Ce jour où j’ai lancé une collection de bijoux

16 novembre 2022. Dans ma boite mail, Mélanie apparaît pour la seconde fois en quelques semaines. Mélanie, c’est la fondatrice d’Aphaëla, une marque de bijoux éthiques, fabriqués en France et surtout très beaux. Mélanie, elle me contactait pour bosser avec moi. Mélanie, elle m’a eue grâce à son travail, ses ambitions et son envie de réussir. Mais surtout, elle m’a eue grâce à son sérieux. Parce que Mélanie, elle a popé dans ma vie avec un mail pro, qui proposait un budget et un vrai projet. Mélanie, elle avait les codes des grands, dans une petite entreprise. Et ça, j’aime. Dans son mail du 16 novembre, elle me parlait d’un truc fou : créer une collection capsule. Au début, je n’ai pas hésité. Une nouvelle expérience. Tout pour me plaire. Et puis, je l’avoue, j’adore les bijoux. Pas ceux qui brillent fort, qui coûtent cher ou qui portent le nom d’une grande marque. Pas ceux-là. Moi, j’aime les petits bijoux, souvent de créatrices, que tu trouves dans les magasins, qui trônent dans les stations balnéaires ou que tu vois sur toutes les photos Instagram. Oui, ne nous mentons pas, beaucoup se ressemblent. Pour être honnête, je ne pensais pas faire mieux. Mais au moins tout aussi bien. Alors, j’ai accepté, pleine d’ambition. Puis, après que mon égo s’est emballé, ma conscience a refait surface. Et finalement, j’ai douté. J’ai douté d’être la bonne personne. Parce qu’après tout, Lamoinsbonnedetescopines, on ne la suit pas pour ses goûts vestimentaires, ses tutos make-up ou, très justement, ses bijoux (même si, ne nous mentons pas, vous me demandez régulièrement mes références de grande influenceuse. Souvent sur mes rouges à lèvres. Les filles, sachez-le, je n’ai aucune idée de ce que je me fous sur les lèvres… si ce n’est le gland de votre frère. Oui, elle était facile. Mais nécessaire). Alors, j’ai hésité. Fort. J’ai eu peur de vos réactions. Et si on me critiquait pour sortir des sentiers battus et tenter des choses dans lesquelles je n’ai aucune légitimité et expertise ? Le doute n’a pas duré longtemps. Parce que franchement, flemme de douter. Après tout, dans le pire des cas, le projet ne plait pas et on n’en parle plus. Et puis, c’est égoïste mais sincère : je n’avais absolument rien à perdre. Pour moi, c’était que du plus, là où Mélanie, elle, prenait un risque. Elle, elle investissait de l’argent, évidemment. Moi, uniquement mon image et, sur ce coup, je n’avais aucun doute sur la qualité du travail. En soi, il fallait foncer. Nous sommes donc parties pour ce projet fou. Calls, prototypes, petits galères… Les semaines se sont enchaînées et on a gardé le cap, jusqu’à la sortie qui aura lieu cet été. Oui, mais, parce qu’on est des filles bien (et surtout parce qu’il faut qu’on s’organise), on propose des précommandes le 2 avril. Et parce qu’on est VRAIMENT des filles bien, on vous offre 5 € sur celles-ci. Et parce qu’on est VRAIMENT, VRAIMENT des filles bien, et pour vous remercier de me soutenir avec ce blog — et, avouons-le, dans beaucoup de mes projets fous —, on vous offre, à vous uniquement, les frais de port. Oui, mais, pourquoi acheter nos bijoux en particulier ? Laissez-moi vous expliquer. Je l’avoue, mon préféré, c’est le collier Gueuse. Bon, j’aime aussi trop la bague, mais merde, sur le collier, il y a écrit « Gueuse ». Qui aurait cru que j’aurais un jour une chaîne avec ce mot que j’affectionne tant ?! Voici l’histoire qui raconte pourquoi un bijou peut tout changer. Il y a quelques années, j’ai passé la soirée avec un groupe d’amis dans un bar et un + 1 qui ne me laissait pas indifférente. Ce mec, c’est celui qui plait vraiment, avec un gros charisme, qui fait rire les filles et qui rend jaloux les hommes. Ce genre de mec que tu admires, mais devant qui tu bégayes. Durant toute la soirée, je l’ai maté et j’ai secrètement espéré qu’il vienne me parler. Des heures à le regarder, à sourire à ses blagues que toutes les autres aimaient aussi et à attendre. Attendre, encore et encore, qu’il attaque. Et, il est arrivé, ce moment… grâce à mon collier. 22 h 32. Ou peut-être 23 h 6. À dire vrai, je n’ai aucune idée de l’heure qu’il était, mais ce qui était certain, c’est que j’avais déjà au moins trois bières dans le bec. Et apparemment, à en croire mon crush, ce qu’il s’apprêtait à nous offrir n’allait rien arranger. Car, dans la folie de la soirée, il s’est levé et, comme le gentleman qu’il était, a proposé de payer sa tournée. J’aurais aimé qu’il me tourne moi, c’est certain. Mais lui, il pensait juste à des shots. Sous la contemplation de tous, il s’est dirigé vers le bar et, euphorisée par l’alcool, quelques minutes après, j’y suis allée moi aussi. Le problème, c’est que je me suis retrouvée à côté de lui sans rien dire, sauf pour répondre à sa question : — Tu veux autre chose qu’un shot, peut-être ? — Euh, non, t’inquiète, je viens juste t’aider. Il a souri et n’a pas relancé. Évidemment. Jusqu’au moment où son regard s’est posé sur mon collier. C’était une chaîne dorée, avec une clé. C’est CETTE clé qui a tout changé. Car forcément, elle a attiré son attention. Il l’a attrapée du bout des doigts et a demandé : — C’est la clé de ton cœur ? De lui ou de moi, je ne sais pas qui était le plus beauf : celle qui portait une clé autour du cou ou celui qui posait cette question débile. Mais, qu’importe la réponse, ce qui comptait, c’était qu’il m’avait parlé, et ce grâce à un bijou. Sans vous spoiler — même si vous vous en doutiez —, il ne s’est absolument rien passé avec ce mec MAIS, dès le lendemain, j’ai fait mon étude sociologique sur ce qu’il s’était passé avec ce collier. Malheureusement, ma mémoire de poisson m’empêche de me rappeler le nom de la théorie ; toutefois, je me souviens du fond. Pour faire simple,

Ce jour où j’ai écrit sur mon premier amour

Mardi 7 janvier 2023. 19 h 01. Moi assise à mon bureau, Gégé dans son panier gavé à la pâté, mes doigts qui défilent sur le clavier et une pensée improbable. Une pensée pour mon ex. Le premier. Guillaume, de son petit prénom. Guitou pour les intimes. Et j’ai essayé de comprendre pourquoi, après presque quinze ans, il revenait dans ma tête. Il y a quelques jours, j’ai vu une psy. Une psy quantique. En réalité, je ne sais pas vraiment ce qu’est une psy quantique. Mais dans psy quantique, il y a psy. Et ça, je connais. L’idée du psy quantique, sauf erreur de ma part, c’est de vous écouter et de se connecter à vous. Comme s’il existait entre lui et vous un lien invisible, il plonge dans votre cœur, même à distance, et parle à votre place. Moi, sans surprise, mon cœur, il est facile de s’y noyer. Après une heure, j’avais une liste longue comme la bite de Rocco et de quoi réfléchir pendant des jours. Mais il y avait pourtant un mot qui avait retenu mon attention : Orangina. D’après cette psy, j’étais comme une bouteille d’Orangina. J’avais tellement secoué le bordel que la pulpe restait dans le bouchon — en d’autres termes, les ruminements dans la caboche — et n’arrivait plus à redescendre au niveau du cul, et donc à m’apaiser. J’avais tant réfléchi que je ne savais plus faire que ça, à mon grand détriment. Et c’est ainsi que cette pulpe qui défonçait chaque cellule de mon cerveau a fait apparaître Guillaume dans ma vie. Et pour cause. Ce Guillaume — que nous pourrions appeler Paul pour protéger son image, mais comme je m’en tape de son image, je vais l’appeler Guillaume —, c’était un sacré connard. Bien malgré lui, j’imagine. Car quand nous nous sommes rencontrés, nous avions 17 ans. Et, malheureusement pour lui comme pour moi, à 17 ans, tu n’as pas beaucoup de recul sur les choses. Reprenons depuis le début. À 17 ans, au lycée, votre Nono nationale était donc amoureuse de Guillaume, le mec un peu stylé du bahut, bien que pourtant loin d’être un top model. Mais voilà, Guitou, il avait un truc. LE truc qui fait craquer les filles : la tchatche. Il savait parler, il avait du bagout et c’était bien la seule chose qui le sauvait. Même si ça m’arrache la gueule de le reconnaître, Guitou, il était charismatique, drôle et sûr de lui. Le genre de gars qui plaît à 17 ans. Celui qui se rebelle devant les profs, qui n’est bon qu’au sport et qui sèche le reste. Le badboy qui faisait craquer la Noëllie de 17 ans, pucelle, qui avait à peine embrassé un mec, qui était deuxième de la classe depuis toujours et qui n’aurait manqué un cours pour rien au monde. Et, coup du sort, comme dans ce qui aurait pu être un film romantique, je plaisais à Guitou. Après deux mois d’attente, décompte au bout duquel il a pu m’embrasser pour la première fois (me jugez pas), et des heures à m’autocoacher pour lui faire confiance, j’y suis allée. C’était fait. Janvier 2009 : Guitou et moi étions en couple. Les six premiers mois ont été magiques. Le premier amour, celui qui te met des papillons dans le ventre au moindre texto, qui te fait mouiller juste quand tu le vois et devant lequel tu bégayes. Finalement, un amour tout court. Oui, mais avec le premier amour, il y a une chose qu’on n’a pas avec les suivants : l’innocence. Moi, je donne en amour. Tout. Je suis ce genre de nana qui s’oublie complètement quand elle est piquée, qui ne vit que pour l’autre, qui fait mille surprises et qui réclame de l’attention H24. En réalité, je ne sais pas vraiment si j’ai toujours été comme ça ou si c’est lui qui m’a fait devenir cette meuf. Parce que Guitou, après nos six premiers mois de lune de miel, il a commencé à être con. Très con. Le genre qui te pousse à tout remettre en question. Mais pas dans ton couple. Non. Dans toi-même. C’est à partir de ce moment que j’ai été mal ; ou, selon ses mots, j’ai été chiante. Car moi, je venais d’avoir le bac et je partais en médecine. Lui, il n’avait rien eu. Si ce n’est une petite dépression. Mais ça, à l’époque, je l’avais pas compris. Moi, je pensais que j’étais le problème. Et tu le vois arriver… Quand t’es amoureuse et que tu penses être le problème, tu deviens le problème. Parce que tu demandes de l’attention, tu demandes à être rassurée, tu demandes à être aimée. Sauf que l’autre — amoureux ou non — est incapable de t’apporter ça, car déjà pas capable de s’aimer lui-même. Mais ça, une fois encore, je n’en avais pas conscience. Alors intervient le pire : le cercle de merde. Ce cercle, c’est un cercle qu’on connaît tous. Moins tu as, plus tu veux, plus tu réclames et encore moins tu as. Ajoute à ça le fait que Guitou était particulièrement con, et tu tombes sur mon premier amour. Ce mec, il était déprimé, donc aujourd’hui, je suis capable de lui pardonner beaucoup de choses. Il passait ses journées enfermé chez ses parents, dans sa chambre, à jouer à des jeux vidéo ou au basket, à voir des potes et, rapidement, il a commencé à fumer. Bref, un joli sac de crotte dans lequel il s’était emprisonné. Mais, outre cette déprime qui le bouffait, il était méchant. Vraiment. Ce mec, il m’insultait régulièrement. J’étais une salope, une connasse, une pute. Moi qui, pour rappel, avais attendu un délai pour l’embrasser. On connaît plus efficace comme pute. Et puis, classique, tout était toujours de ma faute, je n’étais jamais supportable, « pas plus de trois jours en tout cas » et « surtout jamais les week-ends ». Et je me contentais de ça, moi qui étais déjà une meuf incroyable. À ce moment, j’étais en médecine, je travaillais comme une acharnée. Les étés, je

Ce jour où j’ai eu la gastro

Vendredi 27 janvier 2023. L’envie furieuse de ne pas rentrer à mon appartement et de retrouver mes amis, alors même que je venais de dormir chez l’un d’eux. Comme un saut dans le temps, j’ai renoué avec mes passions d’antan, lorsque, culotte dans le sac et brosse à dents qui avait ramassé toutes les pelures de mon sac, je voguais de lit en lit, squattant chez mes potes après des soirées étudiantes trop arrosées. Oui, c’était toujours chez des potes, malheureusement pour ma chatte. (Même si, je me souviens encore de cette nuit, où sans raison apparente, je suis partie rejoindre Quentin. Il mérite bien une parenthèse. J’avais 20 ans à peine et je venais de me séparer de mon premier amour. Il était grand, très grand, un basketteur aux larges épaules qui séduisait toutes les filles en STAPS, en commençant par moi. Ce qui est drôle, c’est qu’avec ce Quentin, nous étions ensemble en primaire. Mais à cette époque, il avait le bide aussi gros que mon cul et surtout, des mains aussi petites que son courage. Bref, en somme, il ne m’avait pas séduite. Mais cette fois, j’en suis tombée amoureuse dès que je l’ai revu. Je lui ai couru après pendant des jours, des semaines et, malchanceux qu’il était, il habitait à une rue de chez moi. Avec les hommes, j’ai toujours été très timide. Sauf la nuit. La nuit, comme si une pulsion animale animait mon corps, je me révèle. C’est ainsi que je me suis retrouvée, à trois heures du mat’, à le harceler par SMS en insistant fortement pour le rejoindre chez lui. Le pauvre homme, la bite en folie devant mes avances mais la tête peu attirée, a fini par accepter. Moi, j’étais chaude. Je me suis rapidement retrouvée à califourchon sur l’animal, à lui rouler des pelles endiablées, avant qu’en plein milieu, il ne m’arrête en me disant : « Noëllie, je suis désolée, je pense à une autre fille. » Un beau moment. Un très beau moment. Quatre heures du mat, je suis rentrée chez moi la culotte trempée et l’égo noyé.) Ce vendredi 27 janvier, je quittais donc un ami pour en rejoindre un autre. Autre que vous connaissez bien, car il s’agit d’Alex que vous voyez régulièrement, que vous aimez (ou pas d’ailleurs) et qui est une personne exceptionnelle. Si exceptionnelle que même malade, il m’avait invitée chez lui. Sur le papier, il m’avait décrit une intoxication alimentaire. Je cite : « Un petit restaurant turc qu’on a testé la veille et qui n’est visiblement pas passé. » Une nuit de vomi, un dodo de vingt heures et, bien que barbouillé, il semblait enclin à m’accueillir. J’ai donc débarqué, prête à lui donner mon énergie. Si la journée s’est finalement bien déroulée, c’est le soir que tout a basculé, lorsque son amoureux, Geoffrey, est rentré du travail. Moi, j’étais toujours très en forme (cf. l’impro d’Omar Sy). Très, très en forme. Ce genre de forme où je suis en monologue à raconter en détail le dernier texto que j’ai reçu d’un crush pourri qui n’a, évidemment, pas fait ce qu’il fallait. Dans ces moments, rien ne m’arrête. Rien, sauf Geoffrey qui, entre deux parts de pizza, nous a confié qu’il fallait qu’il s’éclipse. Vite. Vraiment vite. En quelques secondes, on l’a vu s’enfiler l’escalier pour foncer jusqu’aux toilettes et entendu se vider entièrement d’un coup avant de redescendre le teint blafard, accompagné d’Alex qui s’était précipité à son chevet. Et moi, au milieu de tout ça, je suis restée assise, Coca dans une main, pizza au chèvre dans l’autre, à comprendre. Comprendre que moi aussi, j’allais y avoir droit. Parce que d’abord, il était peu probable que ce soit une intoxication alimentaire plus de 24 heures après, et surtout, surtout, parce que j’allais passer la nuit entière chez eux, au milieu de leurs microbes, microbes qui devaient déjà être en train de danser la Carioca dans mes intestins en se tapant leur meilleur check. Et puis, je dois vous avouer un secret. La gastro et moi, c’est une belle histoire d’amour. Depuis toujours, j’ai la chiasse. Disons-le clairement. Anxiété, stress, microbes, tout est une raison pour déféquer de travers. En Afrique du Sud, j’ai chopé la tourista. En vacances à Montpellier, j’ai mangé un melon pas frais et j’ai investi les chiottes pendant toute une journée. En Australie, je suis restée sous la douche trois heures à me vider du cul. Et chaque mois, pendant mes règles, je perds autant d’un trou que de l’autre. Bref, c’est un cataclysme dans mon anus, dès qu’il le peut. Alors, j’ai été honnête avec moi-même : je n’y échapperais pas. Je me suis donc couchée dans ce lit d’ami, pas trop loin des toilettes, prête à agir s’il le fallait. Et à ma grande surprise, rien. Au petit matin, toujours rien. Durant toute la journée du lendemain, alors que je vaquais à mes occupations entre sorties avec mon neveu, resto avec ma sœur et ciné avec mes potes, toujours rien. Un miracle. C’était un miracle. Jusqu’au moment du coucher, une fois rentrée, dans mes propres draps. La colère de Dieu s’est abattue. D’abord, il m’a laissée m’endormir, tranquillement, me persuadant que j’y avais échappé. Et puis, au milieu de la nuit, je l’ai senti arrivé. Mais, comme un coup du sort, ce n’était pas l’anus qui parlait. Non. C’était l’œsophage. J’avais envie de vomir. En quelques secondes, je me suis retrouvée à courir jusqu’aux toilettes et me suis vidée. Toute la nuit. J’ai multiplié les allers-retours, me gerbant parfois dessus, tentant une bouillotte ou restant sous la douche, n’ayant plus rien dans le ventre et les larmes aux yeux. J’ai cru y passer. Je me suis blottie dans mes draps, attendant le lever du soleil comme un sauveur. Mais même lui n’y pourrait rien. J’ai à peine dormi ; j’avais le ventre vide mais sans aucune faim, la tête qui bourdonnait et le cœur lourd. C’était une gastro. Une gastro-vomi. Je me suis levée avec peine et j’ai passé

Ce jour où j’ai dit la vérité sur 387 jours

Vendredi 20 janvier. Je suis assise à mon bureau, soleil qui frappe la fenêtre et champs à perte de vue. Et sur le côté, 387 jours. Mon œuvre. Mon bébé. Ma fierté. Je le regarde du coin de l’œil et je le feuillette. Je dois vous dire la vérité : je ne lis JAMAIS. Enfin, presque jamais ; depuis peu, j’essaie de m’y remettre. Pour arrêter le téléphone. Mais ça, je vous en parlerai une prochaine fois. Et je lis encore moins mes livres. Surtout 387 jours, le premier, celui qui a probablement le plus de défauts. Oui, mais voilà : à ce moment, j’ai envie de me rappeler. Parce qu’à dire vrai, j’ai une anecdote assez chaotique. Été 2020, seulement quelques semaines après sa naissance, 387 jours a commencé à vivre grâce à vous, de manière inattendue. C’était un rêve, un rêve qui se réalisait. Dans mes messages privés Insta, je le voyais dans vos mains, en photo sur la plage ou à l’autre bout du monde. Il devenait ce pour quoi il avait été créé. Mais surtout, vous me donniez vos avis. Des avis parfaitement structurés, construits, qui avaient du sens. Et puis, je suis tombé sur LE message. Celui qui me disait, pour faire simple, que « Didier est le personnage le plus cool ». À cet instant, dans ma tête, un choc. Impossible de me rappeler qui est Didier. J’ai écrit TOUS les mots de ce livre, je les ai relus encore et encore, et pourtant, je ne me souvenais pas de ce personnage. Comme un trou noir. Et alors, au lieu de me taire et de simplement remercier cette lectrice, j’ai répondu : « Didier ? » C’est elle qui m’a redonné le contexte et, soyons honnêtes, elle doit encore penser que je sous-traite quelqu’un pour rédiger mes romans. Pour mon égo, je me suis persuadée que, lors de l’écriture, je suis en transe et que, par conséquent, j’oublie tout ce que je pose sur la feuille blanche, comme un don qui reste enfermé dans les pages. La réalité, c’est juste que j’ai une mémoire de merde. Vraiment de merde. Alors, ce vendredi 20, quand j’ai vu mon livre sur mon bureau, j’ai eu envie de le relire. De m’offrir un simple rappel. Mais sincèrement, j’ai rapidement arrêté. Parce que c’est chiant et j’ai déjà dû le faire dix fois en deux mois avant la publication. Je ne voulais pas m’imposer ça de nouveau. En revanche, je dois lui octroyer une utilité : celle de me rappeler le passé. Car dans 387 jours, beaucoup de choses sont vraies… Et je sais que vos questions tournent souvent autour de ça. Alors, Mesdames, à vous qui avez fait vivre mon bébé, je vous dois aujourd’hui… la vérité ! Le premier élément de l’histoire qui est tiré de ma vie… Le fameux CHAPITRE 7 ! Oui ! Vous ne rêvez pas, c’est arrivé. Enfin, presque. Pour faire court, la course poursuite avec le flic et ce même flic qui m’a draguée, c’est vrai. Le tournevis dans le cul, c’est une invention (alléluia !). C’était il y a au moins dix ans, lorsque j’étais étudiante à Rouen. À l’époque, je prenais quotidiennement ma petite Fiat 500 rouge et j’allais en fac de droit. Un enfer. Mais ce jour-là, j’étais heureuse. Michael Jackson à fond dans la voiture, la tête dans la mélodie et le cœur dans la fête d’Halloween qui allait avoir lieu le soir. Vous avez deviné la suite. Un homme est venu frapper à ma porte passager, insistant fortement pour entrer dans ma voiture et prétextant être de la police. J’ai traversé les ponts de Rouen, grillé deux feux rouges et je me suis rapidement fait arrêter par les (vrais) flics. Mon regard d’ange et ma naïveté m’ont sauvé la mise, même si j’ai été escortée jusqu’au commissariat pour déposer plainte. À la sortie de mon entretien, et parce que l’histoire ne pouvait pas se terminer comme ça, le policier qui m’avait sauvée d’un viol probable m’a demandé mon numéro. Dans l’émotion, j’ai accepté, pour le revoir finalement le soir au bar, à peine déguisée en comparaison à mon ensemble intégral de vampire que j’avais prévu à la base, et me rendre compte du gros looser qu’il était. Avec tout ça, j’ai eu droit à un article dans le journal. Article que j’ai tenté de retrouver sur Google, mais je n’ai trouvé que des horreurs sur un flic ayant violé des prostitués et un chien de la brigade canine qui a été dévoré par un molosse. Autant vous dire que j’ai pas cherché plus. Désolée. Deuxièmement, la relation entre Gaspard et Charlotte. Hé oui… Tout est vrai. C’est d’ailleurs eux qui ont été la source de mon inspiration. Il y a quelques années, j’étais bien amourachée d’un homme qui, je le pensais, l’était également à mon égard. Pendant des semaines, j’ai tenté de le séduire et, comme vous l’avez compris, ce n’est pas mon fort. À tel point que j’ai appris par Charlotte que mon Gaspard lui avait avoué son amour. Un amour fou et passionnel. Un amour qu’il n’avait de toute évidence pas pour moi. Bien sûr, leurs noms ont été changés, mais dans les faits, beaucoup de choses sont similaires. Je ne suis pas certaine que ces deux protagonistes sachent qu’ils font partie des personnages principaux dans mon livre. Et, pour être encore plus honnête, cela n’a aucune importance car, mon Dieu, comme Mary, j’ai compris Gaspard n’était pas DU TOUT pour moi. Et, qui plus est, j’étais bien amoureuse de l’image que j’avais créée dans tête et non de la personne qu’il était réellement. En novembre 2019, Gaspard était donc dans ma vie et je commençais à écrire 387 jours sans avoir vraiment d’idée précise, si ce n’était que mon héroïne serait une sexologue sans rapports sexuels. Et puis, fin décembre 2019, j’ai appris pour la relation entre Charlotte et Gaspard. Après quelques heures à peine à me morfondre, j’ai compris. J’ai compris pourquoi tout ça avait eu lieu : pour pouvoir faire naître 387 jours. Tout le scénario m’est apparu. J’ai

Ce jour où mon ex est devenu fan

Mercredi 10 novembre 2021. Ou peut-être même 2001. Parce que c’est à cette époque que tout a probablement commencé et que mon ex est devenu fan. En 2001, quand mes blagues devaient viser les grains du bac à sable ou ma maîtresse de géographie un peu moche. C’est à ce moment qu’il a dû tomber dans mes filets… jusqu’à encore maintenant. Alors oui, certaines d’entre vous l’ont déjà entendue, cette histoire. Celle qui raconte que mon ex d’il y a quelques années est aussi celui de CE1, que notre romance aurait pu être un film qui se termine par « ils vécurent heureux », et celle qui n’a pas du tout été une comédie romantique, car la réalité était qu’il avait une passion pour mon anus et que je le soupçonne d’être gay. Cette histoire. Elle-même qui, vous le comprenez, mérite d’être l’une de mes plus bonnes. Reprenons donc depuis le début. Appelons-le Jean. Comme dans 387 nuits, il me semble (oui, je me souviens pas des noms que je donne à mes personnages, me jugez pas). Pauvre de lui, il s’agit toujours du même ex. Chères amies, c’est signe qu’il est grand temps pour moi de retrouver quelqu’un. Au moins pour ma créativité. Au plus pour ma chatte. Mais ça, c’est un autre sujet auquel, malheureusement, nous aurons bien l’occasion de nous confronter. Jean, était mon amoureux de CE1. Avec lui, j’ai découvert les bisous dans les buissons et les premiers papillons dans le cœur — et surtout dans la culotte. Jean, il était beau, gentil et un peu timide. Jean était mon crush de CE1… avant de devenir celui de la fac. Quelques années plus tard, en 2015 probablement, je cherchais l’amour. Ou quelqu’un. Ou quelque chose. Et quel autre meilleur endroit que Tinder pour ça ? Je n’ai jamais apprécié les applis de rencontres. C’est pas pour moi. D’abord, parce que souvent, c’est pour du cul. Et moi, le cul, je suis pas très à l’aise. Et surtout, parce que les discussions sont stériles, inintéressantes et pompeuses. Mais j’étais sur Tinder. Je swipais en plein cours de sociologie et, au détour de deux connards, je l’ai reconnu. Lui et sa chevelure blonde, ses traits fins et son corps élancé. Jean. Jean était dans mon Tinder. Évidemment, comme la règle l’impose, j’ai swipé à droite. Pour celles qui ont la chance de ne pas connaître Tinder et qui ont besoin de sous-titres : j’ai accepté que nous parlions ensemble. Très vite, la discussion s’est enclenchée. La prise de nouvelles, les politesses d’usage et surtout, la proposition d’aller boire un verre. Pour être honnête, j’ai dit oui sans une once d’hésitation, car, pour moi — et pour lui aussi, je crois —, il n’a jamais été question d’un rencard. Preuve étant : il m’a invitée à le rejoindre autour d’un billard, dans un bar, avec tous ses potes. Et c’est comme ça que, quinze ans après, j’ai retrouvé mon amoureux de CE1. Les choses se sont enchaînées rapidement. De ce billard sont nés des échanges de SMS, puis un second date plus intimiste, une bite dans la bouche et une officialisation de couple. Pour faire simple. On est restés ensemble quelques mois, avant que je ne tombe amoureuse, que lui non, que je l’oublie en 24 h, et que lui non. Et c’est là que le sujet devient intéressant. Parce qu’après cette séparation, moi, je l’ai oublié à une vitesse folle. Je me suis rappelé que je tombais plus souvent amoureuse de la relation que de la personne, mais que lui, de toute évidence, contrairement à ce qu’il avait pu me dire lors de notre rupture, était bien plus attaché qu’il ne le pensait. Trois mois après, il est revenu avec un mail. Puis six mois après. Puis neuf. Puis toutes les années qui ont suivi jusqu’à présent. Tous les deux, on ne s’est jamais disputés, alors moi, je n’avais aucun souci à continuer à discuter. Au contraire, même, je me disais : « Peut-être que c’est LUI. » Parce qu’après tout, à l’exception du fait qu’il voulait me sodomiser à chaque partie de jambes en l’air, tout allait bien. Entre nous, c’était plus cool. Pas passionnel, pas amoureux. Mais cool. Oui, la relation ne fait pas rêver. Mais après 30 ans à attendre que quelqu’un rentre dans ta vie, tu finis par te contenter du minimum. Et lui, il était un tout petit peu au-dessus. Alors, il y a quelques mois, on s’est revus. Cette fois, je vous épargne le date. La plupart d’entre vous ont probablement lu 387 nuits, et l’homme à la trottinette, c’est lui. Vous avez l’idée globale : le rencard n’était pas à la hauteur de ce que j’espérais. Et, en plus, il avait une meuf. Pour moi, à partir de cet instant, malgré toutes les années qui nous reliaient, c’était clair : on avait plus rien à faire l’un avec l’autre. Et, même si je ne lui souhaitais pas de mal, je n’avais plus envie d’avoir de ses nouvelles. Non pas par méchanceté, mais simplement parce que sa vie ne m’intéressait plus. Vraiment. Et c’est maintenant, après 851 mots de contexte, que j’arrive à la raison d’être de cette nouvelle. Et c’est maintenant, après 851 mots de contexte, que j’arrive à la raison d’être de cette nouvelle. Jean, lui, il n’a pas l’air de penser comme moi. Si moi, je l’ai complètement bazardé de mon quotidien, Jean se tape TOUTES MES STORIES. Tous les jours. Presque à la seconde où je les publie. Depuis ce fameux date. Pardon, mais pouvez-vous m’expliquer… POURQUOI ? Pour ça, c’est important, une fois encore, de bien avoir le contexte en tête. À la seconde où nos chemins se sont séparés il y a un an lors de notre dernier date, quand il est parti rejoindre SA MEUF, mon ex a commencé à mater toutes mes stories. Et depuis ce jour, je pense qu’il est devenu l’une des personnes les plus assidues sur mon compte. Je le soupçonne même d’avoir acheté mes trois livres. En double. À plusieurs reprises,