Podcast n°1 (enfin, je crois
J’ai essayé de faire un podcast. Pas certaine que ce soit réussi… Mais j’ai adoré !! Parce qu’écrire c’est bien, mais parler c’est encore mieux (ça dépend avec qui). Je vous raconte ma soirée de lancement, les potins, mon ressenti, le post-lancement de 387 nuits, ma vie perso et mes relations amoureuses qui n’existent pas. Bref, on se régale (enfin, surtout moi)
Ce jour où j’ai pris soin de moi
Ce jour où j’ai pris soin de moi Mardi 14 juin. Je l’avais attendu comme un matin de départ à Disney, comme le père Noël un 25 décembre, comme une bite après trois ans d’abstinence. Je l’avais attendu comme ça. Parce qu’il annonçait la fin. Ou le début. Quoi qu’il en soit, il annonçait un bon moment. Depuis novembre, je travaillais sur 387 nuits, son écriture, ses nombreuses relectures, sa correction, son impression, sa distribution, sa communication, son marketing. Huit mois. Un gosse prématuré. Mon livre était un gosse prématuré. Huit mois pour lui donner vie, pour prendre soin de lui, pour l’offrir sous sa meilleure version. Huit mois à en chier ma race, à ne penser qu’à lui et à me chier dessus de stress et d’angoisse. Huit mois. Et il s’était envolé le 9 juin. Alors, évidemment, de prime abord, on pourrait se dire que ma libération a eu lieu le 9, jour du lancement. Mais c’était compter sans mes idées de génie, notamment celle d’organiser une soirée pour le célébrer alors même qu’au moment où je vous écris, j’ai envie de le brûler tant je ne le supporte plus (puis bon, sa couverture est quand même vachement d’extrême gauche ; si tu as pas la ref, je peux rien faire pour toi). Donc, à cause de cette soirée, ma libération aurait dû être reportée au 10 ; le lendemain, donc. Encore une fois, faux. Parce que mes parents, ces petits êtres de lumière au cœur bien plus pur que le mien, ont eu la gentillesse de venir m’aider. Je cite : « Il faudra tout ranger le vendredi, on te donnera un coup de main. » Ils avaient raison. Parce que le lendemain, la boutique dans laquelle j’avais fait la soirée ouvrait. À 9 heures. Je me voyais déjà partir de chez moi à 6 heures du mat le vendredi pour aller nettoyer de fond en comble le sol jonché de verre, alors que moi-même j’en aurais encore trop dans la gueule (oui, je ne bois pratiquement jamais ; mais alors ce jeudi 9, on pouvait bien compter sur moi pour me foutre trois, quatre coupettes de champagne dans la gueule. Au sens propre). Ce qui nous amène à ce mardi 14 juin. Certes, mon jour de délivrance aurait pu être le lundi 13. Mais déjà, c’était un lundi 13. Ok, il n’y a aucune légende sur le sujet, mais reconnaissez que ça sonne mal. Et puis, les lundis, c’est toujours plachplouch. D’abord, je peux pas dormir le matin parce que je dois vous faire croire que je suis une fille super positive avec la Mondance, et puis j’ai équitation l’aprèm, donc je dois socialiser, et pas qu’avec les poneys. Du coup, c’est un jour qui peut être de repos sans en être vraiment un. Parce que pour moi, un vrai jour de repos, c’est chez moi, seule, à ne rien faire. Sans même mettre un pied dehors, ou juste pour promener mon Gégé. Un vrai jour de repos, c’est un jour où tout le monde m’oublie, où je me lève à 10 heures — voire à 11 heures —, où je déjeune comme un ogre avant de remanger une heure après devant les replays des Marseillais. Puis, j’enchaîne avec une série que je ne regarde que d’un œil tant je suis absorbée par des Tik Tok de petits culs avant de continuer avec un goûter. Enfin, je me cale devant un film, Coca Zéro à la main, cookie de l’autre, masque sur la gueule et vibro sur la chatte. Ça, c’est ce que j’appelle un jour de repos. Rien que de l’écrire, j’ai un orgasme. Alors, pour ce mardi 14, je voulais le meilleur. Et je vais vous le partager afin que vous aussi, vous puissiez vous inspirer et pourquoi pas me donner vos bons plans. Premièrement : la liste des courses. J’opte pour du gras, évidemment. Dans mon top 3, vous l’aurez compris, il y a les cookies. Mais j’y ajoute aussi un bon burger, une pizza, un risotto, des pâtes au beurre/gruyère, des nuggets industriels bien cancéreux et des crêpes au Nutella plein d’huile de palme. Oui, mon top 3 est un top 7. Et encore, je me suis retenue. Le secret de l’alimentation de mon jour de repos, c’est qu’elle doit apporter tout, sauf une bonne santé.. Dans un deuxième temps, le contenu télé. Là, je vous l’avoue, mon cœur a hésité. Parce que d’un côté, j’avais très envie de me refaire toutes les saisons de Buffy. Mais d’un autre, ça aurait pris bien plus de 24 heures et on aurait risqué de ne plus me voir de l’été. Et puis, j’avais envie de renouveau. Alors, j’avais sélectionné trois choix : Le Flambeau (avec mon bébé JoCo), Stranger things (parce que j’ai arrêté à la saison 1) et Batman (oui, je l’ai toujours pas vu). Dans un troisième temps, le soin du corps. Sur cette partie, on avait du taf. Bain, bouillotte sur les épaules, rasage de la fouffe et masque du visage. Je voulais la totale. Évidemment, le plus gros avait été fait (cf. la soirée de lancement quelques jours avant). Mais dans les zones non visibles, tout restait à réaliser. Classique. Et je n’ai rien négligé. La totale. À la limite d’inviter un masseur à la maison, mais le risque pour lui était trop grand. D’ailleurs, c’est mon quatrième temps : les applis de rencontre. Durant ce 14 juin, j’avais prévu de passer au moins une heure à scroller sur des centaines de profils pour trouver non pas l’homme de ma vie, mais l’homme de ce mardi. En bref, un qui serait capable de m’apporter un peu d’attention, juste pour la journée. Au pire, j’avais bien un ex sous la main (enfin, peut-être plus, maintenant que 387 nuits est sorti…). Enfin, la cinquième et dernière étape : couper avec le travail. C’était le plan. Qui ne marche absolument jamais, encore moins sachant que 387 nuits venait tout juste de sortir. Mais dans l’idée, je voulais couper. Au moins quelques heures. Mes temps d’écran depuis plusieurs semaines sont
Ce jour où j’ai écrit 387 nuits
CE JOUR Où J’AI ÉCRIT 387 NUITS Mercredi 28 juillet 2021. 11 heures 52. Coincée dans les bouchons parisiens, chaleur éreintante, raie du cul qui suintait, aisselles qui puaient et musique trop forte. Rebelle que je suis, je n’avais pas peur de passer le temps en scrollant sur mon téléphone et, addict à mes mails, je réactualisais chaque seconde dans l’espoir d’en recevoir un intéressant. Et ce qui a suivi a même dépassé mes espérances. Alors que mon pouce glissait une fois encore sur mon écran, il est apparu, celui qui allait me faire lâcher une larme, celui qui allait me provoquer une tachycardie, celui qui allait mouiller encore plus mon troufion : LE mail. Sans même que j’aie besoin de l’ouvrir, le titre m’a fait perdre mes moyens. J’en ai oublié d’avancer, me suis fait klaxonner, les ai à peine entendus et j’ai continué de bloquer la route. Mes paupières ne clignaient même plus et mon cœur croyait exploser. J’ai relu une fois encore, comme pour m’assurer que mes yeux ne me mentaient pas : « Droits audiovisuels ». Deux mots. Deux mots qui pouvaient réaliser mes rêves les plus profonds. Deux mots qui pouvaient m’envoyer sur un plateau de cinéma, dans les bureaux de Netflix ou sur le tapis rouge de Cannes. Deux mots. Deux mots et je m’y voyais déjà. Je me suis empressée d’ouvrir le mail, incertaine que tout cela puisse arriver, et je l’ai survolé en diagonale. « Société de production », « droits », « roman », « adaptation en série ». C’était donc vrai. J’avais été contactée par une société de production pour adapter mon roman en série. Mon roman. En série. C’était mon ⭐rêve⭐. Enfin, l’un de mes rêves. Parce que le premier, c’était d’écrire des livres et de réussir à en vivre. Ça, je l’avais déjà accompli, et c’était fou. Je partais donc du principe que dans la vie, on ne peut pas réaliser deux rêves. Parce qu’il faut en laisser pour les autres. Mais là, alors que j’étais noyée dans la pollution, au milieu des taxis qui continuaient de me klaxonner, on m’offrait la chance d’en réaliser un deuxième. J’imaginais déjà l’actrice qui allait jouer Mary, je me voyais au milieu des plateaux à engueuler des comédiens alors même que je n’y connaissais rien, ou en réunion avec les réalisateurs sans savoir de quoi on parlait. J’ai foncé pour répondre, sans relire et en faisant une faute, excitée comme jamais, les yeux un peu trop mouillés et les poumons incapables d’oxygéner tout mon corps correctement. J’ai échangé quelques mails avec l’assistante de prod, envoyé le livre et attendu un retour. Un été s’est écoulé. Elle me l’avait dit : « Nous reviendrons vers vous dans quelques semaines. » Rien. Et puis, en octobre, je l’ai reçue. La fameuse réponse qui est venue mettre un terme à mes espoirs, avant d’en faire naître d’autres. Ils ne me voulaient pas. 387 jours ne les avait pas convaincus. Pas suffisamment, en tout cas. C’était un échec. Mais, pour moi, ce n’était que le début. Car dans ma tête, la graine était plantée. D’abord, parce qu’une production s’était intéressée à mon projet. À moi. La petite Noëllie Pittet avait été contactée par une prod. Et même si je n’ai jamais douté du fait que mes livres feraient une très bonne série, recevoir une proposition a renforcé mes croyances. Mais surtout, ce mail m’a donné plus que l’espoir d’une série. Il m’a donné une idée. Pourtant, dans un premier temps, j’en ai voulu un peu au destin de m’avoir trompée. De m’avoir fait croire que cette fois, le chemin serait facile, qu’on m’accompagnerait sans que j’aie trop à me battre et que les portes s’ouvriraient sans que j’aie trop à les pousser. Avec ce mail, j’avais vu les choses avec simplicité, pour une fois. Alors oui, même si la vie m’offre déjà tant, je lui en ai voulu de m’avoir envoyé ce mail pour finalement me le reprendre. Mais c’était avant de me rappeler que tout a un sens, et que tout arrive pour une raison. Et la raison, je la comprenais enfin… Dans ma tête, je n’avais jamais reçu le mail qui m’annonçait leur refus. Dans ma tête, 387 jours devenait une série. Tout s’installait confortablement dans ma créativité. Mary reprenait sa place et accomplissait ce que je n’avais pas réussi à faire. Elle avait signé pour vendre les droits audiovisuels du roman et, dans notre monde, 387 jours était devenu une série. Mieux, c’était devenu LE film. Dans notre monde, il était devenu 387 nuits. J’avais tout. L’histoire, les nouveaux personnages — de la réalisatrice diabolique à la comédienne trop ambitieuse —, l’intrigue, les rebondissements et la chute. Novembre 2021. Je me suis installée à mon bureau, j’ai ouvert une page blanche sur mon ordi et j’ai attaqué. Dans ce nouveau livre, j’ai mis mon cœur et tout a pris sens. C’était donc ça, le but de ce mail du 21 juillet. Non pas de faire de mon livre une série, mais de lui donner une suite. Ils m’avaient offert toute l’histoire. Et je l’aimais encore plus que la réalité. Pendant des semaines, j’ai écrit sur Sam. Sam, c’est une jeune comédienne de 29 ans, dont le rêve est de devenir une grande actrice. Ses ambitions sont les miennes et ses excès sont les nôtres. Sam, c’est tout ce que Mary ne vous a jamais montré et ce qu’elle n’a jamais su être. Et Sam m’a rappelé une chose essentielle : tout arrive lorsque c’est le bon moment. (Bon, en réalité, c’est pas Sam qui m’a rappelé ça, mais Jonathan Cohen mon bébé que j’aime dans le podcast « La table ovale » sur la gestion de l’échec. Je vous jure, meilleur podcast du monde. Dans celui-ci, il explique que lorsque vous êtes sur le bon chemin, les portes s’ouvrent et tout s’aligne comme une évidence. Et si vous allez contre la personne que vous devez être, rien ne fonctionne. Parce que chacun sa route, chacun son chemin — c’est cadeau, je sais que tu l’as dans ta tête. Ce
Ce jour où je suis allée faire une dédicace sauvage chez Monsieur Grosses Couilles
Ce jour où je suis allée faire une dédicace sauvage chez Monsieur Grosses Couilles Samedi 30 avril 2022. Je me suis retrouvée, en terrasse, au soleil, à manger un plat grec dont personne ne connaît le nom. Je profitais du moment au milieu de Saint-Ouen, dans ce resto branché de banlieue, parce qu’en bonne ex-Parisienne, je sais que « la banlieue, c’est le nouveau Paris stylé » #Jeremydansnoscœursforever. C’est en tout cas ce dont je me persuade depuis que j’habite à plus de 40 kilomètres de la tour Eiffel. Il était d’ailleurs temps de les engloutir eux aussi, ces 40 kilomètres, et de rentrer dans ma campagne. Mais avant, parce que la géographie le permettait, je me suis autorisé un petit détour dans deux magasins partenaires pour y faire une dédicace sauvage. Les dédicaces sauvages sont toujours un moment de joie. D’abord parce que je sais que mes lectrices sont ravies, mais surtout parce que je vois mes bébés en rayon. Je les admire, au milieu de ceux des grands auteurs réputés, exposés dans le top 3 ou en tête de gondole. Alors oui, les dédicaces sauvages sont toujours un pur bonheur. Sauf ce jour-là. Tout a commencé lorsque j’ai checké mes stocks. Pour vous recontextualiser, en partant du principe que vous avez loupé mes nombreux rappels relou sur Insta, je bosse avec Carrefour (oh yeah). C’est simple : une centaine de leurs magasins mettent mes livres dans leurs rayons. Et ça, c’est vraiment très cool. Enfin, en principe. Parce que certains, ces gros cons, les gardent dans leurs cartons. Et clairement, s’ils ne sont pas en rayon, c’est compliqué de les trouver et, a fortiori, de l’acheter. C’est donc cette problématique qui m’a causé du tort ce samedi 30 avril. J’ai débarqué dans l’un des magasins de banlieue, que je ne citerai pas par respect pour l’enseigne, mais qui commence par « Cla » et qui finit par « ye ». Dans ce magasin, il n’y avait eu aucune vente. AUCUNE. C’était donc ma mission de donner de la visibilité à mes romans. Pleine d’ambition, stylo en main, égo bien surdimensionné, j’ai débarqué là-bas. Mais à mon arrivée, impossible de trouver mes chefs-d’œuvre. J’ai fouillé partout pour dénicher mes livres mais aussi un employé. Ça a été un échec. Et puis, ils ont débarqué, les deux cowboys. Un homme et une femme. Ou devrais-je plutôt dire : un ⭐HOMME⭐. Parce qu’alors que la femme semblait être sa collègue, visiblement au même niveau de hiérarchie, elle agissait comme sa soumise, tapie dans son ombre, validant chacun de ses dires sans les remettre en question et n’osant pas intervenir dans nos échanges. Et pourtant, il y avait de quoi faire. Il a commencé en me disant que mes livres n’étaient pas dans leur magasin. Du tout. Ce à quoi j’ai répondu, avec toute l’humilité dont j’étais capable, que si, car j’étais l’auteure mais aussi l’éditrice et, par conséquent, celle qui s’occupait de la distribution. De là, ce monsieur aux grosses couilles a balbutié et a osé, avec aplomb, m’avouer qu’ils devaient être « dans le bordel de la réserve ». À ça, ma seule réponse, simple, efficace, mais surtout évidente, a été : « Et donc ? ». Parce que ce genre de réponse n’est tout simplement pas acceptable, qu’elle soit adressée à l’auteur, à l’éditeur ou au client. Évidemment, Monsieur Grosses Couilles le savait très bien, et plus encore, il avait conscience qu’il était en tort. Mais ça, il ne pouvait pas le reconnaître. Surtout devant une jeune femme de la moitié de son âge. Alors, sa dernière solution a été la plus évidente et la plus triste : il s’est énervé. Il a vogué entre les « Mais comment ça, vous êtes en auto-édition ? Vous êtes venue avec votre petite voiture et avez déposé vos romans dans nos rayons ? », les « Eh bien, si vous voulez vos livres, allez les chercher en réserve ! », les « Vous êtes même pas capable de me montrer la couverture de votre livre en photo » ou encore les « Mais c’est pour tous les produits pareil, Madame, on peut pas tout mettre en magasin ! ». Et surtout, il a osé. Il a osé me rétorquer, lorsque je lui ai demandé « Alors, comment on fait ? », que ce n’était pas son problème. Ce gros con, dont le travail est de mettre à disposition des produits que SES clients veulent ACHETER, a eu le culot de me dire que ce n’était pas son problème. Mais espèce de débile, s’il y a bien quelqu’un dont c’est le problème, c’est toi ! Parce qu’en réalité, moi, mes livres, ils ont déjà été payés (les joies de bosser avec un gros groupe). Alors, ne nous mentons pas, s’ils ne se vendent pas, c’est mauvais pour mes affaires, car il n’y aura pas de nouvelles commandes ; mais si cela ne concerne qu’un seul magasin, gros nigot, celui qui est dans la merde, c’est toi. De manière générale, je suis pas du style à perdre mon sang-froid, contrairement à ce qu’on pourrait penser. J’ai gardé mon calme et, forcément, quand un connard qui a tort et qui fulmine se retrouve en face de quelqu’un qui a raison et qui est détendu, il finit par se trouver des excuses. Donc, après le « Ils sont perdus dans la réserve », j’ai eu droit à « C’est pas de ma faute, on m’a supprimé 33 éléments ». Et, pour me mettre en porte-à-faux, il a ajouté : « Vous savez ce que c’est, 33 éléments ? » Évidemment, je ne le savais pas. Et, en plus de le lui dire, je lui ai surtout confié que ce n’était pas mon problème. Après quoi, il m’a regardée avec mépris et arrogance, avant de me piquer en soulignant que maintenant, les rôles étaient inversés, soutenu par son toutou à ses côtés. Pourtant, c’était vrai, ce n’était pas mon problème. Mon problème, c’était que mes lectrices venaient dans son magasin et qu’elles ne trouvaient pas mes livres. Mais mon vrai souci, c’était surtout que lorsqu’elles le demandaient, personne n’était capable de le leur donner. En réalité, j’avais bien compris que les 33 éléments supprimés, sans savoir
ce jour où j’ai fait une soirée de lancement
Ce jour où j’ai fait une soirée de lancement Vendredi 13 mai. Dans mon imaginaire, un vendredi 13, c’est la merde. Pourtant, ce vendredi 13 mai, il a réveillé en moi ma passion pour l’événementiel. Eh oui, je ne suis pas qu’une artiste qui vous écrit des merveilles, je suis aussi une chargée de projets incroyable (ben quoi, j’ai pas le droit de me donner un peu de force ?). J’aime le biz, vous le savez déjà. J’aime voir un projet éclore, le sentir prendre vie et même gérer les imprévus. Et puis, j’aime profiter de la vie, rencontrer de nouvelles personnes et, surtout, surtout… faire le fucking Nono Show ! Alors, ce vendredi 13, lorsque j’ai débarqué à la soirée de lancement du livre d’un mec qui pèse, je m’y suis vue. À ma droite, je voyais ma famille et mes amis, eux qui ne connaissent rien à ce monde de paillettes que je fréquente sans même le vouloir, fait de copines mariées à des joueurs de foot, de chanteurs à la voix suave, d’humoristes qui font les premières parties des plus grands, de journalistes chez France 3 ou de célébrités de la petite télé. Je visualisais mes proches avec des étoiles dans les yeux en imaginant à quel point ces personnes ont toutes réussi alors que, scoop, elles chient sur le même trône que nous. Mais je les voyais surtout fiers, fiers de tout ce chemin que j’ai parcouru en quelques années, fiers de voir mon troisième livre en exposition comme un trophée, fiers que je puisse enfin vivre de ma passion. Et à ma gauche, il y avait les autres. Ceux qui ont changé ma vie sans même le savoir, avec qui je travaille ou non, qui ont lu le livre ou non, qui me connaissent à peine ou me suivent quotidiennement. Il y avait tous les autres, envers qui je serai éternellement reconnaissante. Dans ma tête, face au discours d’un autre, j’imaginais le mien. Et, à ce moment, j’ai compris. J’ai compris que j’allais le faire. Je suis rentrée chez moi heureuse de ma soirée et pleine d’ambition. Malgré l’heure tardive, j’ai jeté un œil sur notre Google d’amour et j’y ai trouvé des réponses. Et elles étaient mauvaises. Des prix incroyables pour des prestations très classiques, des dates de livraison à couper le souffle et une créativité digne de mon neveu d’un an. Non, les agences d’événementiel ne me convenaient pas. Et parce que j’ai un égo de la taille de mon cul, c’est à dire assez gros pour ceux qui ont pas la réf, je vous joins une photo : … . Je reprends, donc. Et parce que j’ai un égo de la taille de mon cul, j’ai, sans l’ombre d’un doute, constaté que j’étais capable de faire absolument tout ce que ces mêmes agences proposaient. Après tout, j’ai réussi à autoéditer des livres, les foutre dans tous les hypermarchés Carrefour de France et, surtout, à les vendre. Ça n’aidait pas à diminuer mon égo, clairement. Je suis donc partie, fleur au fusil, dans une nouvelle bataille de seulement trois semaines pour faire de cette soirée la plus belle des soirées. J’ai commencé simplement : trouver le lieu. Un peu facile, en sachant que l’un de mes meilleurs amis a ouvert sa boutique dans le 12e. Ça, c’était un coup de chance. Le reste s’avérait plus compliqué, mais pas impossible. Il me fallait un thème. J’ai bien pensé à « Gégé, le borgne, star de ma vie », mais je me suis vite abstenue pour la simple et bonne raison que demander à chacun de se retirer un œil, c’était un peu limite et, qui plus est, ça allait réduire mon nombre d’invités. Je suis donc partie sur une idée simple qui n’était autre que le titre du nouveau roman : 387 nuits. Dans ce livre, nous suivons Sam, une jeune comédienne, qui se retrouve à jouer le rôle de Mary dans l’adaptation de 387 jours au cinéma. (Oui, je vous donne des petits scoops comme ça. La vérité, je pense que l’histoire, c’est la meilleure de tous les temps. Mais genre, tous livres mondialement connus confondus. Même en compétition avec Harry Potter, par exemple.) Dans ma tête, tout était clair : la soirée de lancement avait son thème. ⭐La grande première du film 387 nuits.⭐ Machine à pop-corn, tapis rouge et robe de gala, les idées fusaient. J’ai passé mes journées sur l’ordinateur à rechercher du personnel, à préparer des visuels, à chiner des assiettes ou à commander de l’alcool. J’enchaînais les appels téléphoniques pour discuter des tarifs sur de la pampa, pour connaître le meilleur verre à vin ou pour trouver un agent de sécu (à l’heure où j’écris, j’en ai toujours pas ; à tout moment, je me retrouve avec un connard qui me jette son couteau à la gueule, et bim, la soirée de Gégé prend vie). Je me voyais partout. À Rungis, à négocier du fromage alors que je n’ai pas de compte chez eux, chez des fournisseurs de fleurs alors que je ne suis pas fleuriste ou à négocier un gâteau alors que je n’en mangerai pas (c’est faux). Je pensais à tous les détails. Les crochets pour les cadres, les boites à popcorn, le papier cul des chiottes et le bac à glaçons. Et, subitement, je me suis rendu compte de la charge mentale que je venais de me foutre dans la gueule. Et le pire ? C’est que j’aimais ça. Comme une droguée à l’adrénaline, j’ajoutais de nouvelles idées que, bien sûr, je voulais réaliser. Des cupcakes en rapport avec le livre, deux photocalls ou des clichés Harcourt à mon effigie. Je voyais les choses en grand, moi qui suis si petite. Je vacillais entre ma confiance en moi qui me disait que j’étais une championne et mes craintes existentielles qui me répétaient que personne ne viendrait et que tout serait bien nul. Chaque jour, je relisais la liste des invités et trouvais que ce n’était pas assez. Chaque jour, je cochais des cases dans ma to-do list, et
ce jour où j’ai adopté un hérisson
Ce jour où j’ai adopté un hérisson Lundi 4 avril 2022. Dans ma boîte aux lettres, j’ai trouvé le fascicule d’une association luttant pour le maintien de la biodiversité. Je l’ai lu en diagonale avant de m’arrêter sur une phrase : “Nous avons besoin de famille d’accueil pour des hérissons en réhabilitation.” Ça a été comme une évidence ; j’ai saisi mon téléphone et contacté la personne qui allait faire de moi une maman hérisson. Bien sûr, je gardais en mémoire mes frasques, quelques semaines auparavant, lorsque j’avais provoqué une crise cardiaque à un oiseau en voulant l’aider à boire. Mais cette fois, j’y arriverais. J’en étais sûre. Trois jours après, je me retrouvais dans le jardin de Chantal qui avait insisté pour lui rendre visite afin de me présenter la démarche “sauvetage hérissons”. Entourée d’une dizaine de vieux, je l’ai écoutée parler de ses plantes alors même que j’étais incapable de garder en vie un cactus (ou un moineau). Autour d’elle, ils étaient en admiration, et je dois reconnaître que moi aussi. Son jardin, sur le thème d’Alice aux pays des merveilles, était incroyable : baigné de lumière, parfaitement entretenu… Chantal avait fait de son arrière-cour un vrai musée de la nature, dont elle prenait soin de faire payer trois euros l’entrée. Pas folle, Chantal. Mais moi, j’avais pas payé. Parce que moi, de ses tulipes, je m’en foutais. Ce que je voulais savoir, c’était quand j’allais accueillir mon premier hérisson. Et elle y est venue, à mes petits protégés. Après nous avoir expliqué qu’ils se faisaient bouffer de l’intérieur par des vers qui leur rentraient dans l’anus, elle nous a détaillé la bonne marche à suivre. Du chèvre, des bananes, des croquettes que Gégé allait probablement lui voler, une petite cabane avec trois parpaings et une toiture. Il n’en fallait pas plus : je m’engageais officiellement. Vendredi 21 avril, j’ai reçu un message de Chantal : d’après elle, j’accueillerais le hérisson dans une semaine. Alors, je me suis affolée et j’ai préparé son arrivée. Je voulais que tout soit parfait, j’étais à la limite d’adopter une chèvre pour faire moi-même du fromage. Pour peu qu’elle fût elle aussi à réhabiliter, la boucle était bouclée. Mais pour l’instant, il ne s’agissait que du hérisson et j’ai soudain pris conscience qu’il me manquait une chose essentielle : sa maison. J’ai tapoté sur mon clavier, tenté d’en trouver une et hésité à la construire avant de me rappeler que j’étais nulle et que je n’avais même pas de tournevis (c’est le problème quand on le met dans le cul des gens). Et puis, révélation. Je me suis rappelé que je vous avais vous, la famille Insta (#sisilesang). J’ai posté une story, expliquant ma démarche et précisant que j’allais accueillir un hérisson dans le besoin. Malheur, je venais d’attiser la folie de Sabrina. Sabrina, c’était une abonnée que je connaissais bien. Probablement la cinquantaine passée, deux enfants dont un fils de 29 ans (l’enfer de la belle-mère), belge — à en croire ses dicta enflammés — et qui répondait à absolument chacune de mes stories depuis six mois. Sabrina, c’est ce que j’appelle un profil à risque. Les profils à risque, ce sont ceux qui, à tout moment, peuvent te faire vriller. Souvent, dans mon cas, il s’agit de femmes qui pourraient être ma mère, au moins en ce qui concerne l’âge. C’est le genre à t’envoyer plein de coeurs, à te dire qu’elle t’aime et qu’elle te soutient, et qui ne manque pas de donner son avis sur presque tout, pensant évidemment qu’elle sait mieux que toi alors qu’elle ne connait absolument rien au sujet. Exemple : j’ai auto-édité trois livres, seule, qui me permettent de vivre. Je pars donc du principe, sans la moindre arrogance, que “je sais faire”. Mais d’après elle, je pourrais bien mieux m’en sortir si… Bref, vous avez l’idée. Le genre de personne bienveillante, mais surtout bienreloue. Sabrina, c’était vraiment un profil à risque. Au point qu’elle faisait partie des profils sur lesquels j’évite de cliquer parce qu’ils me mettent mal à l’aise ou me font peur. Parce que c’est le problème d’Insta : tu sais jamais ce que tu vas trouver comme message avant de cliquer dessus. Alors, dans le doute, j’évitais les siens. Jusqu’à ce jour, lors de ma recherche de maison pour hérisson. Parce que, en bonne maman que je suis, j’ai ouvert tous mes DM en espérant que l’un d’eux m’apporterait des réponses à mes questions. Malheureusement pour moi, celui-là m’a surtout apporté des reproches. Car dans le message de Sabrina, j’ai pu lire qu’aider un hérisson, c’était ridicule, et que les humains étaient plus importants. Bien sûr, j’ai répondu avec tact et sang-froid que les deux choses n’étaient pas incompatibles et qu’il n’y avait aucun rapport. Dans ma tête, c’était bien différent. D’abord, j’avais envie de lui dire qu’elle était complètement débile ; qu’évidemment, un hérisson est moins important qu’un humain, mais que, connasse, c’est pas du tout le sujet. Ensuite, j’avais envie de lui expliquer combien les animaux sont précieux, même un hérisson, encore plus lorsqu’on a conscience de leur rôle dans la biodiversité. Enfin, j’avais envie de lui recommander de fermer sa gueule, car moi, au moins, j’aide. Mais tout ça, je l’ai gardé pour moi. En revanche, j’ai affiché son message en story. J’avoue, un peu pour la piquer. Mais surtout car je voulais partager ma réponse à d’autres personnes qui pourraient penser la même chose. MALHEUR. Après une nuit à rêver que je sortais avec Jonathan Cohen, je me suis réveillée avec dix vocaux dans lesquels elle me répétait de supprimer cette story, qu’elle voulait des droits d’auteure et que, vraiment, j’étais débile d’aider un hérisson. Et puis, à la fin, elle a ajouté qu’elle n’attendait surtout pas de réponse. Trois fois. Au point que j’étais persuadée qu’elle attendait une réponse. J’ai simplement supprimé les stories, mais après réflexion, j’aurais dû l’enculer bien profond et les laisser. Mais je suis une gentille, que voulez-vous, et je
Ce jour où il est revenu
Ce jour où il est revenu Vendredi 15 avril 2022. Il est revenu dans ma vie. Une fois encore. C’est son truc, de revenir quand on ne l’attend pas, depuis une dizaine d’années. Je sais, vous pensez que je ne parle pas d’un homme. Eh bien, vous avez tort. « Il » en est un. Pas forcément comme je l’aurais voulu, mais il en est un. Et si cette histoire ne va sans doute pas vous intéresser, elle rappellera à mon égo que, oui, certains hommes me courent après. Même si ce ne sont jamais les bons. L’histoire remonte à 2010 ou 2011. Bref, l’histoire remonte à plus de dix ans (et ça, ça fait mal). À l’époque, je rentrais en première année de droit. Parce que oui, j’ai fait du droit. Année que j’ai détestée, que j’ai pourtant poursuivie avec la deuxième que j’ai détestée encore plus et qui m’a poussée à tout quitter pour partir vivre en Australie, où j’ai élevé un kangourou comme mon fils avant de le voir partir vers une mort certaine. RIP Joey. Mais restons sur la première année de droit. J’avais quelques kilos en moins, des talons en plus, un style toujours approximatif et un mec. Oui, chères amies, il m’est déjà arrivé d’être en couple, avant de devenir la traumatisée du cœur que je suis aujourd’hui. C’est probablement à cause de lui, d’ailleurs. Parce que durant cette première année de droit, on s’est séparés. Ou pendant la deuxième. Je vous avoue que j’ai un peu occulté cette partie de ma vie. Je n’étais pas la Noëllie que vous aimez et, je te le confesse, que j’aime aussi. Finalement, qu’importe l’année ; ce qu’il faut retenir, c’est que tout s’est joué en droit. Pour vous replacer le contexte, à la fac de droit, j’étais donc partagée entre un cœur brisé et une chatte en chaleur. Je ne vais pas vous mentir, les relations amoureuses ont toujours été très compliquées pour moi. J’aime les hommes autant que je les déteste, ils m’intéressent autant qu’ils m’ennuient. J’essayais donc de faire comme les autres en rencontrant des mecs, en essayant de coucher avec pour un coup d’un soir et en étant ce cœur léger que je n’ai jamais su être. Big up à Elias qui a débarqué chez moi un soir et qui est apparu devant moi, nu, avec une troisième jambe à la place de la bite. Et, évidemment, il faisait du basket (référence aux joueurs qui ont des grandes jambes ; par défaut, la troisième l’est aussi). J’ai pris peur, littéralement, et lui ai demandé de partir. Je suis restée seule, soulagée de ne pas avoir perdu mon vagin dans cette bataille. Voilà donc où j’en étais il y a dix ans. Au même endroit qu’aujourd’hui, en somme. Tout comme Monsieur Y. Monsieur Y, c’est celui qui me courait après. Et qui me court toujours après. Ce mec, c’était le premier de la classe. Il avait réponse à tout. À TOUT. Et croyez-moi, pour avoir réponse à tout en cours de droit constitutionnel, il faut être sacrément brillant. Ou ne pas avoir grand-chose à faire de sa vie. Monsieur Y, il était très intelligent. Très, très intelligent. Il faisait partie du petit groupe d’élites de la promo dont tous les membres sont fils et filles de médecins ou d’avocats, j’ai nommé : Martin, le populaire, beau, arrogant et plutôt malin ; Marion, la stylée, canon, intelligente ; Natacha, la connasse, amoureuse de Martin alors que lui ne voulait que Marion ; Aristide, le mec que tout le monde adorait, moi la première. Aristide, c’était mon ami. Un gars vraiment très cool, pote avec toute la promo, voguant entre les soirées étudiantes et la bibliothèque. On partageait des verres, les potins et les galères des TD. Et c’est grâce à lui que je me suis retrouvée, un jour, à la table du groupe d’élites à réviser mes partiels. Moi, je n’appartenais évidemment pas à cette team. Certes, j’avais aussi réponse à tout, mais simplement parce que je fermais jamais ma gueule. Je taclais les profs, faisais des blagues et amusais la classe. C’était mon rôle. Et ça, Monsieur Y, j’étais persuadée que ça lui plaisait pas. Encore plus lorsque j’ai passé l’aprèm avec eux. Au milieu de Marion et lui, je relisais mes fiches sans réussir à me concentrer sur un mot. D’abord parce que je ne comprenais rien, mais surtout parce que je n’étais pas à ma place. Eux, ils se réjouissaient, frémissaient dès qu’ils apprenaient un arrêt et avaient un orgasme à la lecture d’une jurisprudence. Moi, je cherchais encore la définition de ce mot. (La vérité, même avec deux ans de droit dans la gueule, j’ai pas la définition exacte. Mais en gros, la jurisprudence, c’est la décision qui a été prise par le juge. Pourquoi ils appellent pas ça une décision ? Parce que c’est des cons.) Et puis, le plus surprenant est arrivé. Monsieur Y a commencé à me parler. Je serais évidemment incapable de vous raconter ce qu’il m’a dit, probablement parce que je n’ai de toute manière pas compris et, soyons honnêtes, je ne lui ai probablement pas porté un grand intérêt. Il faut dire que physiquement, déjà, c’était pas ma came (et arrêtons d’être faux-culs : si un homme nous plaît pas physiquement, l’attrait devient presque nul). Il n’était pas très grand, avec des yeux globuleux, des cheveux bouclés qu’il perdait déjà et j’aurais sans doute étouffé sa bite sous la taille de mon gros cul. Pourtant, il continuait à me parler. Ou plutôt, il me ridiculisait. Pire, il me provoquait, me tenait tête et osait me répondre. Parfois même en plein milieu d’un cours. Il me cassait devant les profs avec les réponses que je n’avais pas, me mettait mal à l’aise devant ses potes et me rappelait que face à lui, j’étais idiote. À ce moment de l’histoire, je dois vous avouer que c’est assez rare, les hommes qui me tiennent tête et qui arrivent à me faire fermer ma gueule. Alors, quand
Ce jour où ma meilleure amie a emménagé avec son mec
Ce jour où ma meilleure amie a emménagé avec son mec Samedi 26 mars 2022. Voilà que ma meilleure amie a quitté le camp des célibataires endurcies et est partie vivre avec son copain. Celle avec qui, depuis des années, je passais mes samedis soir à répéter que « si, on en est certaines, on finira seules ». Sa définition de la solitude a bien changé. Parce que, dans ce grand salon baigné de lumière, de moulures et d’un parquet qui grince, elle est devenue l’autre. Celle qui demande à son mec s’il a les clés avant de fermer la porte, celle qui achète une ampoule mais qui le laisse l’installer, celle qui veut de la vaisselle à trois euros l’assiette. Mais reprenons depuis le début. Avant qu’elle ne devienne l’épouse parfaite. Reprenons avec celui qui a foutu le bordel : son mec. D’ailleurs, lui, j’ai toujours du mal à l’appeler « son mec ». Pourtant, ça fait déjà un an qu’ils sont ensemble. Et quatre qu’ils se fréquentent de manière non officielle. Eh bien, petit con, moi, je la connais depuis 20 ans. Alors, scoop : c’est pas parce que tu lui éjacules précocement une fois par semaine ta semence à la gueule que je dois te considérer comme important. C’est faux, il est pas précoce. Enfin, pas tout le temps. Un an qu’il est son « petit copain », alors que, jusqu’alors, il n’était que celui qui lui brisait le cœur, incapable de la considérer à sa juste valeur. Et c’était mieux comme ça, car au moins, j’avais de la matière pour cracher mon venin. Sauf que tout a changé quand ils ont mis un nom sur leur relation, m’obligeant à m’intéresser à lui… J’ai presque bien réussi à l’éviter jusqu’à présent, mais la réalité m’a rattrapée. Non pas qu’il soit désagréable. Mais, simplement, je ne lui porte aucun intérêt. Comme pour la plupart des êtres humains, d’ailleurs. Ils sont souvent chiants, pas drôles, égocentriques et si ce n’est pas le cas, ils me posent des questions sur ma propre vie. Et, personnellement, je ne vois pas l’intérêt de la leur raconter. Au pire, ils n’ont pas d’avis ; au mieux, ils en ont un dont je me tape. En somme, j’ai toujours bien compris pourquoi je suis seule. Et je m’en remercie. Ma meilleure amie, c’est tout le contraire. Elle adore les gens. Elle fait partie de ceux qui peuvent écouter parler quelqu’un de l’accouplement des Tettigoniidae, autrement appelés les sauterelles, pendant une soirée entière sans cligner d’une paupière. D’ailleurs, si vous n’avez jamais vu des couilles de sauterelles, vous noterez la taille extrêmement importante de leur sac à spermatozoïdes. Le Rocco Siffredi du testicule. Ma meilleure amie, c’est la sympa du duo . Alors, quand on se disait qu’on allait finir seules, on savait l’une comme l’autre que, pour elle, les choses ne seraient pas si évidentes. Et bien sûr, son célibat est devenu son mec, et son mec est devenu son concubin. Rien que le mot est laid. Concubin… Ça, pour être cons, ils l’étaient. Qu’est-ce qu’il lui est passé par la tête, à ma pote ? C’est donc ça, tomber amoureux ? Décider de partager son frigidaire, ramasser les slips d’un mec qui pue et ne plus pouvoir se faire des soirées solos ? Pour lui, elle a tout quitté. Paris, son petit appartement qui faisait la taille de mon salon (oui, je juge ; ça va, j’ai vécu six ans dans vingt-cinq mètres carrés moi aussi), ses potes et nos habitudes. Elle n’a pas seulement dit au revoir à sa vie de célibataire, elle a dit au revoir à sa vie tout court. Terminé nos restaurants de dernière minute, nos week-ends à la maison, nos journées de télétravail à tout faire sauf travailler, nos bières improvisées et nos critiques en terrasse. Elle a chié à la gueule de nos souvenirs et de tous ceux que nous avions à créer. Elle a pris un nouveau travail, un nouvel appartement et elle trouvera probablement bientôt une nouvelle meilleure amie. Elle est partie. Loin. Enfin, techniquement à deux heures. Mais c’est loin. Trop loin, en tout cas. Moi, j’ai débarqué ce samedi dans LEUR appartement. La pote célibataire depuis des années, avec son chien borgne, plante à la main pour « célébrer leur nouvelle vie ». Ils étaient là, tous les deux, dans leur salon, après m’avoir ouvert la porte. Ils se sont empressés de me faire visiter, s’appelant mutuellement « mon chat » et se tenant la main chaque fois qu’on passait d’une pièce à une autre. Ils me donnaient envie de vomir. Devant moi, je voyais ce couple qui te fait envie autant qu’il te fait paniquer. La liste des courses dans la cuisine, la radio en fond sonore et les clés en double sur le portant à l’entrée. Je les enviais autant que je les méprisais. Parce qu’une partie de moi avait envie de trouver un mec, d’acheter une maison de deux cents mètres carrés, d’y pondre trois mouflets que personne n’aimerait à part nous et de troquer GG contre un golden retriever à deux yeux. Mais l’autre partie empêchait mon cœur de faire une crise cardiaque tandis que je formulais cette pensée. J’étais pas prête, moi qui ai déjà du mal à dater un mec. Alors, j’ai prié pour que « son concubin » tombe du balcon, se casse les deux jambes et termine à l’hôpital tout le week-end, pour qu’il disparaisse. Mais j’ai eu mieux : il avait un week-end de prévu. Et ça, c’était le plus beau cadeau qu’il pouvait me faire. Tandis qu’elle avait réservé le restaurant et qu’il s’était joint à nous, me faisant passer pour la cinquième roue du carrosse alors même que j’étais le carrosse tout entier, il m’a annoncé qu’il était temps de partir. J’ai eu envie de crier ma joie, de lui faire un doigt d’honneur, de le mettre dans le train et limite de le conduire. Je voulais qu’il dégage et que je retrouve ma meilleure amie, pour moi. Parce qu’un week-end avec sa meilleure amie et son mec, c’est
Ce jour où je n’ai pas choppé le covid
Ce jour où je n’ai pas choppé le Covid Vendredi 8 avril 2022. Mes parents ont été testés positifs au Covid alors même que nous avions passé le week-end précédent en famille à nous jeter les pions du Monopoly à la gueule, à échanger nos verres et à piocher ensemble dans les mêmes paquets de chips. J’en étais certaine : tout était de la faute de mon neveu. Il faut dire que manger le nez des gens, leur mettre les doigts dans la bouche et leur lécher l’oreille alors que le virus compose 75 % de ton corps, ce n’est pas une bonne méthode pour ne pas le propager. Alors, forcément, après ces 48 heures tous ensemble, mes parents étaient positifs. Et, par défaut, je pensais l’être. Ce vendredi 8 avril 2022, les premiers symptômes sont apparus. Migraine, mal de gorge et sinus enflammés sont rapidement devenus mon quotidien ; même si, à mon grand regret, ils le sont assez souvent. #fuckingpolypes. Parce que oui, j’ai des polypes, et j’utilise cette chronique pour vous en parler, dans cette parenthèse que vous devez m’autoriser. Déjà, parce que je me traîne cette merde depuis presque trois ans. Trois ans avec des boules de chair dégueulasses qui poussent dans mon pif, qui m’empêchent de respirer, qui ont détruit mon odorat, qui me font ronfler, qui me causent des insomnies et qui me font passer un SMIC dans des mouchoirs qui ressortent intacts car, MERDE, j’ai même pas de morve. Mais surtout, parce que les polypes s’appellent polypes. Comment voulez-vous que j’arrive à séduire un homme lorsque ma seule maladie chronique qui pourrait lui faire pitié se nomme « polypes » ?! Il y a quelques semaines, j’ai eu un date. Dans le bar, la serveuse m’a proposé un cocktail et m’a demandé si j’aimais la goyave. J’ai eu le malheur de lui répondre que je n’avais pas de goût à cause de polypes nasaux, le tout sous le regard de mon crush. Juste avant qu’il s’en aille. Les polypes sont des putes. Et j’aimerais que nous démocratisions ensemble ce hashtag : #fuckingpolypes. Merci. (Cela étant dit, et parce que ces nouvelles n’ont pas que pour but de diffuser un maximum d’insultes en un minimum de temps, je tiens tout de même à vous partager quelques astuces que j’ai trouvées pour les soulager, faute de pouvoir les faire complètement disparaître. Premièrement, le fameux cataplasme d’argile verte. Je vous jure, ça fonctionne. Deuxièmement, des inhalations eau chaude/tea tree quotidienne. Attention, ça débouche, et pas que les polypes. C’était mes deux conseils, en tant que meuf qui a fait un an de médecine. Et oui, Mesdames, je ne suis pas qu’un physique.) Cette fois, c’était pas que les fucking polypes. Je le sentais bien. Je me suis donc aventurée sous la pluie pour faire un test PCR. Le fameux. Après une pénétration de ma narine par ce qui s’apparentait à un micropénis à en croire sa surprenante discrétion, j’avais enfin ma réponse : j’étais négative. Pour être honnête, j’ai relu le résultat deux fois, pour tenter d’y voir un positif. J’avais une soirée le lendemain en plein centre de Paris, le genre où tu retrouves des collègues d’une autre vie que tu n’as pas recroisés depuis deux ans, dont tu te souviens à peine du prénom et à qui tu dois raconter ta vie, tellement plus géniale que la leur. Mais je n’ai pas pu y échapper. Tout s’est d’ailleurs passé comme je l’avais imaginé. Certes, en ajoutant le côté « Je les aime bien quand même ». Mais tout le reste y était. Et puis, le vrai problème de cette soirée, c’était pas eux. C’était moi. Parce que même avec l’angine, le Covid, une otite ou la chiasse, je mets l’ambiance. Je me suis donc retrouvée, jusqu’à deux heures du mat, la clope festive au bec et le verre de champagne à la main à hurler sur le dancefloor. Certes, j’ai très vite troqué tout ça contre une pastille à la menthe et un verre de Coca, mais le mal était déjà fait : j’avais permis à la grippe de s’installer confortablement. Nous avons fait connaissance le lendemain matin, après une nuit mouvementée, comme un inconnu que j’aurais ramené à la maison et qui aurait flirté avec mes insomnies. La grippe avait fait frissonner chacun de mes membres, trempé mes draps et m’avait fait monter en température. Presque aussi puissante qu’un orgasme, si on oublie toute la partie douloureuse. Parce que le dimanche, j’avais simplement envie de crever. Je n’arrivais plus à rien. Ni respirer, ni avaler ma salive, ni regarder la lumière, ni même me lever du lit. J’étais esclave de mon propre corps. Et ce n’était que le début. Petit à petit, jour après jour, j’ai glissé vers la vraie maladie. Du genre que je n’avais pas eu depuis longtemps et qui te pousse à te demander : pourquoi on tombe malade, d’abord ? J’ai commencé à chercher sur Google avant de me rappeler que j’en avais strictement rien à foutre, simplement car cela ne changerait absolument pas mon état. Je continuerais de crever au fond de mon lit. Et puis, moi, je vis toute seule. Officiellement avec GG le borgne, mais, scoop, dans ces moments — comme dans beaucoup, d’ailleurs —, il ne sert pas à grand-chose. Oui, je l’aime. Mais il faut être honnête : son utilité est vraiment minime. J’ai donc dû survivre par mes propres moyens. Et le pire, c’est que je ne pouvais même pas me plaindre… car ce n’était pas le Covid. Autour de moi, ils l’avaient tous. Mes amis, mes parents, les voisins ou la boulangère. Ils l’avaient VRAIMENT tous. Et quand bien même leurs états étaient très convenables, voire complètement dérisoires par rapport au mien, c’était leurs cas qui importaient, car c’était le Covid.exaltation de leur liberté les traversait tous. Tous comparaient leurs symptômes, leurs convalescences, leurs PCR et leurs diagnostics. Ensemble, ils se retrouvaient, se jaugeaient, vérifiaient la véracité des faits et échangeaient sur leurs expériences. Ils faisaient partie de « ces gens qui ont vécu le Covid »,
Ce jour où j’ai acheté un sextoy
Ce jour où j’ai acheté un sextoy Mardi 28 décembre 2021. Ce jour où j’ai acheté un sex-toy. 72 heures après Noël. Pas forcément le timing auquel on pense pour s’acheter un god. D’autant plus qu’avec la masturbation, on n’a jamais été très copines. Mal vue par les autres, jugée par moi-même, je ne lui avais jamais vraiment laissé de chance. Bien sûr, j’avais tenté. Pas tellement par intérêt, je l’avoue, mais parce qu’il paraît que le célibat avec 0 vie sexuelle, c’est pas possible. Alors, sous les diktats de la société, j’y suis allée. Mais pas trop non plus. Parce que, certes, elle me disait de me trifouiller le clito pour ne pas être une vieille fille, mais aussi de ne pas le crier sur tous les toits pour ne pas être une pute. Elle est compliquée, la société. Une masturbation silencieuse. Voilà ce qu’elle voulait. C’était exactement comme ça que j’avais vécu ma première tentative. Comme un plaisir coupable. J’avais osé m’enfiler quelques doigts et laisser naître des pensées obscènes dans ma tête, allongée sous ma couette, dans le noir total, et forcément, j’avais eu l’impression de me violer. Et il n’y a malheureusement aucune blague cette fois. J’avais détesté. Et j’avais fini par ne plus me toucher, et surtout, ne même plus en avoir envie. Ma libido avait disparu et ne me manquait pas. Jusqu’à il y a quelques mois ; en décembre, donc. Les semaines qui avaient précédé, j’avais débloqué des choses en moi : perte de poids qui me faisait me sentir mieux dans ma vie, date avec des mecs pas trop débiles, discussion avec les copines de copines que je ne connaissais pas trop. Toutes ces choses ont fait que j’ai voulu acheter un sex-toy. Sans en parler à personne, comme un secret avec moi-même, sans pression, sans attente, j’ai commandé le Graal : le Womanizer. Le voyage avait commencé, et avait Ce truc, c’est LE truc. J’ai même hésité à contacter la marque pour qu’elle me paye tant je vais en faire des éloges. Ou au moins pour qu’elle m’offre sa dernière technologie. Le Womanizer, c’est un bijou qui te stimule le clito sans même te le toucher, capable de t’offrir un orgasme en 30 secondes et de te faire oublier tout pénis. Le Womanizer, c’est un jouet que tu peux trimballer partout, de la taille de la main, que tu enfiles dans ta culotte discrètement entre deux réunions ou au réveil après un rêve érotique. Le Womanizer, c’est le compagnon qui peut te faire oublier le tien, la cerise sur le gâteau de ton célibat, le héros de tes pulsions et le gardien de tes envies. Le Womanizer, c’est le sex-toy que nous devrions toutes avoir. Et maintenant, je l’ai, moi aussi[1]. [1] Tips de copine : j’ai pas de code promo, mais vous pouvez en trouver très facilement en cherchant sur Google ou en passant par des sites revendeurs. La vérité, dites-moi en commentaire si vous en trouvez pas, et je partirai au front pour vous dénicher une réduc digne de ce nom. #lafamille #influenceusecul Quatre jours après ma commande, il est arrivé. Dans ma boîte aux lettres et surtout dans ma chatte. J’ai directement arraché le carton de mauvais goût qui l’emballait et à peine l’avais-je reçu que je baissais déjà ma culotte au milieu de mon salon, Gégé du côté borgne pour garder mon intimité. J’ai appuyé sur le bouton « On », constaté avec joie qu’il y avait déjà de la batterie et, de mes mains non initiées, sans même lire la notice, je l’ai installé sur mon clitoris. Je me suis laissée voguer sans me juger, sans rien attendre de moi, si ce n’était de me découvrir. J’ai accéléré la vitesse à mesure que mon envie s’intensifiait et je l’ai fait vibrer, dévoilant toutes ses fonctionnalités, finalement pas très nombreuses. Mais il n’a pas eu besoin de plus. Et moi non plus. En littéralement moins d’une minute, le Womanizer posé sur mon clito, puissance niveau 4, j’ai atteint l’orgasme. Peut-être même pour la première fois. Car je me sentais libre. Libre de tout jugement, à commencer par le mien. J’avais accepté de me faire du bien et de recevoir du plaisir, d’aimer le sexe et d’en redemander, d’avoir envie et de pouvoir me satisfaire. À 30 ans, pattes écartées sur mon canapé, culotte sur les chevilles, vibro sur le gland, j’avais enfin accepté ma sexualité. Je sentais mes lèvres se gonfler, mon bas-ventre brûler, mon vagin se serrer avec cadence et mon cœur accélérer. Je sentais les mains sur mon corps, les frissons qui l’accompagnent et les pensées qui s’échappent. Je me rappelais cette sensation de force, de douceur et d’apaisement. Toutes ces hormones qui s’entrelacent pour te laisser comblé·e quelques secondes avant d’obliger ton corps à s’écrouler, fatigué. Et tu oublies tout, le temps que ça dure. Alors forcément, à partir de ce jour, je suis devenue addict à l’orgasme. Je venais d’aborder un nouveau continent et d’explorer un nouveau monde. J’étais la Christophe Colomb du cul. J’étais… Christophe Colon (oui, la vanne était facile, mais elle reste efficace). Et je ne voulais pas m’arrêter là. Assoiffée de découvertes, j’ai lâché mon Womanizer et j’ai foncé dans mon bureau pour ressortir tous mes autres jouets que je n’avais utilisés que trop peu : une longue tige flexible, très agréable et vibrante ; un dauphin violet dont le bec vient saluer ton utérus ; un petit jouet de la forme d’un tampon pour stimuler ton clito ; une sonde de rééducation périnéale connectée (comment ça, c’est pas un sex-toy ? Prenez-vous une décharge dans la chatte et on en reparle). Je possédais une belle collection, sans même en avoir conscience. J’ai rechargé les batteries, aussi bien celles de mes jouets que celles de mon corps, et j’ai enchaîné. En plusieurs jours, j’ai tout testé. Et parfois en même temps. Je devenais une pro du sex-toy. Je m’imaginais déjà en faire un business, créer ma propre marque de gods ou me spécialiser là-dedans sur Instagram. « Salut les filles !
