret. La gastro et moi, c’est une belle histoire d’amour. Depuis toujours, j’ai la chiasse. Disons-le clairement. Anxiété, stress, microbes, tout est une raison pour déféquer de travers. En Afrique du Sud, j’ai chopé la tourista. En vacances à Montpellier, j’ai mangé un melon pas frais et j’ai investi les chiottes pendant toute une journée. En Australie, je suis restée sous la douche trois heures à me vider du cul. Et chaque mois, pendant mes règles, je perds autant d’un trou que de l’autre. Bref, c’est un cataclysme dans mon anus, dès qu’il le peut. Alors, j’ai été honnête avec moi-même : je n’y échapperais pas. Je me suis donc couchée dans ce lit d’ami, pas trop loin des toilettes, prête à agir s’il le fallait. Et à ma grande surprise, rien. Au petit matin, toujours rien. Durant toute la journée du lendemain, alors que je vaquais à mes occupations entre sorties avec mon neveu, resto avec ma sœur et ciné avec mes potes, toujours rien. Un miracle. C’était un miracle. Jusqu’au moment du coucher, une fois rentrée, dans mes propres draps. La colère de Dieu s’est abattue. D’abord, il m’a laissée m’endormir, tranquillement, me persuadant que j’y avais échappé. Et puis, au milieu de la nuit, je l’ai senti arrivé. Mais, comme un coup du sort, ce n’était pas l’anus qui parlait. Non. C’était l’œsophage. J’avais envie de vomir. En quelques secondes, je me suis retrouvée à courir jusqu’aux toilettes et me suis vidée. Toute la nuit. J’ai multiplié les allers-retours, me gerbant parfois dessus, tentant une bouillotte ou restant sous la douche, n’ayant plus rien dans le ventre et les larmes aux yeux. J’ai cru y passer. Je me suis blottie dans mes draps, attendant le lever du soleil comme un sauveur. Mais même lui n’y pourrait rien. J’ai à peine dormi ; j’avais le ventre vide mais sans aucune faim, la tête qui bourdonnait et le cœur lourd. C’était une gastro. Une gastro-vomi. Je me suis levée avec peine et j’ai passé
Ce jour où j’ai dit la vérité sur 387 jours
Vendredi 20 janvier. Je suis assise à mon bureau, soleil qui frappe la fenêtre et champs à perte de vue. Et sur le côté, 387 jours. Mon œuvre. Mon bébé. Ma fierté. Je le regarde du coin de l’œil et je le feuillette. Je dois vous dire la vérité : je ne lis JAMAIS. Enfin, presque jamais ; depuis peu, j’essaie de m’y remettre. Pour arrêter le téléphone. Mais ça, je vous en parlerai une prochaine fois. Et je lis encore moins mes livres. Surtout 387 jours, le premier, celui qui a probablement le plus de défauts. Oui, mais voilà : à ce moment, j’ai envie de me rappeler. Parce qu’à dire vrai, j’ai une anecdote assez chaotique. Été 2020, seulement quelques semaines après sa naissance, 387 jours a commencé à vivre grâce à vous, de manière inattendue. C’était un rêve, un rêve qui se réalisait. Dans mes messages privés Insta, je le voyais dans vos mains, en photo sur la plage ou à l’autre bout du monde. Il devenait ce pour quoi il avait été créé. Mais surtout, vous me donniez vos avis. Des avis parfaitement structurés, construits, qui avaient du sens. Et puis, je suis tombé sur LE message. Celui qui me disait, pour faire simple, que « Didier est le personnage le plus cool ». À cet instant, dans ma tête, un choc. Impossible de me rappeler qui est Didier. J’ai écrit TOUS les mots de ce livre, je les ai relus encore et encore, et pourtant, je ne me souvenais pas de ce personnage. Comme un trou noir. Et alors, au lieu de me taire et de simplement remercier cette lectrice, j’ai répondu : « Didier ? » C’est elle qui m’a redonné le contexte et, soyons honnêtes, elle doit encore penser que je sous-traite quelqu’un pour rédiger mes romans. Pour mon égo, je me suis persuadée que, lors de l’écriture, je suis en transe et que, par conséquent, j’oublie tout ce que je pose sur la feuille blanche, comme un don qui reste enfermé dans les pages. La réalité, c’est juste que j’ai une mémoire de merde. Vraiment de merde. Alors, ce vendredi 20, quand j’ai vu mon livre sur mon bureau, j’ai eu envie de le relire. De m’offrir un simple rappel. Mais sincèrement, j’ai rapidement arrêté. Parce que c’est chiant et j’ai déjà dû le faire dix fois en deux mois avant la publication. Je ne voulais pas m’imposer ça de nouveau. En revanche, je dois lui octroyer une utilité : celle de me rappeler le passé. Car dans 387 jours, beaucoup de choses sont vraies… Et je sais que vos questions tournent souvent autour de ça. Alors, Mesdames, à vous qui avez fait vivre mon bébé, je vous dois aujourd’hui… la vérité ! Le premier élément de l’histoire qui est tiré de ma vie… Le fameux CHAPITRE 7 ! Oui ! Vous ne rêvez pas, c’est arrivé. Enfin, presque. Pour faire court, la course poursuite avec le flic et ce même flic qui m’a draguée, c’est vrai. Le tournevis dans le cul, c’est une invention (alléluia !). C’était il y a au moins dix ans, lorsque j’étais étudiante à Rouen. À l’époque, je prenais quotidiennement ma petite Fiat 500 rouge et j’allais en fac de droit. Un enfer. Mais ce jour-là, j’étais heureuse. Michael Jackson à fond dans la voiture, la tête dans la mélodie et le cœur dans la fête d’Halloween qui allait avoir lieu le soir. Vous avez deviné la suite. Un homme est venu frapper à ma porte passager, insistant fortement pour entrer dans ma voiture et prétextant être de la police. J’ai traversé les ponts de Rouen, grillé deux feux rouges et je me suis rapidement fait arrêter par les (vrais) flics. Mon regard d’ange et ma naïveté m’ont sauvé la mise, même si j’ai été escortée jusqu’au commissariat pour déposer plainte. À la sortie de mon entretien, et parce que l’histoire ne pouvait pas se terminer comme ça, le policier qui m’avait sauvée d’un viol probable m’a demandé mon numéro. Dans l’émotion, j’ai accepté, pour le revoir finalement le soir au bar, à peine déguisée en comparaison à mon ensemble intégral de vampire que j’avais prévu à la base, et me rendre compte du gros looser qu’il était. Avec tout ça, j’ai eu droit à un article dans le journal. Article que j’ai tenté de retrouver sur Google, mais je n’ai trouvé que des horreurs sur un flic ayant violé des prostitués et un chien de la brigade canine qui a été dévoré par un molosse. Autant vous dire que j’ai pas cherché plus. Désolée. Deuxièmement, la relation entre Gaspard et Charlotte. Hé oui… Tout est vrai. C’est d’ailleurs eux qui ont été la source de mon inspiration. Il y a quelques années, j’étais bien amourachée d’un homme qui, je le pensais, l’était également à mon égard. Pendant des semaines, j’ai tenté de le séduire et, comme vous l’avez compris, ce n’est pas mon fort. À tel point que j’ai appris par Charlotte que mon Gaspard lui avait avoué son amour. Un amour fou et passionnel. Un amour qu’il n’avait de toute évidence pas pour moi. Bien sûr, leurs noms ont été changés, mais dans les faits, beaucoup de choses sont similaires. Je ne suis pas certaine que ces deux protagonistes sachent qu’ils font partie des personnages principaux dans mon livre. Et, pour être encore plus honnête, cela n’a aucune importance car, mon Dieu, comme Mary, j’ai compris Gaspard n’était pas DU TOUT pour moi. Et, qui plus est, j’étais bien amoureuse de l’image que j’avais créée dans tête et non de la personne qu’il était réellement. En novembre 2019, Gaspard était donc dans ma vie et je commençais à écrire 387 jours sans avoir vraiment d’idée précise, si ce n’était que mon héroïne serait une sexologue sans rapports sexuels. Et puis, fin décembre 2019, j’ai appris pour la relation entre Charlotte et Gaspard. Après quelques heures à peine à me morfondre, j’ai compris. J’ai compris pourquoi tout ça avait eu lieu : pour pouvoir faire naître 387 jours. Tout le scénario m’est apparu. J’ai
Ce jour où mon ex est devenu fan
Mercredi 10 novembre 2021. Ou peut-être même 2001. Parce que c’est à cette époque que tout a probablement commencé et que mon ex est devenu fan. En 2001, quand mes blagues devaient viser les grains du bac à sable ou ma maîtresse de géographie un peu moche. C’est à ce moment qu’il a dû tomber dans mes filets… jusqu’à encore maintenant. Alors oui, certaines d’entre vous l’ont déjà entendue, cette histoire. Celle qui raconte que mon ex d’il y a quelques années est aussi celui de CE1, que notre romance aurait pu être un film qui se termine par « ils vécurent heureux », et celle qui n’a pas du tout été une comédie romantique, car la réalité était qu’il avait une passion pour mon anus et que je le soupçonne d’être gay. Cette histoire. Elle-même qui, vous le comprenez, mérite d’être l’une de mes plus bonnes. Reprenons donc depuis le début. Appelons-le Jean. Comme dans 387 nuits, il me semble (oui, je me souviens pas des noms que je donne à mes personnages, me jugez pas). Pauvre de lui, il s’agit toujours du même ex. Chères amies, c’est signe qu’il est grand temps pour moi de retrouver quelqu’un. Au moins pour ma créativité. Au plus pour ma chatte. Mais ça, c’est un autre sujet auquel, malheureusement, nous aurons bien l’occasion de nous confronter. Jean, était mon amoureux de CE1. Avec lui, j’ai découvert les bisous dans les buissons et les premiers papillons dans le cœur — et surtout dans la culotte. Jean, il était beau, gentil et un peu timide. Jean était mon crush de CE1… avant de devenir celui de la fac. Quelques années plus tard, en 2015 probablement, je cherchais l’amour. Ou quelqu’un. Ou quelque chose. Et quel autre meilleur endroit que Tinder pour ça ? Je n’ai jamais apprécié les applis de rencontres. C’est pas pour moi. D’abord, parce que souvent, c’est pour du cul. Et moi, le cul, je suis pas très à l’aise. Et surtout, parce que les discussions sont stériles, inintéressantes et pompeuses. Mais j’étais sur Tinder. Je swipais en plein cours de sociologie et, au détour de deux connards, je l’ai reconnu. Lui et sa chevelure blonde, ses traits fins et son corps élancé. Jean. Jean était dans mon Tinder. Évidemment, comme la règle l’impose, j’ai swipé à droite. Pour celles qui ont la chance de ne pas connaître Tinder et qui ont besoin de sous-titres : j’ai accepté que nous parlions ensemble. Très vite, la discussion s’est enclenchée. La prise de nouvelles, les politesses d’usage et surtout, la proposition d’aller boire un verre. Pour être honnête, j’ai dit oui sans une once d’hésitation, car, pour moi — et pour lui aussi, je crois —, il n’a jamais été question d’un rencard. Preuve étant : il m’a invitée à le rejoindre autour d’un billard, dans un bar, avec tous ses potes. Et c’est comme ça que, quinze ans après, j’ai retrouvé mon amoureux de CE1. Les choses se sont enchaînées rapidement. De ce billard sont nés des échanges de SMS, puis un second date plus intimiste, une bite dans la bouche et une officialisation de couple. Pour faire simple. On est restés ensemble quelques mois, avant que je ne tombe amoureuse, que lui non, que je l’oublie en 24 h, et que lui non. Et c’est là que le sujet devient intéressant. Parce qu’après cette séparation, moi, je l’ai oublié à une vitesse folle. Je me suis rappelé que je tombais plus souvent amoureuse de la relation que de la personne, mais que lui, de toute évidence, contrairement à ce qu’il avait pu me dire lors de notre rupture, était bien plus attaché qu’il ne le pensait. Trois mois après, il est revenu avec un mail. Puis six mois après. Puis neuf. Puis toutes les années qui ont suivi jusqu’à présent. Tous les deux, on ne s’est jamais disputés, alors moi, je n’avais aucun souci à continuer à discuter. Au contraire, même, je me disais : « Peut-être que c’est LUI. » Parce qu’après tout, à l’exception du fait qu’il voulait me sodomiser à chaque partie de jambes en l’air, tout allait bien. Entre nous, c’était plus cool. Pas passionnel, pas amoureux. Mais cool. Oui, la relation ne fait pas rêver. Mais après 30 ans à attendre que quelqu’un rentre dans ta vie, tu finis par te contenter du minimum. Et lui, il était un tout petit peu au-dessus. Alors, il y a quelques mois, on s’est revus. Cette fois, je vous épargne le date. La plupart d’entre vous ont probablement lu 387 nuits, et l’homme à la trottinette, c’est lui. Vous avez l’idée globale : le rencard n’était pas à la hauteur de ce que j’espérais. Et, en plus, il avait une meuf. Pour moi, à partir de cet instant, malgré toutes les années qui nous reliaient, c’était clair : on avait plus rien à faire l’un avec l’autre. Et, même si je ne lui souhaitais pas de mal, je n’avais plus envie d’avoir de ses nouvelles. Non pas par méchanceté, mais simplement parce que sa vie ne m’intéressait plus. Vraiment. Et c’est maintenant, après 851 mots de contexte, que j’arrive à la raison d’être de cette nouvelle. Et c’est maintenant, après 851 mots de contexte, que j’arrive à la raison d’être de cette nouvelle. Jean, lui, il n’a pas l’air de penser comme moi. Si moi, je l’ai complètement bazardé de mon quotidien, Jean se tape TOUTES MES STORIES. Tous les jours. Presque à la seconde où je les publie. Depuis ce fameux date. Pardon, mais pouvez-vous m’expliquer… POURQUOI ? Pour ça, c’est important, une fois encore, de bien avoir le contexte en tête. À la seconde où nos chemins se sont séparés il y a un an lors de notre dernier date, quand il est parti rejoindre SA MEUF, mon ex a commencé à mater toutes mes stories. Et depuis ce jour, je pense qu’il est devenu l’une des personnes les plus assidues sur mon compte. Je le soupçonne même d’avoir acheté mes trois livres. En double. À plusieurs reprises,
Ce jour où j’ai vécu une rupture
Vendredi 31 décembre 2022. Mon petit cœur s’en est pris un coup à quelques heures de la nouvelle année. Le sens du timing, finalement. Ce même timing qui a fait qu’on a décidé de rompre. Mais ça, c’est pas le sujet. Le sujet, c’est tout ce qu’il y a après. Après avoir perdu la personne dont tu es amoureuse. La minute qui suit la séparation, celle après le dernier baiser et celle que tu vis après avoir passé la porte. Il est 1 h, il fait nuit, tu rentres dans ta voiture et tu pleures. Parce que les jours d’après, tu navigues entre les émotions. Attention, avant même de commencer mon récit, je me permets une précision : cette fois, dans mon cas, je n’ai pas traversé toutes les étapes. Parce que cette séparation, elle a été douce et facile. Mais elle m’a rappelé de mauvais souvenirs. Ceux que j’ai pu vivre avec des enculés, des mecs toxiques et des boloss. Voici donc un bref résumé. Dans un premier temps, tu es triste. Juste triste, tu t’installes dans ta salle de bain à poil et tu pleures. Tu t’imagines dans un clip et tu subis. Parfois, tu croises ton regard dans le miroir, et tu ne peux pas t’empêcher de te demander comment tu es quand tu chiales. Et c’est à ce moment que tu arrêtes. Ne me mens pas, on l’a tous fait. Et puis, après la peine arrive la merde. La vraie. Parce que d’abord, tu refais tout le scénario. Pas seulement de la rupture, mais de toute la relation. Tu reprends depuis le début. Tu revois la rencontre, et tu pleures de nouveau. Les bons moments, et tu pleures encore. La séparation, et tu pleures toujours. Tu t’en veux, tu te remets en question, tu culpabilises et tu te dis que tu aurais pu faire mieux. À cet instant, l’échec de la relation, c’est que de ta faute. Tu te convaincs que les reproches n’étaient peut-être pas si légitimes, que ce qui n’allait pas aurait pu aller, et que tu es une sale conne capricieuse. Mais là, comme par magie, le négatif arrive. Comme un coup de ton égo, un instinct de survie, il vient te sauver la mise. D’un coup, dans ta gueule, tu revois les chaussettes sales qu’il laissait traîner au sol, l’indifférence qu’il te faisait parfois subir, le manque d’affection qu’il te proposait pour seul amour. Tout. Tu revois tout ce qui rendait votre relation impossible. Et avec toute cette réalité, les questions : m’aimait-il vraiment ? N’aurait-il pas fait plus si c’était le cas ? Pourquoi ne m’a-t-il pas couru après ? Parce qu’évidemment, arrive le moment où tu lui en veux et finalement, c’est presque aussi difficile que de s’en vouloir à soi. Car dans la critique de l’autre, tu finis par te brouiller et oublier votre réalité. Celle où vous parliez, où il te donnait son point de vue avec raison, et où vous saviez. Vous saviez pourquoi. Cette réalité-là, après quelques jours, elle s’évapore dans les méandres de ton cerveau qui tourne en boucle, pour devenir une séparation avec un gros enculé qui doit déjà être en train de niquer une meuf, voire deux. Cet instant, c’est le pire. Celui qui fait le plus mal, celui qui salit l’image de l’autre, et la tienne en passant. Et surtout, c’est celui qui est le plus dangereux. Parce que, durant ce court moment, tu es capable d’envoyer un message. LE message. Le message qui dira qu’il ne t’a jamais aimé·e, qu’il n’a rien fait pour vous, que tout aurait pu être différent et, au passage, que tu as mal et que c’est de sa faute. Tout ça dans un lac de larmes. Évidemment. À toutes les personnes qui arrivent à surmonter CE message. Ne vous en faites pas, il y en a un autre. Un qui vient après ces différentes phases. Le fameux SMS que tu veux envoyer après une petite semaine de rupture, quand ton cœur est un peu apaisé, quand les pleurs sont moins nombreux, quand le sourire se dessine gentiment et quand les nuits sont légèrement plus longues. C’est à ce moment que tu as envie de l’envoyer, ce message qui dit qu’il te manque. Le traître. Parce que lui, il est sensé. Lui, il est vrai. Lui, il est réfléchi. Car oui, il te manque. Évidemment qu’il te manque. Là, il faut respirer et ne pas succomber. Il faut te rappeler que si vous n’êtes plus ensemble, c’est pour une raison. Et que, logiquement, il n’y avait pas d’autre issue. Et, par conséquent, que tu mérites une relation saine, qui réponde à tes besoins et, surtout, qui te rende heureux·se. Alors, pour surmonter ce moment, j’ai ma petite technique. Quelques jours après la rupture — en partant du principe que ça en était une étant donné qu’on n’était même pas ensemble —, j’ai passé ces étapes d’une certaine manière. Et j’ai ressenti ce manque. J’espérais qu’il reviendrait en regardant mon téléphone toutes les cinq secondes, chaque notification me décevait et je tapotais des messages avant de vite les effacer. Mais, pour lutter, j’ai eu une brillante idée : le porno. J’ai lâché mon portable, j’ai récupéré mes sex-toys et je me suis installée sous la couette avec mon ordi. J’y suis allée fort. J’ai sélectionné mon meilleur ami, le Womanizer, mais aussi ma grosse bite en silicone. Celle-là, elle est hard. Même moi, quand je la vois, j’ai un peu honte. Je la classe dans les jouets les plus cheaps et beaufs de tous les jouets. Mais je la kiffe. Et je dois avouer que, lors d’une rupture — en tout cas, celle que j’ai vécue —, il y a une putain de tension sexuelle. Le fameux câlin d’au revoir. Nous, on a résisté. Mais évidemment, les conséquences étaient terribles. Aussi surprenant soit-il, ma chatte était en ébullition. Il me fallait donc le Lidl du sex-toy, ma valeur sûre. J’ai sélectionné un film, sans trop chercher loin, évitant bien sûr les scénarios de rupture.
