ce jour où j’ai eu besoin que ce soit le bon
Ce jour où je suis allée en prison
Samedi 18 juin 2022. Je reçois un mail dont l’expéditeur se termine par « @justice.com ». D’abord, je pense à une arnaque, comme cette fois où on m’a accusée de mater du porno et, par conséquent, demandé une grosse somme d’argent — cette histoire, tu la connais. Et ensuite, je me suis penchée sur l’objet : « Projet rencontre auteure ». C’était ce qu’il disait. Je me suis empressée d’ouvrir, m’imaginant déjà au ministère de la Culture à partager mon savoir, mon expérience et expliquer comment j’en suis arrivée à écrire des livres dont la couverture est une meuf à poil avec une épilation de la chatte approximative. C’était presque ça. Sans le côté ministère de la Culture. Dans son mail, Mathilde (qui ne s’appelle pas Mathilde, mais tmtc qu’il faut garder son nom d’agent secret… secret) me proposait de venir présenter mes œuvres aux détenues du centre pénitentiaire de Vivonne. Et si je n’ai pas hésité à dire oui, j’ai eu un peu peur. Voire beaucoup. Parce que moi, je suis une petite fragile ; je suis issue d’un milieu privilégié, la seule chose qui aurait pu me coûter la prison est un vol chez Pimkie de boucles d’oreilles d’une valeur de 30 centimes lorsque j’avais quinze ans. Alors ce monde, je ne le connaissais que dans les films ou, au mieux, dans les documentaires TF1 Découvertes le samedi après-midi. Me visualiser en face de détenues n’était pas chose évidente. Bien sûr, j’ai tout de suite déconstruit mon imaginaire en me répétant qu’avant d’être des détenues, elles étaient juste des femmes qui, pour des raisons qui ne me regardaient pas, avaient mal agi. Mais ça, c’est ce qu’on dit pour faire bien en société. Parce que dans ton cœur (et surtout dans ton slip), tu te chies dessus en t’imaginant devant des meufs qui ont potentiellement tué quelqu’un. J’ai quand même accepté et donné rendez-vous à Mathilde le mardi 13 septembre. Et nous y étions, à ce jour où j’allais entrer en prison. J’étais anxieuse. D’abord à l’idée de faire une chose pour la toute première fois, mais aussi d’être dans cet endroit si négatif. Parce que là encore, on dira en société que c’est une institution utile, un établissement coercitif dont le but est d’aider les gens à se réintégrer dans notre monde. Certes. Mais la réalité, c’est que des dizaines de personnes y sont enfermées et que, jusqu’à preuve du contraire, c’est carrément glauque. Et ce que j’allais vivre n’allait pas vraiment changer mon point de vue. En arrivant, j’ai retrouvé Mathilde et ses collègues. Des femmes au fort caractère, souriantes, pleines de bienveillance, aimant leur travail et avec la volonté de me partager au maximum leur quotidien. C’est ce qu’elles ont fait. Instructions en tête, me répétant de ne pas appeler les surveillantes par leurs prénoms, de garder le biper d’urgence sur moi et de laisser téléphone et autres effets personnels dans mon casier, elles m’ont annoncé que nous allions attaquer la visite. Tout. Elles me m’ont tout fait visiter. Et, bizarrement, je me sentais chanceuse de vivre cette expérience. Parce que découvrir une prison, se faire enfermer dans une cellule quelques minutes ou échanger directement avec les détenues, c’est une chance. Une chance de se rappeler ce qu’on a. Le bruit des clés glace le sang, les portes qui s’entrechoquent coupent le souffle, les couloirs sont tristes, même si Pirate le chat apporte un peu de lumière. Dans chaque recoin, je voyais les documentaires que j’avais pu mater sur mon canapé. Tout était exactement comme on peut nous le décrire. Des détenus aux fenêtres jusqu’aux barreaux sur les portes, en passant par des cellules de quelques mètres carrés. Oppressif. 14 heures 30. C’était le moment. Celui de rencontrer les prisonnières. J’étais anxieuse. Anxieuse de ne pas me montrer à la hauteur, de faire une gaffe ou de ne pas pouvoir m’empêcher d’être dans le jugement, alors même que je ne connaissais pas le leur. Peur d’être humaine, tout simplement. J’ai respiré un coup et fait ce que je sais faire le mieux : être moi-même. Elles sont finalement arrivées, m’ont saluée avec un chaleureux sourire — pour la plupart — et se sont installées en face, sur les chaises qui leur étaient attribuées. J’ai commencé en m’excusant d’avance pour les maladresses à venir, j’ai expliqué que c’était une grande première pour moi et que c’est toujours stressant. Elles m’ont souri une fois encore, à l’exception de cette détenue du premier rang qui me fixait avec intensité, les talons claquant sur le sol. Puis, tout s’est déroulé très facilement. J’ai commencé par présenter mon parcours, avec humilité et de manière succincte, avant de les voir s’intéresser et me poser plein de questions. Rapidement, l’échange a dévié sur le cul. Et, coup de chance, c’est un sujet assez universel. Elles m’ont raconté leur abstinence involontaire, leur façon de la gérer et les contraintes de l’emprisonnement sur leur sexualité. Le temps passait à une vitesse folle et ce qu’on partageait m’intéressait, vraiment. J’en oubliais presque que je me trouvais dans une prison tant leurs interventions étaient justes et sensées. Jusqu’à son intervention, à elle. Amaé. Un petit bout de femme, à la peau colorée et aux cheveux crépus, lunettes sur le nez et traits fatigués. Elle a levé la main et, une fois qu’elle a eu la parole, m’a simplement dit : — Je n’ai pas osé lire vos livres… Ils parlent de cul et, ici, du cul, on n’en a pas… Alors, vous comprenez, je ne veux pas allumer la flamme et ne pas avoir de pompiers pour l’éteindre. C’était drôle, et c’était logique. Autour d’elle, toutes ses camarades ont apprécié la blague. Et moi aussi. En revanche, aucune des surveillantes n’a ne serait-ce qu’esquissé un sourire. Et pour cause. C’est après que j’ai appris que cette femme avait menacé son conjoint de le brûler s’il dormait sur le canapé. Spoiler alert : il a dormi sur le canapé. La rencontre s’est terminée en partageant simplement un jus d’orange. Dans cette petite salle, c’était une bulle de
Ce jour où j’ai fêté Halloween
Lundi 31 octobre 2022. Ce fameux jour où on fête Halloween. Et je n’étais pas en reste. J’adore cette fête, même si, avec les années, les choses semblent bien avoir changé. Maintenant, les enfants demandent des cigarettes et plus des bonbons, la vilaine sorcière s’est transformée en lapine sexy et les araignées en plastique sont vivantes. True story. Un conseil : lorsque vous retirez la déco, vérifiez qu’il s’agit bien… de la déco. Malgré tout ça, j’adore Halloween. L’ambiance glauque, le fantastique, les vampires, Buffy, les gens morts et ceux qui pourraient bientôt l’être. J’adore Halloween. Et ma meilleure amie aussi. Chaque année, elle y va fort. Elle et moi, nous avions tout testé. Les murder parties, les bars avec maquilleuse professionnelle, les pièces de théâtre spéciales horreur, les cinémas spécial cannibales et les soirées déguisées où la moitié des nanas sont plus sexy qu’effrayantes. Spoiler alert : je faisais partie de la moitié dégueulasse. Une année, nous avons eu la brillante idée de tester la maison de l’horreur à Paris. Une espèce de manoir en plein cœur de la capitale, qui t’emmène dans un labyrinthe bourré de monstres et autres acteurs dont le rôle est de faire en sorte que tu te chies dessus. Et croyez-moi, ils méritaient un Oscar. Et puis, il y a eu Halloween 2021. Celui que, pour m’éviter trop de secousses cardiaques, j’ai passé seule, chez mes parents. C’était un vendredi, et j’étais chargée de garder la maison familiale, et surtout le chien. Comme la bonne trentenaire que je suis, j’avais prévu une soirée télé, entourée d’un kebab, des animaux et d’un plaid. J’ai attrapé mon téléphone, scrollé sur une appli de livraison et constaté que dans la campagne de mes géniteurs, il n’y avait pas de scooter capable de me déposer un fastfood. Drame. Je devais donc sortir. 20 heures. J’ai enfilé mes baskets et une vieille écharpe, et me suis dirigée vers L’Eure du Kebab, seul restaurant dans un rayon de dix kilomètres et, qui plus est, avec un goût prononcé pour les jeux de mots. Quand, sur la route vers mon gras bonheur, j’ai entendu des hurlements. Et des bruits de tronçonneuse. Autour de moi, les trottoirs étaient remplis d’enfants moches. Déguisés, certes, mais moches. Sur leurs visages, du faux sang étalé. Sur leurs cheveux, des perruques de toutes les couleurs. Et sur leurs petits corps, des vêtements de pirate, sorcière ou fantôme. Des originaux, de toute évidence… Tous se rendaient vers le point central du village, après l’église bien sûr : la mairie. Et, à ma grande surprise, ma curiosité a égalé ma passion pour le kebab et m’a poussée dans cette direction à mon tour. Devant moi, l’institution s’était transformée en manoir de l’horreur. Ils avaient osé. Ils avaient osé faire de la mairie une maison hantée. Plantée devant cette réalité, j’ai fini par vraiment m’y intéresser, plus encore lorsque des enfants sont venus me proposer de les accompagner. Les accompagner ? Ces petits cons dont les citrouilles en plastique étaient pleines des bonbons de fond de tiroir dont les familles ne voulaient plus souhaitaient que je les accompagne ? N’avaient-ils donc pas de parents ? Devant les yeux larmoyants d’un diable mal maquillé, j’ai fini par accepter. Après tout, il commençait à faire froid et, à la suite de mes nombreuses expériences, j’étais probablement leur meilleur soldat. Ça, c’est ce que j’ai pensé avant d’entrer dans cette fucking mairie. Car une fois le premier pied ayant passé la porte, l’enfer m’a souri. À mon bras droit, une gamine s’agrippait, persuadée que j’allais la secourir. Derrière, elle était là. La fameuse. Celle qui m’avait convaincue de lâcher mon kebab et qui avait titillé ma curiosité. Celle qui avait collé cette gosse greffée à moi et qui m’a fait perdre une corde vocale. Celle qui m’a poussée à courir plus vite que je ne m’en croyais capable. LA tronçonneuse. À toute vitesse, un cinglé beuglait derrière nous, son objet de malheur brandi, prêt à nous découper. C’est en tout cas ce que mon cerveau a pensé à cet instant. Poussée par un instinct maternel que je n’ai pourtant pas, j’ai gardé près de moi la gamine apeurée, lui promettant qu’il ne lui arriverait rien. J’ai enfoui sa tête dans mes bourrelets, lui ai répété de fermer les yeux alors même qu’elle ne voyait rien, cachée par mon gras. J’ai pris une grande inspiration et bravé les quatre uniques pièces que le village de mes parents avait décorées et qui, pourtant, me glaçaient le sang. J’étais matrixée et ma seule obsession était de sauver cette gosse dont je ne connaissais pas même le prénom d’un danger imaginaire. Et puis, dans un élan de survie, j’ai cessé de courir, je me suis plantée tel un poteau devant ce connard qui nous poursuivait avec son arme et, réveillant probablement le quartier qui ne devait pas beaucoup dormir, lui ai hurlé de nous laisser tranquilles. Dans son rôle, le meurtrier a continué de faire ronronner sa scie électrique et m’a tenu tête. J’ai chuchoté à ma protégée de rester derrière moi, comme l’héroïne que je pensais être, me suis approchée de lui avec détermination et j’ai agrippé mon sac à main avec force, avant de lui jeter à la gueule. Toute la sécurité — composée d’une personne — s’est précipitée sur le pauvre homme au sol et m’a hurlé de quitter les lieux. C’est à ce moment que j’ai décidé de ne plus fêter Halloween. Cette année 2022, donc, j’ai opté pour du soft. Du vrai soft. J’ai anticipé pour m’éviter de sortir de chez moi pour un kebab, j’ai prévu le gras directement dans mon four et j’ai fermé à clé portes et fenêtres. Tout était parfait. Pour rester dans le thème, et sans rancune, je me suis installée devant un film d’horreur avant d’être interrompue par des coups à ma porte. Évidemment, c’était Halloween. Quand j’ai ouvert, sans surprise, ils sont apparus face à moi. Les petits monstres déguisés pour l’occasion. Bien sûr, ils me provoquaient : un bonbon ou
Ce jour où la bouffe émotionnelle est entrée dans ma vie

27 février 1991. Jour de ma naissance. J’en suis persuadée, les problèmes ont déjà commencé à cette date. Peut-être même avant quand, dans le ventre de ma mère, je récupérais ses restes. Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours eu un souci avec la nourriture. Je suis du genre à manger mes émotions, comme le disent les professionnels. En des termes plus communs : je bouffe à la moindre occasion. Triste, énervée, heureuse, anxieuse : je mange. Et malheureusement, pas de la salade. Et c’est bien ça, le problème. Car manger, c’est cool, mais se sentir moche et grosse, c’est chiant. C’est pas nouveau, et je ne t’apprends rien : ce que tu mets dans ton corps a un impact sur celui-ci. Et je ne parle pas (que) de la bite de ton mec. J’ai la joie de connaître le mal-être physique. Boutons, cheveux moches, bourrelets que je déteste. Ils arrivent tous avec les burgers et les pizzas. Sans parler des sautes d’humeur et de la mauvaise ambiance globale dans mon corps. C’est ainsi que j’ai compris que mes déboires avec la nourriture détruisaient mon quotidien. Pendant des années, j’ai tenté de corriger cette névrose en ne faisant que l’alimenter. Mieux j’essaye de manger, plus je crée un déséquilibre. Pourquoi ? Simplement parce que je suis dans l’abus. Moi, je suis du style à, du jour au lendemain, tout arrêter. Je suis cette nana capable de partir en jeûne pendant deux jours, avant d’enchaîner avec une journée à ne bouffer que des pommes pour terminer par signer un pacte avec le diable en promettant de ne plus jamais toucher une pâtisserie de ma vie. Extrême, vous dites ? Jusqu’au jour où j’ai essayé de déconstruire ça et que, comme une évidence, j’ai compris. J’ai compris que je n’avais pas de problème avec la nourriture. Non. J’ai un problème avec l’abandon, la dépendance affective, les hommes et les relations humaines en général. Mais pas avec la nourriture. Et c’est ça, le point central. À partir de ce moment, j’ai lâché prise sur mon alimentation. Ou en tout cas, je me le suis fait croire. J’ai mangé non plus pour combler un manque, mais parce que les pâtes carbonara, c’est la vie. J’ai mangé non plus pour remplir le vide, mais parce que la pizza à la truffe est la meilleure. J’ai mangé non plus pour me protéger de l’abandon, mais parce que les cookies faits maison sont une tuerie. J’ai mangé par plaisir, et non plus pour calmer mes anxiétés. En tout cas, en théorie. Le comprendre, c’est une chose. Avant de te mettre à table, tu respires un coup, tu prends conscience du moment et tu extériorises toute émotion négative parce que tu veux manger pour le plaisir et pour te nourrir, et rien d’autre. Ça, c’est en théorie. Parce qu’en pratique, je continuais de recevoir des messages de mecs pourris qui me poussaient à plonger dans un pot de glace ou des appels stressants de magasins qui ne vendaient aucun livre et qui annonçaient la fin de ma carrière, m’amenant à me ruer dans mon frigidaire tout entier. En somme, on ne balaie pas 30 ans de mauvaises habitudes en quelques mois. Petit à petit, j’ai essayé de changer, de m’écouter et de me faire confiance. J’ai réussi à perdre du poids, à me sentir mieux dans mon corps, plus en harmonie avec ma tête en variant les plaisirs, en ne me frustrant jamais et en continuant de bouffer, de temps en temps, de la merde. C’était le paradis. J’étais fière de moi, fière de réussir où j’avais toujours échoué et, enfin, de parvenir à prendre soin de moi, pour de vrai. Et pourtant, comme un boomerang en pleine gueule, comme une réflexion de ta belle-mère, comme un email à 22 heures de ton boss, elle a tapé à ma porte : la pression qui pouvait me faire craquer. Comme une gentille fille bien équilibrée, je faisais mes courses en acceptant de m’acheter un Coca. Un seul. Celui qui allait me faire plaisir sans me faire culpabiliser. Ce n’était pas chose facile. Je le reconnais, je suis un poil addict à cette boisson. À tel point que certains jours, il m’est arrivé de ne même pas voir une bouteille d’eau. J’aime tout dans le Coca. Le fait qu’il me décape l’intestin, qu’il répande son sucre sur mes dents en pleine santé, qu’il picote mon nez et me fasse pleurer. Frais ou chaud, matin ou soir, avec ou sans alcool. Je le décline à toutes les sauces et lui voue un véritable culte. Alors, j’essaye de le consommer avec modération. De temps en temps. Sans excès. Comme ce vendredi. J’ai posé l’ensemble de mes courses sur le tapis, jugeant le cadis des autres comme la salope healthy que j’étais devenue, et j’ai calé la canette de Coca entre les brocolis et le kilo de carottes. À l’instant où j’ai ajouté le soda, comme un flic en pleine perquisition, le vieux monsieur derrière moi — à la bedaine aussi grosse que son culot — a eu l’audace d’entamer la discussion avec ce qu’il imaginait probablement être un bon conseil, peut-être même une technique de drague. Entre sa moustache dégueulasse et son dentier pourri, il a lâché comme une balle qui m’est arrivée en plein cœur : — C’est mauvais, ça. Vous allez devenir énorme avec ce truc, déjà que vous avez une bonne bouille. « Une bonne bouille » ? Il avait osé dire que j’avais « une bonne bouille » ? Ce mec au double menton, aux lobes qui touchaient ses genoux et au crâne dégarni pensait que j’avais une bonne bouille. Papy Chulo venait de détruire tous mes efforts en une phrase. En un instant, mon petit château équilibré, avec pour drapeau celui de la fierté, avait brûlé. Des semaines de travail parties en fumée, que j’allais probablement devoir réparer avec de la pâte à tartiner. Outre le fait que ses propos étaient sexistes, clairement orientés et certainement pas justifiés, outre le fait qu’il s’avérait très con pour lancer
Ce jour où j’ai découvert le dad bod

Lundi 3 octobre 2022. Je me suis installée sur mon canapé après une séance d’aquagym rythmée, qui avait valu à mon téton plusieurs gifles dans la gueule et offert un nouveau surnom : la chaudasse de l’aquaboulevard. Mais ça, je vous le réserve pour une autre histoire. Parce qu’à cette séance, outre la récente découverte de ma vocation en tant qu’actrice porno, j’avais surtout entretenu celle qui me collait à la peau : en d’autres termes, mon talent pour les ragots. Et à l’aquagym, il n’y a que ça. Des petites quinquagénaires, qui se retrouvent entre copines pour brasser de l’eau et surtout du vent. Il y a aussi des femmes plus jeunes et, croyez-moi, elles n’ont rien à envier aux anciennes. Avec elles, l’air a un goût de potins. Et ce jour-là, l’une des trentenaires, au détour d’un casier, entre ses deux copines aux jambes bien mieux dessinées que les miennes, a lâché LA bombe. Elle se tapait un vieux. La sugar baby de la piscine municipale baisait avec un soixantenaire. D’abord, j’ai été un peu dégoûtée. Et puis, j’ai été curieuse. Qui était-il ? Que lui voulait-elle ? Et, évidemment, comment était-il ? Discrètement, j’ai feint de récupérer une serviette dans une douche pour me faufiler derrière elle et admirer l’étalon. À ma grande surprise, il n’était pas si laid. Vieux, bien sûr, mais loin d’être moche. Plus encore : je comprenais son intérêt. Ses petits cheveux gris restaient nombreux, son nez n’était pas trop crochu et ses épaules semblaient solides. Il avait du charme. Et il avait un atout so 2015 : la bedaine. Et c’est à cet instant que tout m’est revenu en pleine gueule, comme la vague qui avait frappé mon téton pendant les 45 minutes de la séance. Le dad bod. Littéralement, « le corps de papa ». Cette tendance venue tout droit des États-Unis qui a fait fureur il y a quelques années. C’était LE fantasme de l’époque. Terminé, les abdos alléchants, les muscles saillants, les physiques de dieux vivants. Ce qui faisait des ravages, c’était le gras. Tout le monde semblait d’accord. Je me souviens même d’une vieille amie qui avait à son tour succombé. Elle s’appelait Jennyfer. Un cliché, queen de l’université, la plus jolie de tout le campus et, en plus, la plus intelligente. Au lycée, je l’imaginais reine de promo, au bras d’un basketteur un peu con ou de n’importe quel athlète aux abdos bien tracés. Mais à la fac, en 2015, je l’avais vue plonger. Plonger pour le dad bod. Un soir, dans un restaurant de luxe — lieu préféré de son gorille —, elle m’a présenté son grassouillet, celui dont elle grattait le double menton et attrapait les poignées d’amour. La rencontre n’a pas manqué de réussite. Il était le cliché même du dad bod. Voire pire. Un grand aux épaules carrées et au regard tendre, au ventre de femme enceinte et aux seins plus dodus que les miens. Un monstre. Une sorte de Shrek. Terriblement gentil, donc. Elle n’avait pas seulement pris l’option bedaine, ma pote. Non, elle avait pris tout l’engin, massif du haut du crâne jusqu’à l’orteil. Ici, il était question d’un vrai gros, et pas d’un petit surplus. Hyper impressionnant, en somme. Et je reconnais, très sexy. Puis, tout à coup, alors qu’il évoquait combien il se passionnait pour la nourriture, aussi bien française qu’étrangère, il s’est accidentellement coincé un petit bout de salade entre deux dents. Ça a suffi. J’étais hypnotisée. Hypnotisée par cette feuille qui recouvrait les trois quarts de sa canine. Et je ne voyais plus que ça. Ça, et sa bedaine frottant le rebord de la table. C’était trop. Je me sentais mal. Au sens propre. J’ai à peine entamé ma première frite que mon corps a commencé à faiblir, ma tête à tourner et mes yeux à se fermer contre mon gré. Je lâchais prise. Et, alors que je tombais de tout mon corps la tête la première dans ma sauce barbecue, presque raide, l’homme au ventre rond, sans une once d’hésitation, a foncé jusqu’au comptoir, ordonné avec sa voix de Viking qu’on m’apporte des serviettes fraîches et un verre d’eau, m’a attrapée à bout de bras avant que je ne m’effondre et, me soulevant comme une princesse, m’a passé délicatement les lingettes sur le visage en me chuchotant des mots rassurants : — Ne nous quitte pas, pas maintenant. Grâce à sa voix calme et au sein de ses épaules fortes, je suis revenue à la vie. Sa bedaine me servait de table, et je l’appréciais à sa juste valeur. Elle était pratique. Elle était douce. Elle était confortable. Elle était ce que je voulais aussi. Mais ça, c’était en 2015. Les années ont défilé, et les tendances avec. Des dad bods, nous sommes retournés vers les corps musclés, puis le gros cul de Kim, en passant par les sugar daddies. Eux, bedaine ou non, ils sont toujours là. Et c’était pas la petite brunette en maillot de bain, téléphone en main, occupée à admirer son papy, qui allait dire le contraire. Après avoir maté son vieux, j’ai tendu l’oreille. Qu’est-ce qu’une si jolie fille faisait avec un grand-père comme lui ? Évidemment, j’ai pensé qu’elle était intéressée. Elle l’avait précisé : il avait de la thune. Mais visiblement, elle aussi. Femme indépendante, mère d’un enfant, directrice de deux salons de coiffure, elle ne nécessitait de toute évidence personne pour subvenir à ses besoins. J’ai continué mon enquête, sans trop de difficultés tant elle exposait son quotidien. Vacances aux Maldives, hôtels à 300 balles la nuit, restos les pieds dans le sable et week-end thalasso. Elle menait la grande vie, avec son daddy. Bien sûr, j’attendais avec impatience qu’elle détaille leurs rapports sexuels. Et quand elle l’a fait, tout a pris sens. Trois orgasmes. En dix-sept minutes. Son vieux schnock lui avait donné trois orgasmes. Presque plus que mon Womanizer n’en était capable, presque plus que mon clito ne pouvait en supporter. Elle racontait comme il la faisait jouir sans même la pénétrer, comme il plaçait ses doigts délicatement
Ce jour où on m’a tiré … les cartes

Samedi 3 septembre. Des jours que j’étais en boucle sur le sujet qui nous inspire tous le plus : l’amour. J’avais passé une semaine de merde. Merde que j’avais pratiquement complètement inventée, trouvant son origine dans un message sans émoticône ou une non-réponse de plus de 24 heures. Mais moi, ce genre de comportements me suffit à m’enfouir dans ce que j’appelle : EL TUNELO. Pour les non bilingues (et pour ceux qui le sont et qui savent que « tunnel » se dit “túnel”) : LE TUNNEL. Le tunnel, c’est simple. C’est là où tu te retrouves quand tu vrilles. Totalement. Quand un « non » par texto devient un « je veux qu’on se sépare », quand un sourire à la boulangère devient un « c’est sûr, il me trompe avec elle » et quand un « je vais boire une bière ce soir avec des potes » devient un « tu passeras toujours après eux ». Le tunnel, c’est ce fameux moment où ton cerveau décide de partir en roue libre, en impro de hip-hop et que, mauvaise nouvelle, il s’avère champion du monde. Depuis quatre ans. Dans toutes les catégories. Et tous âges confondus. Bref, le tunnel, c’est quand tu te transformes en folle à lier, et que rien, RIEN ne peut te faire revenir à la raison, à part toi. Moi, le tunnel, je le vois souvent arriver de loin. La plupart du temps, ça part d’un mot lâché inconsciemment. Ou d’un mot jamais dit. En somme, ça naît d’un tout petit détail… Lui, l’autre, celui qui a encerclé ton cœur, il capte rien. Absolument rien. Toi, tu vas prendre la situation et la décortiquer. Des heures. Toute seule. Cette étape est importante. C’est celle de la fermentation. Enfermée dans ton pot, tu rumines et tu bouffes la merde que tu es en train de créer pour en sortir une encore plus belle. Et tu continues, jusqu’à ne plus pouvoir respirer. À ce moment, tu as un élan de survie. Mais cet élan, il ne te donne pas l’intelligence de contacter la personne qui pourrait y mettre fin en une seconde et demie. Non. Tu appelles plutôt ceux qui ne vont rien arranger : tes amis. Évidemment, ils sont de bon conseil. Mais pour ça, encore faut-il que tu leur donnes les éléments. Les vrais. Et cette fois, ce n’est pas de ta faute. Toi, tu aimerais leur fournir tous les détails, objectivement, mais, sans même le vouloir, tu ne retiens que le négatif. Négatif qui justifie ton comportement. C’est ainsi que tu es dans le tunnel, pour de vrai. Et là, tu ne peux compter que sur toi pour t’en sortir. Personnellement, j’essaye de ne jamais y rester plus d’une semaine. Dans l’idéal, trois jours. Premier jour : j’achète des clopes, du Coca, de la junkfood et je rumine dans mon lit. Deuxième jour : j’enchaîne les vocaux à TOUS mes potes pour qu’on critique ensemble. Troisième jour : je lui envoie un texto qui s’apparente à un mail de thésard avec arguments et contre-arguments. Et après, je sors du tunnel, persuadée que, je cite, « de toute manière, j’en ai rien à foutre de lui ». En cette semaine de début septembre, j’étais dans le tunnel. Un joli tunnel, fabriqué de toutes pièces par mon cerveau, en quelques heures seulement. Plus efficace que dix Portugais réunis (oui, c’est raciste ; mais j’ai du sang portugais, ça me donne des droits). Et, alors que toutes les interrogations se culbutaient dans ma tête, j’ai commencé à m’en remettre à un autre : l’univers. J’avais, là aussi, plusieurs techniques. Je posais une question, lançais une pièce et attendais qu’elle tombe du côté face pour me donner un « oui » ; si je voyais une voiture rouge, ça annonçait du positif ; et je mettais un papier avec une interrogation sous mon oreiller en espérant voir la réponse apparaître dans mon rêve. Me jugez pas… Si vous n’avez jamais fait ça, grand bien vous en fasse, c’est que vous n’avez jamais connu el tunelo. J’ai tout tenté. Mais l’univers ne voulait rien me dire. Ou je ne souhaitais pas vraiment entendre. Alors, je suis passée à la vitesse supérieure. J’ai sorti mon tarot de Marseille. C’est un don que j’ai. Depuis toujours, je tire les cartes : j’ai prédit la grossesse de ma sœur, la rencontre d’une pote avec son mec et le nouveau job de ma tante. Je suis pas trop mauvaise. Sauf en ce qui me concerne. Lorsque je tire les cartes pour moi, elles ne disent que de la merde. Ou, encore une fois, je n’arrive pas à les comprendre. C’était évident : j’avais besoin qu’on m’aide. Dans le fin fond de ma mémoire, je me souvenais d’une Madame Irma qui m’avait prédit mon avenir. Pour être honnête, je n’avais pas vraiment été convaincue. Les réponses s’étaient avérées prévisibles et légèrement trop faciles. Mais, cette fois, toujours enfermée dans mon tunnel, j’aurais pris n’importe quoi pour m’aider. Et surtout n’importe qui. Le samedi 3 allait donc être le moment où je sortirais d’el tunelo. J’avais rendez-vous dans son cabinet. Un endroit un peu insolite, au milieu d’une zone commerciale, entre un magasin Action et une salle de sport Fitness Park. À première vue, pas vraiment le lieu où je pensais la retrouver. Et pourtant. Entre ces deux géants, une petite porte donnait accès à une salle d’attente beaucoup plus cosmique. Encens, bougies, foulards étendus sur les murs, prospectus de méditation sur la table basse… À peine me suis-je assise qu’elle est apparue. Madame Irma. Ou Corinne, pour plus de réalisme. La Coco m’a invitée à la rejoindre. Elle, elle était très simple. Des talons compensés en jute très laids, un jean taille basse dont l’arrière laissait croire qu’elle s’était assise dans de la farine et une marinière terminée par de la dentelle. Elle n’avait rien d’une voyante ou d’une diseuse de bonne aventure. Et pour cause… aucune bonne aventure ne nous attendait. Je me suis installée devant elle, admirant la boule de cristal qu’elle avait en guise de décoration. — Je ne la lis pas, a-t-elle précisé. Elle a sorti ses cartes en
Ce jour où j’ai eu plein de projets
Dans ce podcast, je vous confie mes nouveaux projets en totale exclu parce que je me prends pour Queen B alors qu’en faisant ce podcast j’avais cette tête :
Ce jour où j’ai découvert les petits culs

Lundi 4 octobre 2021. Je m’étais fait une promesse : celle de me reprendre en main. Il faut dire que les mois qui avaient défilé s’étaient avérés compliqués. Ma situation avait beaucoup évolué en une année : j’avais démissionné, troqué mon appart parisien pour une maison en campagne et je passais souvent mes journées seule. Tout avait changé. Et mon corps aussi. J’avais pris du poids. Et là n’était pas le problème. Le problème, c’était tout ce qui en découlait : je me détestais. Je ne prenais plus soin de moi, de mes ongles à mes cheveux ; je négligeais chacun de mes vêtements quand je prenais la peine d’en mettre. Et le pire, c’était que je n’arrivais plus à me ressaisir. Je subissais, trouvant des excuses à chaque bouchée, à chaque squat manqué. Mais en septembre, je suis partie en tournée, à votre rencontre. Sur chaque photo, je me voyais et me flagellais. C’était décidé : à mon retour chez moi, je reprendrais les choses en main. J’avais déjà le plan en tête. Je commencerais avec l’équitation que j’avais arrêtée depuis des années, j’enchaînerais avec la danse que je voulais essayer depuis toujours et, coup de poker, j’attaquerais les burpees dans une salle de sport. Ça, ce serait sans doute le plus difficile. Parce que je m’imaginais débarquer là-bas, voir tous les regards me juger, monter sur une machine que je connaissais à peine et entendre les chuchotements critiquer ma technique. Dans ma petite cervelle, à la salle de sport, il n’y avait que des connards bodybuildés et des pétasses impeccablement gaulées. Je n’avais pas tort. Sauf sur la partie connards et pétasses. Car en réalité, ils sont comme moi. Mais en mieux. Dans cette fameuse salle, j’ai croisé des gens parfaitement foutus, parfois même trop. Tous les clichés y étaient réunis : de la meuf au cul aussi dur que mon âme en passant par l’homme aux bras surdéveloppés et aux jambes de poulet, jusqu’à celle en surpoids qui se bute au cardio. La dernière, c’était moi. En sueur, mes poumons à l’agonie, je me contentais de faire ce que je connaissais pour commencer : le tapis. En réalité, je n’ai essayé que ça pendant des semaines. Au moins, mon cardio était bon. Et puis, au tapis de course, je lui dois une chose : son positionnement. Parce que la partie cardio, elle surplombe toute la salle, permettant une vision à 360 °. Un pigeon. J’étais un pigeon. Et le pigeon, il venait de trouver ses graines. Autour de moi, des dizaines de mecs plus canon les uns que les autres. Parfois même trop. Oui, c’est possible. Moi, j’aime les hommes beaux, mais j’aime encore plus les hommes qui ont du charisme, de l’humour, de l’intelligence et surtout, surtout, du charme. Et eux, ils en avaient peu. Ils étaient l’archétype de la beauté. Celle qu’on idéalise, qu’on fantasme, qu’on met dans nos rêves ou au mieux dans nos lits, mais qu’on ne garde pas pour les barbecues entre potes au bord de la terrasse un soir d’été. Du coup, si mon clitoris les validait, mon cœur, lui, restait perplexe. Jusqu’à ce qu’il débarque, celui qui allait conquérir ma chatte, mais aussi mon âme : LE BOXEUR. C’était un soir comme un autre. Brassière qui soutient mes gros nichons, cul moulé dans le legging et écouteurs dont les fils s’emmêlent aux oreilles, je passais avec fierté ma carte pour aller muscler mon corps (déjà) de rêve. Et, à ma grande surprise, je suis restée bloquée devant la porte, mon pass m’interdisant l’accès. C’est à ce moment qu’il est apparu, comme un sauveur, glissant sa main contre la mienne pour m’aider à entrer. « Mais entre, bébé, les portes sont grand ouvertes », avais-je envie de lui crier. Mais je me suis contentée d’un sourire, sans doute beaucoup trop crispé. Car il m’avait plu. Il était grand, mais pas trop ; musclé, mais pas bodybuildé ; beau, mais surtout charmant. Casquette à l’envers, gants de combat à la main, je venais de le comprendre : il était le nouvel homme de ma vie. Oui, j’en ai plusieurs, et très régulièrement. Probablement un toutes les deux semaines. Je peux tomber amoureuse en un regard. Et, histoire de simplifier la tâche, l’oublier à l’instant même où je lui parle. Ce que j’aime, c’est le fantasme que je crée autour de ces hommes, et le boxeur n’allait pas y échapper. Pendant des jours, je l’ai maté. J’analysais ses comportements, ses séances, ses attitudes et j’étais même jalouse des textos qu’il envoyait sans arrêt. Oui, il devait avoir une meuf. Peut-être deux ou trois. Je le voyais tapoter aussi vite que je me vexais, sourire devant son écran et partager ses discussions à ses potes. C’était le signe : je devais agir. Ça, ce n’est pas mon truc. Je vous l’ai dit, mon truc à moi, c’est d’attendre sagement que rien ne se passe. Parce que, ne nous mentons pas, ces mecs-là ne nous captent jamais, encore moins quand notre technique d’attaque est justement de les ignorer au maximum. C’était donc évident : si je ne me bougeais pas, les bras musclés de mon boxeur ne me serreraient jamais avec amour et sa bite puissante ne me transpercerait jamais avec passion. Je devais me faire violence, pour l’amour du cul. J’aurais pu me contenter d’aller le voir, lui demander s’il pouvait me coacher, en profiter pour prendre son numéro, caler un premier entraînement et lui sucer la teub entre deux uppercuts. J’aurais pu faire ça. Mais j’ai préféré laisser l’artiste opérer. Alors qu’il entamait une course effrénée sur le tapis, je me suis installée à ses côtés, remerciant le dieu du sport de m’avoir gardé une place libre. C’était une bénédiction. L’univers était avec moi… enfin, presque. J’ai retiré mon t-shirt pour laisser apparaître mes bourrelets et mes gros nichons, attaché mes cheveux qui, trop courts, se barraient dans tous les sens et me suis essoufflée après seulement trois minutes de course. Sans grande discrétion, je lui ai souri en espérant qu’il amorcerait la discussion. Il n’en a pas eu
Ce jour où j’ai subi ma rentrée
Ce jour où je suis partie en tournée
Ce jour où je suis partie en tournée Aujourd’hui. Jeudi 8 septembre 2022. Je pars en tournée. Cette aventure folle durant laquelle je vous rencontre pour dédicacer vos livres. Et c’est déjà la troisième fois. Cette troisième saison a un goût de douceur, d’amour, de réconfort. D’abord parce que maintenant, je suis rodée, je connais l’itinéraire, comment ça se passe et ce que je dois faire. Mais surtout parce que je vais partager cette tournée avec mon papa. Et ça, c’est trop cool. Lui, il pense qu’il part en vacances… Il ne va pas être déçu. Parce que même si la tournée est un moment incroyable, de rencontres, d’émotions, de rêves qui se réalisent, c’est aussi beaucoup (beaucoup) de galères. Un van qui s’enfonce dans de la boue au milieu d’un champ à 1 heure du matin après une journée de taf, des bites de naturistes au vent, des boites à caca impossibles à vider, une batterie qui lâche, des embouteillages, des parkings trop petits… Que des galères. Mais ces galères, vous les avez déjà toutes découvertes avec mes vidéos du Nono Show (si tu ne les connais pas, c’est par ici). Alors, plutôt que de ressasser un passé que vous connaissez ou de vous raconter un futur dont nous ignorons tout, j’ai décidé de vous partager des moments dont je n’ai jamais parlé en story ni en vidéo. Ceux qui ne peuvent pas être dévoilés en public… Vous croyiez vraiment qu’il n’y avait pas de potins en tournée ? Bon, je préfère tout de suite vous décevoir : non, je n’ai jamais couché avec personne dans ce contexte. Quand bien même je l’aurais voulu, c’est impossible. Déjà parce que le rythme est tellement intense que je ne reste pas au même endroit plus que quelques heures et, surtout, parce que les seuls mecs que je rencontre sont soit gays, soit en couple (avec vous, bande de garces). Mais j’ai tout de même un petit top 3 des moments dont je n’ai jamais parlé. En réalité, ma première histoire, je l’ai déjà plus ou moins évoquée. Mais elle reste très gênante. Septembre 2020. Je commence ma première tournée. J’ai peur, je vais vers l’inconnu et je n’ai aucune idée de ce qui m’attend. Première date, comme à chaque fois : Rouen. Je débarque avec tout mon matériel, le kakémono, la valise de livres, l’appareil photo et ma bonne humeur. Je m’installe tranquillement et, petit à petit, je vous vois. Encore plus nombreuses que dans mes rêves. Le temps passe, on reste ensemble, et autour de moi se forme un cercle d’une bonne vingtaine de personnes. Je fais le show, celui que vous aimez tant ; je parle fort, je rigole et je vous en fais profiter. Et puis, derrière vous, un homme au sol semble faire des pas de hip-hop. Évidemment, l’occasion est trop belle. Je ne peux pas m’empêcher de lâcher une vanne : « Alors lui, il se fait pas chier, il vient faire son spectacle de rue juste à côté de ma dédicace. » À cette remarque, vous vous retournez. Toutes. Avant que l’une d’entre vous ne m’arrête enfin… « Non, Noëllie, il ne fait pas de spectacle de breakdance… Il est handicapé, il est simplement tombé. » Cet instant, même si c’était une erreur d’analyse de ma part, restera l’un des moments marquants et gênants de mes tournées Bien que l’anecdote Rouen soit croustillante, je vous l’accorde, elle manque de potins. Ne vous en faites pas, la folie marseillaise va vous en apporter. Cette fois, nous voici donc en septembre 2021, tournée 2.0 dans le sud de la France. Je dois vous avouer que cette partie du pays n’a pas vraiment mon affection. Je suis une fille du Nord. Et à ça s’ajoute le fait que mon ex est marseillais. L’un dans l’autre (et je ne parle plus de mon ex), la date de Marseille s’annonçait inévitablement mauvaise. Déjà, il faisait chaud, j’étais moite, je ne trouvais pas de place pour me garer avec mon van et tout le monde conduisait comme une merde. De mémoire, j’avais même mes règles. Bref, rien qui puisse me mettre en confiance. Et je n’avais encore rien vu… Une fois enfin installée, prête à vous accueillir, je l’ai rencontrée… celle qui n’allait rien arranger. Plutôt petite, les cheveux blancs, le nez un poil crochu et un sourire hypocrite sur le visage : Brigitte faisait sa grande entrée. Chère Brigitte, d’ores et déjà, désolée si tu lis ces lignes (parce que oui, elle rôde toujours). Mais sache que, ce jour-là, tu as été la pire lectrice du monde, que tu m’as gâchée toute ma soirée, que tu as puisé mon énergie et que, parce que je suis bien élevée et que je ne manque de respect à personne, j’ai bien fermé ma gueule. Car Brigitte, elle est arrivée dans les premières, elle a pris sa petite chaise et, durant deux heures, elle m’a fait chier. Elle me posait des questions qui me mettaient mal à l’aise, lançait des piques auxquelles je ne pouvais pas riposter puisque, si je l’enchaînais, j’allais passer pour une connasse et qu’absolument tout le monde me regardait et m’observait. Brigitte, c’est le style à te conseiller de « ne pas faire de troisième livre parce que c’est pas sur ça qu’on t’attend » ou qui « préfère ta voix en vrai parce que sur les vidéos, c’est strident et pas agréable ». Vous l’avez compris, Brigitte, c’est la belle-mère qui a une manière très particulière d’aimer les gens, celle qui te fait des compliments pour mieux cacher les tacles. Sauf que, mauvaise nouvelle, Brigitte, tu es très nulle à cache-cache, et tes tacles, je les prenais en pleine gueule. Installée derrière ma table, je n’avais qu’une envie : lui rentrer dedans. Évidemment, je n’ai pas pu. Ni lui répondre ni en parler en vidéo ou en story. C’était ma pire date. Et l’une de mes plus grosses frustrations. Et enfin, le top 1. Bordeaux avec Noholito. Pour ceux qui ne le connaissent pas… eh bien, il est temps de sortir de chez vous. Noholito,
