Ce jour où on a défoncé ma voiture
Ce jour où on a défoncé ma voiture Jeudi 17 mars 2022. Ce jour où on a défoncé ma voiture. En pleine campagne et chez moi. Il faut dire que je n’ai pas été très maligne. Avant ça, j’avais tendance à laisser mon garage ouvert. Au sens propre. Pas uniquement le cadenas que tu oublies de fermer. Non. Moi, je laissais la porte grande ouverte, avec vue sur la voiture. Une autoroute sans péage. Alors, la nuit précédente, ils sont probablement entrés dans mon garage. « Ils », ceux que j’imagine être un groupe de potes, aux bites aussi petites que leur courage et aux couilles aussi flasques que leur avenir. Ces connards qui t’effraient simplement parce qu’ils font quatre têtes de plus que toi et pourraient te foutre à terre en un coup de poing. Ces mêmes enculés qui te sifflent dans la rue, te demandent ton numéro avant de t’insulter de « sale pute » face à ton silence. C’est ce « ils » qui est venu v(i)oler mon intimité. Sans même jeter un œil à ce qu’il y avait à l’intérieur, ils ont probablement pris un objet suffisamment lourd pour casser la vitre et la faire éclater en mille morceaux. Vraiment. Le sol était jonché des centaines de petites particules coupantes que j’ai peiné à ramasser après avoir découvert le lieu du crime. C’est surtout ça qui m’a saoulée. De devoir tout laver. J’ai déjà du mal à passer l’aspirateur dans ma maison, c’est pas pour le faire dans mon garage. Ma petite voiture est donc devenue décapotable, mais seulement au niveau de la fenêtre — ce qui, en soi, n’a que peu d’intérêt quand on comprend qu’il s’agit du principe même de la fenêtre. JeJe lui ai prodigué les premiers soins, j’ai appelé les secours, cautérisé les plaies, et celles de mon cœur avec. D’ailleurs, lui, il a été plutôt fort. J’aurais pensé qu’il allait lâcher, crier, pleurer, abandonner, s’asseoir sur le côté passager malgré les débris et attendre que la mort l’emporte. Mais il a résisté. Comme un vaillant guerrier, il a pris le pouvoir. Et surtout envoyé un message à mes parents. Je me suis sentie trahie. Trahie par mon propre garage incapable de faire ce pour quoi il existe. Seul mon Gégé a su faire son travail. Discrètement, il m’a prévenue. C’est qu’il ne voit que d’un œil, mon Gégé, mais il entend bien. Enfin, quand il a pas une otite. Hier, il a jacté. Mais moi, j’étais en train de me perdre dans les abdos de Ragnar Lodbrok qui trompait sa femme avec la princesse Aslaug. Une sale histoire d’arbre magique, de bain de minuit en pleine après-midi et de rivalité entre frères. Et leur missionnaire endiablé a eu raison de mon attention. Pas entre les deux frères, mais entre la princesse et Ragnar. Essayez de suivre, ou mieux : regardez la série. Alors, quand Gégé m’a demandé de venir jeter un œil (et pas le sien), je lui ai demandé de fermer sa gueule, laissant le champ libre aux merdes qui cassaient ma bagnole. Vous vous demandez probablement ce qu’ils ont volé ? (Si, demandez-le-vous.) Cinq euros. Peut-être six. Ils ont défoncé ma voiture pour six euros. Trois pièces de deux et quelques centimes. Rien d’autre. Pas même le câble de l’iPhone, les sacs à caca de Gégé ou ma superbe gourde alors qu’elle vaut plus cher. Et puis, j’ai eu peur pour mon garage, pour ma tondeuse, la pâtée de Gérôme qui me coûte un bras et mes précieux livres stockés en grand nombre qui, eux, me coûtent deux bras. Rien. Une fois encore, ils n’ont rien pris. Des débutants. J’ai été vandalisée par des débutants. Le bas du panier de la manigance, les Bonnie and Clyde du pauvre, les rebelles du bac à sable, même pas capables de voler comme il se doit. Parce que, quitte à être méchant, autant l’être jusqu’au bout. Eux, ils sont du style à casser la vitre côté passager pour ne pas trop déranger. J’aurais probablement pu leur donner le balai qu’ils l’auraient passé. Ce sont des glands. Mais la reine des glands, celle qui a réussi à me faire vriller et à finalement m’énerver, c’est Jenifer. Elle, elle est probablement leur déesse, leur tête pensante ou leur leader charismatique. En partant du principe qu’elle ait du charisme. Parce que, le gang des loosers, il n’a finalement pas réussi grand-chose. Il n’a rien volé, si ce n’est un peu de mon temps, m’a simplement cassé une fenêtre qui a été réparée dès le lendemain, puis a disparu de mes pensées. Mais la connasse de Jenifer, elle a réussi à avoir mon attention. Cette blonde décolorée des cheveux, mais aussi des sourcils (oui, j’ai regardé son profil ; comment ça, on critique pas le physique ?), celle qui pourrait s’appeler « @jenifer_et_ses_loulous » (j’ai à peine changé, j’avoue), celle qui met en biographie Insta la date de ses fiançailles et de la naissance de son morpion (pardon si vous le faites, mais tout le monde s’en tape). Celle-là même a infiltré ma tête. Comme un serpent qui injecte son venin, comme It’s a small world à Disneyland, comme ton crush qui répond pas à tes messages. Je ne pensais qu’à elle. ✨A cette connasse de Jennifer✨ Et parce que je suis transparente et parce que je l’encule, je décide de vous partager la discussion. Bien sûr, vous avez l’obligation d’être de mon côté (passager, mais vous n’aurez pas de fenêtre, désolée). EElle a commencé simple, la Jeni. Avec des petites questions et beaucoup d’émojis, pour noyer le poisson alors qu’elle est un requin. Elle m’a simplement demandé comment je faisais pour « regarder à droite ». Et j’ai compris où elle voulait en venir. J’ai compris qu’elle faisait partie de ces pauvres meufs qui font la morale, qui passent leurs journées à regarder la vie des autres et qui ne peuvent pas s’empêcher de la juger. Mais comme une idiote, j’ai continué à discuter, là où j’aurais simplement dû l’ignorer. Alors, les choses se sont gâtées… Certes, elle
Ce jour où tout a commencé Vendredi 11 mars 2022. Ce jour où tout a commencé. Des semaines que je devais m’aventurer sur cette page blanche, que je devais m’installer à mon bureau et écrire, que je devais faire le grand saut. Même si, techniquement, celui-ci, je l’ai fait. En référence à ce gros cul que vous avez pris en pleine gueule. À part cette fois-là, dernièrement, j’ai pris mon temps. J’ai pris mon temps pour vous livrer cette première chronique. Tout simplement parce que je veux qu’elle vous donne envie de continuer à me lire, et surtout de souscrire à un abonnement. Il faut bien payer les croquettes de Gégé, après tout. C’est faux, il bouffe de la pâtée, qui en plus coûte un bras, faute de pouvoir coûter un œil. Je vais quand même pas le rendre aveugle, le gamin. Même si des fois, je me dis que ce serait mieux pour lui. Et pour nous tous. D’ailleurs, c’est aussi pour ça que j’ai pris mon temps. Parce que je n’arrivais pas à fermer les yeux sur tout ce qui nous entoure. Ce qui nous entoure, c’est un Poutine bien gratiné qui n’est plus une simple spécialité québécoise, c’est le Z qui n’est plus celui de « Zoro » et c’est le Corona qui n’est plus seulement une bière qu’on ne choisit jamais. Voilà ce qui nous entoure tous. Et perso, ce qui m’entourait il y a quelques jours, c’était pas les gros bras de mon boxeur — lui, je vous en parlerai une prochaine fois —, mais c’était surtout ma grosse couette, mon chauffage à 22 °C et ma bouillotte sur mon utérus. Parce que le vrai problème, celui qui m’empêchait de travailler et de vous délivrer ce magnifique texte, c’était ma muqueuse qui ne voulait pas me quitter. Comme ton ex toxique, le gras de ton bide ou la chanson d’un vieux Tik Tok (genre, celle-ci), ma muqueuse utérine s’accrochait. Des jours et des jours qu’elle devait faire son grand départ, mais elle restait, perchée dans son nid entre mes deux ovaires qui faisaient une compétition de yo-yo. Et croyez-moi, à cette allure, ils allaient finir sur le podium, et pas en troisième place. J’avais mal. Aux seins, au ventre, au dos, au bassin, à la tête et aux jambes. Mais le plus douloureux, c’était le reste. Ça commence avec les doutes existentiels, ceux qui te font hésiter entre les pâtes et le riz, pour finalement manger les deux. S’ensuivent les remises en question qui te poussent presque à partir élever des chèvres en Corse avec Sébastien de L’Amour est dans le pré. Et tout se termine avec la déprime, la fausse mais puissante, qui te couche au lit, incapable de vivre, mais encore suffisamment forte pour t’enfiler un Mc Do à 16 heures 30. Ça, c’est ce qu’on appelle couramment le SPM. Pour les plus de 50 ans qui lisent ce texte : le syndrome prémenstruel (qui, dans mon cas, s’accorde au pluriel). D’après le Manuel MSD, manuel dont personne n’a connaissance à moins de taper « SPM » sur Google, le syndrome prémenstruel « regroupe un ensemble de symptômes physiques et psychologiques qui débutent quelques jours avant la période menstruelle et prend généralement fin quelques heures après le début des règles ». Ça, c’est sur le papier. Parce que dans mon corps, ce fameux SPM était là depuis des semaines. Quatre, pour être exacte. Un mois avec le bide qui se déchire, les miches qui pètent, le cœur qui s’arrache et la tête qui flanche. Un mois entier sans aucune nouvelle de ma muqueuse utérine pourrie. J’avais pourtant tout tenté pour la faire craquer. Comme avec un nourrisson qui s’apprête à sortir, j’ai repris les techniques des sages-femmes. Sur Internet, j’ai lu de nombreux articles, dont celui qui m’a donné le plus d’espoir : « 10 astuces pour déclencher un accouchement rapidement ». J’ai donc attaqué avec la première technique, celle que l’auteur nommait « la méthode italienne ». En d’autres mots : il fallait baiser. J’ai installé toutes les applications de rencontres que je connaissais, j’ai foutu trois photos de moi — dont une à moitié nue — et j’ai enchaîné les dates dans l’espoir qu’une bite perdue vienne m’enfourner. Bien sûr, j’avais pensé au sextoy, mon fidèle, celui que j’avais découvert pas si longtemps auparavant. Ne me jugez pas, chacun son rythme. Et lui, le rythme, il l’avait bien ; ça aussi, je vous en parlerai une prochaine fois. Mais cette fois, mon sextoy ne pouvait pas m’aider. Car plus que d’un pénis, c’était de sperme que le col de l’utérus avait besoin pour s’assouplir et, faute de pouvoir sortir un alien, m’aider peut-être à sortir ma muqueuse. L’article était clair : il fallait coucher trois fois par jour jusqu’à accouchement pour que la méthode soit efficace. De mon côté, je n’arrivais même pas à avoir un seul rapport. Mes dates étaient plus mous les uns que les autres, au sens propre comme au figuré. Souvent, on me répète que pour une femme, c’est facile de trouver des plans cul. Mesdames, merci de me laisser en commentaire votre technique. Parce que moi, le seul plan que j’ai, c’est celui que me mettent la plupart des hommes avec qui j’ai des rencards, pour me laisser seule avec une bière que je n’aime même pas sur une terrasse gelée. La méthode 1 étant un échec, je me suis rabattue sur la suivante, j’ai nommé : faire de l’exercice. Je me suis donc tuée à la salle et j’ai couru sur le tapis comme si ma vie en dépendait. À la fin de la séance, au fond de ma culotte, j’ai bien constaté du nouveau. Aucun signe de sang, mais mon slip était recouvert de merde. De toute évidence, j’avais bien fini par perdre quelque chose. Ma dignité. Il faut dire que je n’ai rien senti, et pour cause : mon nez est recouvert de polypes, qui m’ont valu de bien belles aventures eux aussi. Mais restons sur le SPM pour cette fois. J’ai testé les autres méthodes. Manger des dattes à outrance, boire
