Ce jour où j’ai gardé 3 chiens

Mercredi 17 mai 2023. J’ai fait un pacte. Pas avec le diable, mais presque. Avec ma mère. Ma mère, c’est une négociatrice dans l’âme, une marchande de tapis, une commerciale. Je sais de qui je tiens mon côté pitbull en affaires. Et parfois, cela se retourne contre moi. Comme ce mercredi 17 mai. En réalité, tout s’est bien passé avant. Lors du week-end de Pâques à la maison, mon neveu a bouffé le caca de Gégé, pensant que c’était un œuf de chocolat. Faut vraiment être con. Une fois les dents d’Axel brossées, on a entamé les négociations. La question était simple et, en réalité, ce n’était que des problèmes de riches. Pour vous donner le contexte, je partais en Équateur quelques jours (premier problème de riches) et je devais laisser Gégé à mes parents ; mes parents, eux, partaient à Belle-Île-en-Mer à mon retour de vacances et… voulaient que je garde leur chien (deuxième problème de riches). Le troisième problème, c’est que la meilleure amie de ma mère a aussi un chien et partait également avec mes parents en week-end. Vous le voyez arriver… Évidemment, j’ai proposé de venir récupérer Gégé à mon retour d’Équateur et de rester quelques jours de plus chez mes parents pour garder les deux chiens. En résumé, j’allais passer cinq jours avec un borgne poilu, un gros con poilu et un pot de colle souffrant de dépendance affective poilu. Le tableau s’annonçait magnifique… et il l’a été. À mon retour, Gégé s’est fait une joie de me revoir et jusque-là, c’était le paradis. Le bordel, il est arrivé quand mes parents et leur meilleure pote sont partis, quand je me suis retrouvée en tête à tête avec les trois chiens et quand j’ai dû gérer leurs caractères différents. Car Gégé, c’est un indépendant, un qui n’a jamais vraiment besoin de moi, qui se contente d’une bonne balade par jour, de son panier, de sa pâtée et de son quart d’heure de folie avec ses nounours achetés en foire à tout. Gégé, pour ceux qui se demandent, je l’ai récupéré dans la rue, alors lui, il est vraiment pas chiant. Il se fait discret et il accepte tout, surtout d’être tranquille. Mais les deux autres, c’est bien différent. D’abord, il y a Francklin. Francklin, c’est un gros con. Désolée si tu passes par là, mais c’est pas faute de te l’avoir déjà dit en face. Ce chien, si c’était un humain, ce serait le genre à gueuler sur tout le monde, à boire des verres au bar en insultant le serveur, en fumant des clopes, en regardant de côté et en provoquant le moindre petit jeune du quartier. Mais Francklin, ce serait aussi l’oncle un peu rigolo, qui est toujours partant pour une promenade en forêt même s’il fait de l’asthme et qu’il faudra porter après cinq kilomètres, ou le mec sympa qui est tout le temps prêt pour un foot. Uniquement quand il veut. Bref, Francklin, c’est un sacré phénomène. Puis, il y a Indra. Indra, c’est un golden retriever. Avec ça, les spécialistes des chiens ont déjà tout compris. Ceux qui n’y connaissent rien vont devoir lire la suite. Un golden retriever, c’est un gentil toutou. Un très gentil toutou. En d’autres mots, un chien qui ne quitte jamais son maître, qui veut des câlins à longueur de journée et qui prend beaucoup de place. Indra, elle peut passer la journée à se faire caresser, à attraper ta main pour la mettre sous sa tête et à réclamer de l’affection en grattant ta cuisse. Et puis, Indra, c’est pas un chihuahua. Non, Indra, c’est un gros chien. Un gros chien qui défonce tout sur la table basse avec sa queue et qui perd ses poils noirs partout dans la baraque. Le premier jour, la cohabitation était plutôt agréable. À l’exception du dîner où dealer avec trois toutous qui ne sont pas habitués à vivre ensemble n’a pas forcément été évident… À l’exception aussi du soir où tout le monde a voulu dormir avec moi. À l’exception enfin du matin quand ils m’ont réveillée à 7 h pour aller chier. Mais c’est cette dernière exception qui m’aura valu une (presque) belle rencontre. À 7 h, donc, je me retrouvais en mi-pyjama, mi-jogging, cheveux planqués sous une casquette, pull qui cache le tout, à promener ces trois chiens qui m’écoutaient à peine et qui, une fois lâchés, sont partis comme des furies au milieu de la forêt parce qu’ils avaient repéré un lapin. Mon Gégé, lui, il est resté avec moi. D’abord parce qu’il m’obéit, mais surtout parce qu’il ne l’a pas vu. Mais les deux… Les deux autres, un berger et un chasseur, sont partis à pleines pattes, à une vitesse incroyable, et ont disparu. Moi, j’ai couru en hurlant, j’ai tenté de les retrouver, mais sans succès. J’ai commencé à paniquer, je me suis assise dans le champ en bordure de forêt en espérant qu’ils reviennent. J’ai attendu, Gégé à mes côtés, en priant pour que ces deux chiens qui n’étaient pas les miens finissent par trouver ma présence plus intéressante que le rongeur qu’il ne réussirait probablement jamais à attraper. Et pour cause… À ma grande surprise, je les ai vus revenir après quinze bonnes minutes avec un lapin bien plus sympa entre les pattes. Indra, la golden, était attachée à une corde et Francklin était porté par un jeune homme charmant qui semblait les maîtriser. Comme un héros, il sortait de la forêt avec mes deux chiens, chemise de bûcheron sur l’épaule, bottes en caoutchouc aux pieds, jean qui moulait ce qui ressemblait à un petit cul, même si je ne voyais que le devant. Ses cheveux bruns étaient cachés sous une casquette et tombaient sur des trapèzes qui ne semblaient pas frémir malgré les quinze kilos de ce gros Francklin qu’il tenait d’un bras. Lui qui, habituellement, pouvait mordre n’importe quelle personne qui ne lui revenait pas était détendu, sourire aux babines (si, les chiens sourient) et semblait bien installé. Cet homme

Ce jour où j’ai fait Pâques à la maison

Samedi 15 avril 2023. Ma famille a débarqué chez moi. D’abord pour fêter l’anniversaire de mes parents qui sont nés à deux jours d’intervalle, et aussi pour célébrer Pâques avec une semaine de retard. En réalité, dans notre famille, pour Pâques, on n’a jamais vraiment fait grand-chose, à l’exception de la chasse au chocolats qui évidemment nous plaît. Mais cette année, c’était différent. Car cette année, mon neveu, il avait deux ans et demi, et donc, il comprenait. L’année dernière, on avait pourtant tenté. À cette même époque, nous étions dans la maison de campagne familiale, cliché par excellence, pas trop loin de Guérande et, par conséquent, de La Baule. La Baule, pour ceux et celles qui ne connaissent pas, c’est un mixte flippant entre bourgeois et beaufs, Ferrari et voitures de tuning. J’en rajoute à peine. En gros, c’est une station balnéaire aux portes de la Bretagne (voire en Bretagne, mais j’ai pas envie de créer de débat pour tous ces gens qui s’embêtent à déterminer s’il faut dire pain au chocolat ou chocolatine, ou encore ceux qui se demandent si le mont Saint-Michel est plutôt normand ou breton. On s’en branle. Arrête à chaque fois de nous faire chier avec tes vieux débats de merde dont tout le monde se fout, bouffe ta viennoiserie et ferme ta gueule. Désolée. J’en peux plus de ces situations). La Baule, c’est donc ce genre de ville qui, en plein été, est bourrée de Parisiens du 16e qui profitent enfin de leur maison familiale pour deux semaines et des employés de ces mêmes Parisiens qui ont économisé pendant un an pour se payer cinq jours de mobil-home. Moi, ma famille, elle est un peu entre les deux. Et, bien évidemment, pour adoucir le cliché, beaucoup le sont aussi. Et tous ensemble, dans cette microsociété qui se forme à toutes les vacances scolaires, nous nous sommes retrouvés dans un parc blindé pour y faire une chasse au chocolat de Pâques. Sur le papier, l’idée était vraiment charmante : le soleil qui frappait nos épaules commençant à se dénuder, les rires des enfants à chaque œuf trouvé et les paniers qui se remplissent aussi vite que les estomacs. Tout était réuni pour passer un bon moment. À l’exception des animations qui avaient été organisées. Pour des raisons qui me dépassent encore un an après, dans ce parc où étaient cachés des chocolats — ce qui aurait largement suffi à faire le bonheur des enfants —, la ville a voulu ajouter des animations. Et, si l’idée semble chouette, en réalité, ça faisait peur. D’abord, ils avaient fait venir des espèces de fées sur échasses qui ressemblaient à des monstres, parlaient d’une voix très aigüe, riaient fort et jetaient des bonbons hyper durs sur la gueule des gosses. Puis, ils avaient invité une dame chargée de faire des grosses bulles entre deux ficelles, mais qui paraissait avoir créé le concept la veille tant elle était nulle et, qui plus est, a fait exploser tout le savon en vol pour en faire tomber dans les yeux de mon neveu qui a fini en pleurs. Mais, le pire, c’était les lutins. Ou plutôt le seul gros monsieur bénévole qui avait probablement accepté de se déguiser pour l’occasion. Le même qui, six mois après, est sûrement le père Noël. Et lui, pour le coup, il était gentil. Tellement gentil qu’il a même failli me rouler une pelle et me laisser son numéro. Cette année, donc, la chasse aux œufs, on la ferait chez moi. Là où il n’y aurait ni lutin, ni fées démoniaques, ni artistes amateurs qui faisaient des grosses bulles. Il n’y aurait que nous, la famille. J’avais tout prévu. Il faut dire que c’est mon truc, d’accueillir. J’aime faire des petits plats, plier une jolie serviette de bain sur un lit tout propre, mettre parfois même une carte de bienvenue et une rose blanche sur le coussin. J’adore prendre soin des gens que j’aime. Bien que, dans les faits, une fois qu’ils sont tous là, je n’attende qu’une seule chose, c’est qu’ils se cassent, et je tire la gueule presque toute la journée. La beauté de la complexité humaine. J’ai foncé au supermarché, acheté de quoi faire un bon repas, et surtout profité des promotions sur les chocolats de Pâques. C’est d’ailleurs l’un des avantages de le faire avec une semaine de retard : tout est à moitié prix (parenthèse économique : 12 € le Kinder Surprise géant ? 12 € ? Vraiment ?!). J’ai dévalisé les rayons, je suis rentrée chez moi, j’ai accueilli mes parents et, avant l’arrivée du petit prodige, installé les chocolats dans mon jardin, accompagnée de mon fidèle Gégé qui, à chaque pose, s’empressait d’essayer de les manger. Autant vous dire que la mise en place a été longue. Et puis, il est arrivé. Axel, mon neveu. Pas tout seul, évidemment. Jusqu’à preuve du contraire, aussi intelligent soit-il, il ne conduit pas encore. À peine a-t-il débarqué qu’on le sollicitait déjà. Les bisous de la grand-mère, les jeux du grand-père et, mea culpa, les « Viens faire la chasse dehors » incessants de la tante. Je l’ai empêché de retirer ses chaussures, l’ai porté pour traverser le salon alors même que les chiens l’avaient massacré, l’ai foutu dans le jardin et, sous le regard plein de tendresse de la famille, lui ai expliqué les règles. Bon, c’est à ce moment que j’ai compris qu’il n’avait toujours QUE deux ans et demi. Scoop : à deux ans et demi, t’es pas encore l’œuf le plus rond du panier. En d’autres termes, t’es encore un peu con et pas vraiment apte à réfléchir. Alors, c’est sa grande gigolette de mère, ma sœur, qui a commencé à faire la chasse. Puis, après un ou deux œufs collectés, le gamin a compris et couru dans tous les sens pour dénicher ses denrées. Nous, on l’a observé, on l’a filmé et on l’a admiré… au moins les dix premières minutes. Parce qu’ensuite, c’était long. Super long. Il mettait quinze minutes à trouver un chocolat qui était

Ce jour où j’ai fait un week-end à Lyon

25 août 2022. Sur Instagram, un abonnement qui ne passe pas inaperçu. Un champion. Et pas uniquement dans le village de tes parents. Non. Un champion du monde. Pour l’anonymat de ce monsieur, je tairai son nom. Mais étant donné que vous êtes le sang de la veine, vous avez inévitablement suivi mes aventures et, par conséquent, vous savez de qui il s’agit. Cela étant dit, aucune raison de ne pas le citer, parce que, malheureusement pour vous et surtout pour mon vagin, il n’y a absolument aucun potin à vous raconter. Certes, j’ai l’art du spoil, et celui qui ne fait pas plaisir. MAIS restez, car il y a tout de même des rebondissements… 25 août 2022, donc, Monsieur le Champion du monde s’est abonné. Évidemment, en remarquant la pastille bleue qui a illuminé mes notifications et surtout sa photo qui montrait ses épaules saillantes, j’ai foncé sur son profil. Stupeur lorsque j’ai vu ses médailles. Réflexe habituel : vérifier s’il m’avait envoyé un message. Et à ma grande surprise, j’avais de quoi lire. Dans le pavé que je découvrais, il me présentait son projet, celui d’une collecte géante de mégots pour la sauvegarde de notre belle planète que des enculés détruisent. Bien loin d’un dîner romantique et pourtant, je préférais presque. Un homme engagé, aux épaules aussi dessinées que mes cernes. Je craquais déjà. Cependant, je n’ai pas accepté. Non pas que je n’en aie pas eu envie, je n’étais simplement pas dispo. J’ai donc refusé, larme à l’œil à l’idée de rater une si belle opportunité. Mais certains êtres humains sont toujours aussi cons et n’ont pas cessé de jeter leurs mégots après le passage de mon champion. Mauvaise nouvelle pour la planète, bonne nouvelle pour ma culotte. Quelques mois après, donc, il est revenu, comme cet ex qui retente alors qu’il s’est trompé de trou. Deux fois. La même nuit. Ce genre d’ex. Cette fois, mon athlète me suggérait une collecte de mégots dans la ville de Lyon. La fameuse que je finis par bien connaître tant j’y fais des allers-retours ces derniers temps. Je n’ai pas hésité longtemps et, sans penser stratégie, j’ai proposé à mon meilleur allié, celui toujours heureux de m’accompagner, de partager cette aventure et de découvrir de nouvelles choses : mon père. Après plusieurs péripéties, un train annulé à cause des grèves, la route pour déposer Gégé à ma mère, un métro repris immédiatement et beaucoup de transports, nous avons fini par nous retrouver à Lyon. IDans ma tête, le vendredi soir, jour de notre arrivée, j’avais prévu de rester avec mon père, diner en tête à tête dans les rues du Vieux Lyon et, surtout, de ne pas socialiser avec des personnalités publiques. C’était compter sans mon champion, ce héros de la communication qui, évidemment, nous attendait le plus tôt possible pour nous rencontrer, mais surtout parler de son événement. Logique. Il me proposait donc de « passer à la mairie du 6e pour une petite réception ». Dans cette phrase, tout me poussait à dire non. Les mots « mairie » et « réception » ont résonné en moi comme un truc vraiment chiant et pompeux. Et je n’avais pas tort. Parce qu’il était difficile de refuser et rester cloitrée avec mon père dans une chambre de Minimoys avec pour seule compagnie un Uber Eats devant une émission pourrie, j’ai accepté. J’ai accepté et je me suis retrouvée au milieu d’élus, d’influenceurs, d’athlètes, de chefs de grandes entreprises et d’autres à qui je n’ai probablement pas adressé un mot. Tout ça entourée de petits fours excellents. C’est important de le noter. Je dois avouer que, aussi sociable sois-je, si le Nono Show n’est pas activé, c’est compliqué. Car le Nono Show, c’est celui auquel vous assistez la plupart du temps en story, ou celui que vous avez probablement vu en tournée. C’est moi. Mais en mieux. C’est la version de Noëllie capable de trouver un sujet de conversation sur tout, qui s’intéresse, qui rebondit, qui communique et qui a confiance. L’autre Noëllie, tout ça, ça la saoule. En rentrant de cette réception, bien qu’on ait quand même sauvé les meubles avec mon père, on s’est regardés, complices, et on a eu peur. Peur que ce week-end soit long. Très long. Pas en raison de la cause, mais de l’ambiance dans laquelle on n’arrivait pas à se mettre. On a fini par se poser tous les deux dans un resto, on s’est enfilé un burger et on est vite allés se coucher pour démarrer la journée. Celle pour laquelle j’étais invitée. Samedi matin. À mon réveil, je l’ai senti. Le Nono Show était prêt. En En moi, j’avais la petite flamme, celle qui allait ambiancer et faire le taf. Avec mon père, on était à fond. À fond pour la collecte des mégots, pour s’éclater, pour profiter et pas se prendre la tête. C’est surtout ça, le Nono Show. Le lâcher-prise. Et ça n’a pas loupé. Dès notre arrivée au festival, on a retrouvé des visages connus et on en a découvert d’autres. Rémy Camus, Libellule, Les Antoine. Tant de gens qui sont devenus des vrais potes, avec qui j’ai adoré passer la journée. On a fini par attaquer la collecte, ne pas gagner, mais être fiers de nous et d’avoir accompli cette mission. Ça, c’est pour la partie arc-en-ciel et papillons. Mais je le sais, ce qui vous intéresse, c’est la bite. Notamment celle de mon champion. C’est le soir que les choses auraient pu se faire, éventuellement. Dans l’éventualité où il en aurait eu envie, ce dont je ne suis pas certaine. Mais, je l’avoue — pardon si tu passes par là —, moi, ce que je voulais, c’était pas lui, mais son image. Bouh… quelle mauvaise personne ! Parce que mon champion, il était charismatique, il était beau, il était drôle et il faisait gendre parfait. Le mec qui rend très jaloux celui qui n’est pas capable de se bouger le cul pour t’envoyer un message pour simplement demander si tu es bien arrivé·e et

Ce jour où j’ai fait un speed dating

Lundi 13 mars. Une opportunité est apparue dans mes mails, celle d’une marque avec qui je bossais depuis un moment et qui souhaitait collaborer pour faire un poisson d’avril. Classique. Mais j’aimais l’idée. Le principe était simple : faire croire au public qu’ils créaient une appli de rencontres et que, pour son grand lancement, une soirée speed dating était organisée, soirée à laquelle j’étais invitée. Sans hésitation, j’ai accepté. Ce que je n’avais pas vu venir, c’est que j’allais être réellement stressée. Car oui, avant de partir de chez moi, j’avais l’impression d’aller rencontrer un vrai mec qui me plaisait, alors même que je n’avais aucune idée de qui allait être en face de moi. J’avais donc sorti le grand jeu. Maquillage jusqu’au bout des lèvres, pantalon qui moulait mon gros cul, décolleté plongeant, bijoux que j’avais créés et, surtout, boucles sur mes lobes. Sans vous refaire l’histoire que vous avez probablement suivie sur Insta, je ne mets pas de boucles d’oreilles. Pourtant, j’ai des trous. Et pas qu’aux oreilles. Mais aussi aux oreilles. Et à ma grande surprise, ils ne s’étaient toujours pas rebouchés. C’est ce que j’ai constaté ce soir-là lorsque, avec délicatesse, j’ai introduit les bijoux dans les lobes de mes oreilles. Je me sentais prête. Prête à bosser, mais surtout prête à séduire. J’ai débarqué à la soirée, retrouvé les copines, les équipes et surtout, j’ai rencontré les hommes. Quatre. Quatre hommes, très différents, très charmants et décidés à jouer le jeu. Chacun avait un rôle. égocentrique, sans personnalité, timide, passionné de Babybel ou encore amoureux de son ex. Ils cumulaient à eux quatre les genres de mecs qu’on déteste tous·tes… et qui existent pourtant bien. Le speed dating n’avait pas commencé et, pour détendre l’atmosphère qui bizarrement était assez stressante, j’ai discuté avec l’un d’entre eux. Axel. Comme mon neveu. Il partait déjà avec des mauvais points. Coucher avec un mec qui porte le nom de la progéniture de ma sœur, c’était mal barré. Et puis, à dire vrai, je le soupçonnais d’être gay. D’où le fait que j’ai été très à l’aise, d’ailleurs. Au point d’initier ce que je m’apprête à vous raconter… On échangeait sur nos vies, et surtout sur celle qu’il s’était inventée pour la soirée. Lui, il était timide. Impossible de me regarder dans les yeux, à trifouiller ses doigts, à bégayer et à s’évanouir rien que si une fille lui touchait la main. Jusque-là, rien de bien compliqué. Jusqu’au moment où, en plus de sa timidité, il m’a confié que son personnage était fétichiste des lobes. Fétichiste des lobes ? Comment avait-il pu tomber si juste, devant moi qui, quelques heures avant, bataillais avec mes oreilles pour les rendre plus sexy ? C’était fou. Et surtout, un bon moyen de stimuler ma créativité. Dans un cri excessif qui me caractérise tant, je suis devenue cette artiste aux mille idées à la seconde que je suis parfois. Et là, tout s’est enchaîné. J’avais le scénario. On ferait notre date dans une timidité assez gênante et, lorsque celle-ci serait trop intense pour moi, je quitterais la table, énervée par ce rendez-vous, mais aussi par le fait que mes oreilles, à cause de ces boucles neuves que j’avais mises, subissaient une réaction allergique. Et là, dans un élan d’amour, il me rattraperait, pour me dire combien mes lobes sont magnifiques, avant de les baiser avec délicatesse. Tout ça, vous l’avez vu. Mais pour le plaisir, je vous le repartage. Mais ce que je n’ai pas raconté, c’est ce que j’ai ressenti lors de ce baiser de lobe. Parce que oui, quand il m’a embrassé l’oreille, délicatement, l’espace d’une demi-seconde, j’ai eu les papillons, et pas dans mon cœur. Il a activé ma libido. Et ma libido, depuis un moment, elle est particulièrement intense. Pour le dire en d’autres mots, j’ai envie de baiser H24. Même dans mes rêves. Une catastrophe. Alors, quand Axel, cet homme portant toujours le nom de mon neveu, a roulé une pelle à mon lobe, aussi professionnelle sois-je et aussi gay soit-il, j’ai eu envie de lui sucer la bite, lui gober le gland, l’enfoncer dans mon vagin et lui rappeler à quel point la muqueuse utérine, c’est sympa. Deux secondes. Deux secondes où mon esprit a oublié que j’étais filmée par les équipes de la marque pour laquelle je travaillais, par les autres influenceuses et par les participants. Deux secondes où moi, pourtant si professionnelle, j’ai vagabondé loin. Deux secondes qui ont paru durer une éternité, pendant lesquelles j’ai senti ses lèvres se déposer délicatement sur mon oreille pour repartir, comme un aller-retour orgasmique. Et puis, tout est redevenu normal. Calme. Au moins dans mon slip. J’ai commandé un Coca et discuté des derniers potins avec les copines. Je pensais que l’événement était terminé. Jusqu’au moment où on m’a annoncé qu’on était le couple de la soirée. En soi, cela n’apportait rien. Sauf de devoir aller sur « scène » et jouer les amoureux parfaits, toujours pour l’illusion. Mais ce que je n’avais pas réalisé, c’était que, forcément, Axel, à fond dans son rôle, continuerait de vouloir me lécher l’oreille. Il avait raison. Il le fallait. Après tout, j’étais payée pour ces conneries. Et ça, c’est quand même incroyable. Alors, devant tous, la couronne sur la tête, l’écharpe sur les épaules, j’ai accepté. J’ai accepté de me faire trifouiller une nouvelle fois le lobe par la bouche experte de mon compagnon d’un soir. Il s’est approché avec envie et, alors que je restais figée à contrôler mon clito, il a de nouveau déposé sa langue sur ma peau… jusqu’à en manger ma boucle d’oreille. Sans même que je m’en rende compte, il a retiré le fermoir qui a disparu et s’est retrouvé avec mon bijou dans la bouche. À cet instant, je suis restée de marbre. L’avait-il avalé ? Je m’imaginais déjà, l’accompagnant sur les chiottes, à attendre qu’il ponde son cake pour récupérer la boucle d’oreille qui, soit dit en passant, appartient à la collection capsule que j’ai créée avec Mélanie, et

Ce jour où j’ai eu 32 ans

Lundi 27 février 2023. Mon anniversaire. Je prends une année de plus, des dizaines de rides, me rapproche de la tombe et me rappelle que je vieillis. Mon anniversaire, il y a encore quelques années, j’adorais le fêter. Et puis, finalement, j’ai pris conscience que c’était peut-être pas logique de le célébrer. Après tout, quand on y pense, on devrait plutôt pleurer chaque année. Heureusement pour moi, je suis bien entourée. Et je ne parle pas que de mes cernes. Autour de moi, j’ai des amis qui, pour m’aider à surmonter le fait que mes seins descendent de plus en plus bas alors qu’ils n’ont toujours pas allaité, m’emmènent en week-end. C’est ce que je souhaite pour cette occasion spéciale : des expériences. Oui, je fais partie de ces connasses qui à la question « Tu veux quoi pour ton anniversaire ? » répondent « J’ai besoin de rien, à la limite, offre-moi de ton temps ». Mes proches, eux, ils aiment l’idée. Et c’est ainsi que, pour mes 32 ans, ma meilleure amie et moi, nous sommes parties en Pologne. Alors, j’imagine votre surprise (c’est faux, tout le monde s’en tape, mais laissez-moi romancer ma vie). D’abord, pourquoi la Pologne ? Eh bien, aussi étonnant soit-il, durant cette période spéciale, j’aime l’est du monde. Bon, en réalité, je n’y suis allée qu’une fois ; c’était à Prague, il y a déjà plusieurs années. Mais j’avais adoré. Et puis, j’avais croisé Tobias Eaton. Si tu as pas la réf, je te le mets là, et crois-moi, ça fait aimer Prague. À la base, moi, je voulais aller à Vienne. Mais voilà, Vienne, c’est super cher et ça nous arrangeait pas. Alors, on a regardé la Pologne, plus précisément Gdansk. Vous en faites pas, moi non plus je sais pas comment ça se dit. Gdansk, pour votre culture, c’est un petit port dans le nord du pays. C’est aussi la capitale mondiale de l’ambre. Toujours pour votre culture. Et c’est surtout une ville trop mignonne, avec plein de restaurants, pas loin d’une plage, des petits cafés cocooning et des Airbnb abordables. Tout ce qu’il nous fallait. Évidemment, c’était pas si simple. Parce que pour arriver à Gdansk, il fallait prendre l’avion. Non : il fallait prendre la voiture, une navette et l’avion. Et surtout, il aurait fallu penser à s’enregistrer en ligne pour éviter que RyanAir ne nous encule de 55 € chacune au moment d’arriver au guichet. 110 € qui se sont envolés. Plus cher que l’aller-retour. Sacrés connards. Mais nous avons finalement réussi à nous installer dans nos sièges, pas très grands et peu confortables, en direction de Gdansk. Le problème de la Pologne, sans surprise, c’est qu’il fait froid. Et qu’il neige. D’un coup, comme ça, comme notre pluie normande qui ne nous prévient pas avant de venir défoncer nos bouclettes. Sauf que chez eux, c’est du verglas. Du coup, pour atterrir, tu prends une heure de plus pendant que les gugusses d’en bas salent une piste de plusieurs kilomètres. C’est long. Et puis, quand enfin les gens applaudissent le pilote pour le travail qui lui fait gagner des milliers d’euros, tu te cailles le cul en sortant. Finalement, c’était pas si mal dans l’avion. Mais on y était. Et malgré tout, on était heureuses. Heureuses de voir de la neige, de voyager, d’être ensemble… et de découvrir la ville. À dire vrai, le premier soir, on a fait simple. On a pris le premier restau du coin et c’était très bien. On a goûté à la gastronomie locale, composée principalement de pain et de peu de légumes, mais franchement bonne. + 1 pour Gdansk. Le dimanche, on s’est repris des flocons dans la gueule. Alors, on a décidé d’aller au musée de la ville — l’unique attraction, pour être honnête — : le musée de la Seconde Guerre mondiale. Bon, je ne vous cache pas qu’en termes d’ambiance, on a connu mieux. Parce qu’outre le thème qui parle de lui-même, il y a la durée. Et pas les chocolats (Ladurée/la durée, fais un effort). Trois heures trente. Trois heures trente de photos de gens morts, torturés, martyrisés, détruits. Trois heures trente d’Histoire, de dates, de culture. Trois heures trente intéressantes, mais qui ne sont pas la référence d’un moment festif. Heureusement, mon anniversaire, c’était le lendemain. Le lundi. On voulait faire fort. Tout était réuni pour qu’on passe une superbe journée. Mais c’était compter sans cette connasse de grippe qui ne m’avait pas vraiment quittée depuis deux semaines. Elle avait eu l’obligeance de me laisser un peu de répit durant le début de ce week-end pour revenir petit à petit le jour J. Elle a refait surface dès le matin, avec ma voix roque qui me permettait d’imiter Garou, pour me suivre jusqu’au tram polonais qui nous a menées à Sopot, ville balnéaire où les cygnes étaient à deux doigts de bouffer les gamins et les mouettes de les embarquer avec elles au milieu de la mer. On a profité du moment, du port, de la magnifique plage, d’un chocolat chaud et de sa chantilly, d’un gâteau maison et de bougies. Et j’ai résisté pour apprécier cette chance. On était bien, dans un endroit qu’on n’aurait pas pensé visiter et dans lequel on ne retournerait sans doute jamais. Et puis, j’ai fatigué. Mon amie, elle, elle voulait faire la fête. Elle avait envie de boire des verres, des cocktails et de rire aux éclats. Moi, si j’ouvrais la bouche, je perdais ma voix. Vraiment. Alors, j’ai proposé de rentrer, juste pour « faire une petite sieste ». Mais le problème, c’est qu’en Pologne, si tu rentres à 17 h, difficile de te remotiver à 19 h. Bon, ça, me concernant, c’est la même chose en France. Me jugez pas, j’ai 32 ans maintenant. Je commence à être vieille. 20 h, donc, le soir de mes 32 ans, je me suis retrouvée au lit, défoncée de fatigue, poumons remplis de glaire, devant une vidéo d’Hilona, star de la téléréalité qui balançait sur son ex qui lui avait volé de la thune (rends l’argent, Julien !!).