Ce jour où j’ai tiré les cartes

Ce jour où j’ai tiré les cartes Mes oracles : « Mon oracle : Joie, love et energie » de Zak Kchai « Dis-moi que tu m’aimes » de Voglo Bene et Sandy Tatoo 2.0 « Oracle Buffy contre les vampires » « L’oracle des médéores » par Stéphanie Abellan

Ce jour où mon corps a lâché

Mercredi 15 novembre 2023. J’avais prévu avec mes amis une soirée LOL. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, je vous invite à découvrir l’émission LOL sur Amazon. Et même si cette plateforme n’est clairement pas celle que j’aimerais vous recommander, je l’avoue, avec cette émission, ils m’ont eue. Le principe est simple : plusieurs humoristes et comédiens sont enfermés dans un salon géant et personne ne doit rire. Celui qui ne rit pas gagne. Cette idée, nous l’avons volée pour une soirée.  Le problème, c’est que nous sommes bon public, tous. Alors, rapidement, à peine le jeu lancé, presque tout le monde a perdu, avec des petits sourires qui s’échappaient ou même des gros fous rires qui fuitaient. C’était une réussite, et pas uniquement parce que j’ai gagné (en partant du principe que j’ai pas triché, ce qui est faux, étant donné que j’ai pouffé de rire à maintes reprises).  Mais cette soirée avait un prix dont je n’avais pas conscience. Déjà, elle avait lieu un mercredi, en pleine semaine. Mon corps de femme de 32 ans n’assume pas une sortie hors week-end. Qui plus est lorsqu’elle se termine à 1 h du mat’, avec 45 minutes de voiture retour et un taxi pour deux des invités. En résumé, un lit accessible aux alentours de 4 h, qui n’était même pas mon lit, car je dormais chez des potes, faute de dormir chez un crush.  Et puis, le problème était aussi la soirée en elle-même. Heureusement, je m’étais contentée de sodas et n’avais pas cédé à l’alcool. En revanche, j’avais fumé. Je ne suis pas une grande fumeuse, une de celles qui se font une clope en terrasse en été ou un paquet en soirée. J’ai toujours su résister à l’addiction, jamais à la socialisation. J’ai bien tenté, soutenue par un professionnel qui me répète comme à une vieille personne que mon système ORL est faible et que fumer de temps en temps ne sert à rien, mais je l’aime trop, la petite cigarette avec les copains quand on refait le monde. En plus, j’ai vite compris que l’argument « ça pourrit tes poumons » est franchement désuet quand on pense à la pollution dans laquelle on vit. En bref, j’accepte de fumer de temps en temps.  Oui, mais chez mes potes, la cigarette, c’est un art de vivre et eux, ils fument à outrance, faisant de leur cuisine un cendrier géant. Ma gorge n’aimait pas ça, tout comme mes muqueuses nasales et mes oreilles. Je me noyais dans les mégots, le tout avec les fenêtres ouvertes pour tenter d’aérer. C’était trop pour mon corps qui s’est vengé en attrapant froid.  Le lendemain midi, j’avais un déj. Déj qui m’enchantait, mais qui m’obligeait à affronter la pluie et ma fatigue alors même que je voulais rester au chaud pour me reposer. Évidemment, en plus, je n’avais pas de parapluie. Tu le vois venir : soirée + cigarette + froid + pluie = un fucking rhume d’enculé. Moi, ça m’a bouffé une semaine entière, m’empêchant de vivre et de travailler. Mais surtout, ça m’a valu un moment de gêne. Car ce vendredi, alors que j’avais enchainé mes 24 h de folie chez mes amis, j’avais un rendez-vous avec la gynécologue. Six mois que j’attendais ce rendez-vous ; je ne pouvais pas le louper. Habituellement, je déteste déjà aller me faire trifouiller la chatte par une inconnue, mais là, un peu malade, fatiguée, je n’avais qu’une envie : annuler. Heureusement, je suis une adulte responsable et surtout, je tiens à avoir un utérus en parfaite santé pour me faire sauter jusqu’à 90 ans faute d’en profiter à 30.  La gynéco, c’est jamais évident. Bien que, sans surprise, ce soit son métier et qu’elle soit habituée à voir des vagins toute la journée. Ça n’empêche que toi, t’es pas habituée à te déshabiller après un simple bonjour. Alors perso, je suis toujours un peu stressée et, le pire, c’est que j’essaye de le cacher. Dans cette position, j’ai deux réactions : soit je parle beaucoup, beaucoup, vraiment beaucoup, soit je parle à peine. Cette fois, à ma grande surprise, c’est la seconde option qui a pris le dessus. À croire que le rhume était déjà en train de m’anesthésier. Mon nez était bouché, l’une de mes oreilles aussi et ma gorge commençait vraiment à être douloureuse. Rien qui me donne envie de taper la discut’.  Ma gynéco, en revanche, elle était ravie de me voir et prenait tout son temps pour instaurer un climat sympathique. Moi, je l’entendais à peine et me noyais dans mes mouchoirs. Jusqu’au moment où, après m’avoir parlé de ses patientes qui manquaient de vitamine D et de son fils qui l’aidait avec ses clés USB, elle s’est décidé à me foutre à poil. « Je vous laisse vous déshabiller. » Ça, je l’ai bien entendu. J’ai tout retiré, très vite, pour ne pas penser à ce qui était en train de se passer, et me suis installée sur son siège, pieds dans les étriers. C’est à ce moment qu’elle a jugé bon de me laisser, chatte au vent, pour répondre à son téléphone pendant cinq minutes. Cinq minutes, c’est long. très long. Encore plus quand tu as les deux fers en l’air, que ton nez est à la limite de perdre la moitié de ton cerveau et que, surtout, tu as laissé tes mouchoirs sur le bureau. À ce moment, t’es complètement con et, au lieu de te lever, prendre le paquet de Kleenex et te réinstaller, tu attends. Tu attends comme une vraie demeurée, pétrifiée par une situation qui ne devrait jamais arriver. Mais dans ma tête, je ne pouvais m’empêcher d’imaginer la gynéco revenir dans son cabinet et me voir, gros cul nu, en train de prendre mes mouchoirs. Bien sûr, cela ne l’aurait pas choquée une seule seconde. Mais moi, la situation, je la trouvais gênante, et c’était ça qui me gênait encore plus. J’étais ridicule, et j’en avais bien conscience. Alors, j’attendais qu’elle revienne, morve qui pendouillait au nez. Mais le risque, c’était

Ce jour où je me suis fait cambrioler

Samedi 4 novembre 2023. Ou dimanche 5 novembre 2023. Seuls les petits enculés qui ont cambriolé ma jolie maison alors que j’étais en train de défoncer des zombies sur Resident Evil, que je m’enfilais mes meilleures pâtes carbo devant la Star Ac’ et que je kiffais ma vie chez ma bestie seraient capables de nous le dire. Évidemment, je devais en parler ici, de cette fâcheuse aventure. Et surtout, ajouter des détails croustillants… Alors, pour cela, reprenons depuis le début. Samedi 4 novembre 2023. Ma meilleure amie me propose de venir chez elle, comme tous les week-ends, pour s’installer confortablement sous un plaid et oublier la douleur de ce monde. Coup du sort : habituellement, je ne dors pas là-bas Cette fois, Gégé et moi avions décidé de squatter le canapé. Bonne ou mauvaise nouvelle, personne ne le sait. Car une fois mon week-end terminé, le brunch du dimanche englouti, mon dernier tour à tuer des zombies effectué et l’avant-première de L’Amour est dans le pré matée, je suis rentrée chez moi.  18 h 30, j’ai ouvert la porte de ma maison. Rien d’anormal, jusqu’à ce que je ressente un froid à glacer le sang. Première réflexion : « Merde, j’ai éteint les chauffages, il caille. » Réalité : j’ai avancé et découvert la fenêtre ouverte, sans vraiment d’autre constat à l’exception du panier de Gégé déplacé et d’un seul meuble éventré. Sur le coup, j’ai pensé au vent, à cette fameuse tempête qui avait secoué toute la France quelques heures avant. Puis, j’ai allumé la lumière. Et j’ai vu. J’ai vu mon tapis blanc devenu marron, avec des traces de pieds. Une évidence. On était entré chez moi, sans invitation. J’ai foncé à l’étage, sans vraiment d’inquiétude car bien consciente que je n’avais que peu de choses à voler, mais plutôt soucieuse à l’idée qu’ils aient saccagé quelque chose. Mais rien. L’imprimante avait été embarquée, le rétroprojecteur aussi, par contre, mon ancien iPhone se trouvait toujours sur le bureau ainsi que beaucoup d’autres choses. Quelques affaires étaient en désordre, les bijoux fantaisie n’étaient plus là ; toutefois, de manière globale, je m’en sortais bien. Oui, mais voilà, le plus chiant, c’était tout ce qu’il restait à faire. Déjà, appeler la gendarmerie qui viendrait relever les empreintes et nous offrir un joli fou rire avec la boite de sex-toys qui trônait au milieu de ma chambre. Si tu n’as pas la réf, je te mets la vidéo ici — et non, je ne reviendrai pas sur le sujet car il a déjà pris trop de place. En revanche, il y en a un dont je n’ai pas parlé sur les réseaux : ma fucking proprio. Pour vous donner le contexte, mes propriétaires, ils sont blindés. Mais pas blindés comme des gens qui ont de l’argent. Blindés comme des agriculteurs céréaliers qui possèdent probablement plus de quinze baraques, dont une ÉNORME ferme splendide en vieilles briques qui surplombe mon village. En somme, ils ont vraiment beaucoup de thunes. Forcément, afin de les prévenir et pour me protéger aussi, j’ai directement envoyé un SMS en indiquant que je m’étais fait cambrioler. Presque immédiatement, ma proprio m’a appelée, sans réellement me demander si j’allais bien, mais plutôt inquiète pour sa putain de fenêtre que les voleurs avaient cassée pour entrer. Elle m’a tenu la jambe avec un monologue pendant que j’attendais les gendarmes pour me dire que c’était « du PVC imitation bois » qu’il fallait vite la changer et bla, bla, bla, alors que dans ma tête, je n’avais que la bite en silicone que les flics allaient trouver et le souci de la suite. En bref, je m’en tapais de sa fenêtre qui se fermait toujours et qui de toute manière allait être changée avec l’assurance. Le lendemain, dès la première heure, elle a débarqué. À cet instant, je le reconnais, elle a été gentille. Elle m’a demandé comment j’allais et m’a même proposé de laisser ma voiture dans sa cour car, comme une conne, j’étais persuadée que les cambrioleurs avaient pris mon double de clé. Spoiler alert : je suis juste bordélique. Puis, elle est redevenue chiante. Ma proprio, elle est pas méchante. Mais elle est relou. Pour exemple, elle est entrée dans mon salon, a donc regardé sa fenêtre et, alors que j’avais dormi quatre heures, que je venais de me taper un cambriolage, que je partais pour la gendarmerie afin de faire une déclaration, m’a sorti en toute détente et en passant le doigt sur l’encadrement : « Il faut penser à les laver, les fenêtres, hein. » Une relou, je vous dis. Moi, je joue la plus conne avec eux. Parce que je sais combien une mauvaise relation avec ses proprios peut rendre la vie compliquée. Alors, je suis la petite cucul, je souris et je deviens leur belle-fille idéale. Mais le masque a été difficile à tenir le lendemain, lorsque le capitaine de la gendarmerie du 17e arrondissement de Paris m’a appelée pour m’annoncer qu’ils avaient retrouvé les deux personnes qui avaient commis le cambriolage. Ou plutôt les 50 cambriolages. Des pointures, de toute évidence, en tout cas en termes de performance et pas tellement en termes d’efficacité, à en croire toutes les empreintes qu’ils avaient laissées. À cet instant, c’était chouette. Premièrement pour le karma, et secondement pour l’indemnisation. Car même si c’est cupide de penser ainsi, ce qui m’avait fait perdre le plus de temps et donc d’argent, c’était toutes les démarches qui m’avaient empêchée de bosser pendant facilement deux jours. Oui, mais il y avait une chose qui me restait en travers de la gorge — pas tant pour le montant à payer mais plus pour la logique — : la franchise de l’assurance. Parce que, même si j’allais sans doute être indemnisée, j’étais énervée de faire toutes ces démarches UNIQUEMENT pour la fenêtre de mes proprios dont je me fichais pas mal. 170 € de franchise pour ça. Concrètement, je rationalisais en me disant que je serais remboursée après le procès, seulement le petit diable en moi n’a pas pu s’empêcher de piquer. C’est son problème à lui,

Ce jour où j’ai géré la solitude (ou pas)

Et parce que j’ai testé un nouveau logiciel qui écrit les sous-titres, je vous partage aussi en video ! (Attention, c’est des sous-titres automatiques. j’ai vérifié mais TMTC les possibles fautes)

Ce jour où j’ai rencontré un homme trop gentil

Été 2023. Peut-être le mercredi 9 août. Un mercredi, quoi qu’il en soit. J’ai rencontré celui qui allait devenir pour vous CookieBoy et je n’en avais aucune idée. Pour faire simple, et parce que je sais que vous aimez, voici donc un contexte. Attention, pour prévenir vos cœurs sensibles et être totalement transparente avec vous qui êtes le sang de la veine, certaines choses (beaucoup de choses) sont modifiées. Le but est de rire et d’oublier nos existences de merde, alors il faut bien romancer un peu. CookieBoy est donc entré dans ma vie sans être CookieBoy, mais simplement Boy. C’était déjà pas mal quand on sait la difficulté qu’on peut avoir pour rencontrer un homme. Boy, c’était un coup de l’univers, faute d’être un coup tout court. Il parait qu’on trouve l’amour de deux principales manières : au travail et grâce aux amis. Ce qui ne m’arrange pas, car je taffe de chez moi avec pour seul compagnon un chien borgne et tous mes potes sont comme moi, à savoir des gros bosseurs qui ont peu de vie sociale et/ou des ermites qui ne quittent leur nid qu’en cas d’extrême nécessité. En d’autres termes, je ne peux pas vraiment compter sur eux. Mais, il y a une chose que je fais tout de même et sur laquelle je n’avais pas misé. Je pourrais vous dire que c’est le sport, vous racontez comment CookieBoy est venu m’aider à la salle, comment ses gros muscles ont soulevé la barre avant de me soulever tout court. Mais ce serait faux. La chose sur laquelle je n’avais pas misé, ce n’était pas le sport. Non. C’était la bouffe. Je mange, beaucoup. Et visiblement, la plupart des êtres humains aussi. Tous les mercredis, dans mon village, nous avons un foodtruck de l’extrême, un qui fait des burgers de qualité, des frites dans des énormes cônes, des sodas pour arroser ça, le tout servi avec un grand sourire. Ce monsieur, c’est le rayon de soleil de nos semaines. Là encore, je vous mens, car en trois ans, je n’y suis allée que trois fois. Mais dans ma tête, je suis une fidèle. C’est donc un mercredi que je me suis rendue à la rencontre de ce Belge au grand cœur et surtout au grand bide. Je lui ai commandé un burger, un gros burger, pour noyer tout ce que j’avais à noyer. Je vous refais pas l’histoire, je pense que nous vivons dans le même monde et potentiellement dans cette même génération de merde, ou tout du moins dans cette même vie trop difficile pour nos petits esprits sensibles. Ce qui est sûr, c’est que j’avais besoin d’un gros burger. Et CookieBoy aussi.  Le seul défaut de ce foodtruck, c’est que ce qu’il sert est tellement bon que c’est très long. Et ça explique donc pourquoi je ne m’y rends pas plus. La patience, c’est pas mon fort. Sauf quand CookieBoy est là. Cette fois, bien que j’aie dû attendre plus de 45 minutes pour mes frites, le temps est passé bien vite puisque cet homme a fait le show. J’aime ça, les êtres humains pas prise de tête qui discutent, qui échangent, qui rigolent, qui sont gentils et bienveillants. C’était son cas. Sans aucune arrière-pensée, en tout cas me concernant, nous avons parlé, pendant presque une heure donc. Il s’intéressait à moi, me posait des questions, riait de mes réponses et en redemandait. Très vite, il a découvert mes réseaux sociaux. C’est toujours un point sensible car, croyez-le ou non, les hommes peuvent en avoir peur, pour mille raisons. Mais c’est un autre sujet. Parce que lui, il trouvait ça impressionnant et dans ses yeux, je rayonnais.  Quelques jours après, CookieBoy m’a contactée sur Instagram et je lui ai donné mon numéro. Pendant des semaines, nous avons discuté, nous nous sommes recroisés dans le village, au Lidl ou chez la pharmacienne. Rien de bien fou. La vie, tout simplement. Mais chaque fois, c’était léger, doux et gentil. Gentil, vraiment. Petit à petit, j’ai fini par me détester de ne pas plus aimer CookieBoy. Lui, je le voyais, il avait les petits papillons, bien que je n’aie rien fait pour les provoquer, je vous assure. Non, ça me tenait à cœur de ne pas le faire souffrir. Mais pour autant, c’était un mec cool, et avoir des mecs cool autour de soi, c’est chouette. En revanche, avoir des mecs trop gentils, c’est limite lourd.  D’abord, j’ai eu droit aux cookies. Je reconnais que ça, c’était vraiment sympa et, qui plus est, excellent. CookieBoy est cuisinier, alors forcément, ça aide. Rapidement, il m’a envoyé plus de messages avec toujours plus d’attentions. Après les biscuits, il m’a servi la tarte Tatin et le cheesecake, puis le poulet coco. La bouffe, ça m’allait bien. Puis, j’ai reçu un chèque cadeau qu’il avait récupéré à son taf, une bougie qui lui avait fait penser à l’une de nos discussions et une invitation à la fête foraine du coin. CookieBoy était attentionné, mais moi, je commençais à flipper. Jusqu’au jour de trop. Un samedi, un peu en dep et sous la pluie, je suis allée me réfugier chez ma meilleure amie pour vivre une de ces après-midis qu’on aime tant, à savoir à ne rien faire sous un plaid devant un film ou la PlayStation. C’était notre programme. Je l’avoue, ce jour-là, c’est moi qui ai écrit à CookieBoy. Rien d’exceptionnel ; après tout, nous sommes potes. Mais lui, d’un petit message pour raconter une connerie, il en a fait une discussion de trois heures au cours de laquelle il m’a demandé ce que je faisais. C’est ainsi que je lui ai parlé de la Play 5. Attentionné et intéressé, il m’a posé plein de questions, en commençant par : « Tu veux t’en acheter une, nan ? » Évidemment que je voulais. Les jours ont défilé, je n’avais toujours pas de console, mais lui, il n’avait pas oublié. Et c’est ainsi qu’un matin, j’ai reçu plein de conseils dont je n’avais pas besoin et surtout, surtout,

Ce jour où j’ai aimé détester mes parents

Lundi 25 septembre 2023. Un début de semaine comme un autre, à savoir merdique. C’est pas nouveau : les lundis, je les déteste. Qu’ils soient lumineux ou pluvieux, avec un réveil tardif ou trop matinal, après une bonne nuit ou une insomnie, je les hais. J’ai jamais trop compris pourquoi. Quand j’étais salariée, c’était mon excuse. Après tout, ils annonçaient une nouvelle semaine, la fin du week-end, la fatigue qui s’accumule, le manque de temps et la routine. C’était de bonnes raisons. Mais maintenant, mes lundis, ils pourraient avoir une autre saveur, parce que je travaille de chez moi, avec mon Gégé à mes côtés, au rythme que je veux et comme je le veux. Je fais ce que bon me semble. Alors souvent, ils sont plutôt doux. Je prends mon temps, je bosse un peu, je me force jamais et je m’adapte à mon mood pourri. Et pourtant. Pourtant, je continue de les détester.  Malheureusement, ce lundi 25 septembre n’allait pas changer, car, sur mon téléphone, les notifications s’accumulaient, notamment celles d’une discussion que j’aime autant qu’elle peut m’énerver, tout comme les individus qui la composent : la conversation familiale. Sur WhatsApp, c’est assez commun, ce genre de groupe. Sauf si tu n’as pas de famille. Évidemment, là, c’est plus compliqué, et tu risques de détester cette nouvelle où je critique la mienne en oubliant la chance que j’ai.  Cette discussion, c’est à la fois des bonnes ondes avec des photos de chacun, des partages, de la légèreté et des anecdotes, mais c’est aussi beaucoup d’incompréhension, de répétitions, de malentendus et de fautes d’orthographe. Dans cet échange, plusieurs générations se confrontent et, visiblement, pour les parents, c’est un vrai challenge que d’utiliser le portable. Certes, je peux l’entendre, c’est pas inné pour tout le monde. Mais après plusieurs années de pratique, venant d’une mère parfois plus addict que moi à son téléphone, j’attendais une marge de progression plus importante. Car sur WhatsApp — prononcé à mon grand regret par mes deux géniteurs « WASAPP » —, c’est une vraie galère. Ma mère répond à ses propres messages, mon père fait des dictas de deux secondes avec pour contenu « Oh putain ça marche pas » et ma sœur réagit une fois sur six. Un enfer. Le lundi 25 septembre, donc, la discussion débordait d’informations, mais une a retenu mon attention : « Nono, on peut venir ce vendredi pour le week-end ? On gardera ton neveu, en plus. » Évidemment, à ce genre de demande, une seule option est envisageable : accepter. Car j’aurais pu mentir, dire que j’avais des choses de prévues, que je n’étais pas dispo et qu’en plus, j’étais en dépression à vouloir crever dans mon lit et disparaître. Mais une partie de moi se faisait une joie de voir mes parents et encore plus avec mon neveu. C’est toute la complexité des relations familiales. Je les aime autant qu’ils m’énervent. Alors forcément, j’ai accepté et j’en étais très heureuse.  Ce que je ne savais pas, ce que de deux nuits, nous allions passer à trois. Et trois, c’est trop. Sauf dans certaines situations. Mais dans ce cadre familial précisément, c’était trop. Parce que la maîtresse de mon neveu a trouvé bon, cette semaine du 25 septembre justement, de se vider par l’anus, de vomir ses tripes et surtout, de se mettre en arrêt pour deux jours, car malade. Je ne la blâme pas, la gastro. Mon neveu non plus. Et forcément, le jeudi, il a été foutu dans une autre classe, mais à 16 h 30, une fois que la cloche a retenti, ce sont ses grands-parents, aka mes parents, qui lui ont fait la surprise de le récupérer, et ils ont donc débarqué chez moi. De jeudi soir à dimanche soir. Presque quatre jours. Quatre jours à vivre ensemble. Dans mon cocon. Dans mon intimité.  Dans un premier temps, il y a eu la mise en place. Car, tout comme moi, les membres de ma famille, ce sont des farfelus. Pour faire simple, nous avions deux lits doubles et nous étions quatre, sans compter les deux chiens. Le calcul semble facile : deux dans un lit, deux dans l’autre. Ça, c’est sur le papier. Parce que dans les faits, mon père voulait absolument dormir seul. Sur un matelas gonflable. Dans la cuisine. Oui, mon père a passé la nuit dans la cuisine sur son lit gonflable alors qu’il y avait une place libre dans un lit pas gonflable. Ne cherchez pas. Farfelu, je vous dis.  Dans un deuxième temps, il y a eu l’entente. Pas toujours évidente. Encore moins avec un gamin de trois ans qui comprend un mot sur deux et parle en criant. Un enfant, ça te bouffe l’énergie, l’espace et ton goûter. Ça te bouffe tout. Mais à la limite, c’est mignon. Ce qui n’est pas forcément le cas d’un parent. Dans un dernier temps, les activités. Au programme : week-end détente. Sur le papier, tout était parfait : la forêt, la crêperie trop généreuse en chantilly, la sieste en début d’aprèm, le goûter au soleil et le petit détour au centre équestre. Dans la réalité, même la promenade des chiens est devenue source de disputes. La laisse qui disparaît, les clés avec, la mère qui a envie de pisser juste avant de partir et le père qui est prêt depuis vingt minutes. Tout ça noyé dans l’amour et la joie de partager un moment ensemble. De quoi être schizophrène. En quelques secondes, on passait d’une crise à s’engueuler sans filtre et avec rage à un état de plénitude, soleil caressant le visage et hennissement des poneys en fond sonore.  La vérité, c’est que j’avais conscience de mes excès. À chaque minute, je tentais de me raisonner et de me rappeler combien j’avais de la chance de vivre ce genre de moments. Mes parents à moi, ils sont géniaux. Certains d’entre vous les ont déjà rencontrés. Aimants, bienveillants, d’un soutien sans faille, toujours prêts à rendre service et à m’épauler dans mes folies. J’en suis hyper reconnaissante. Oui mais voilà, quand ils viennent chez moi, ou

Ce jour où j’ai renvoyé un message

Lundi 9 octobre 2023. Je vous ai déjà parlé de mes histoires d’amour — ou plutôt de non-amour — de ces derniers mois. Celles où je suis tombée amoureuse d’un mec qui n’est pas prêt à s’engager, qui m’a quand même fait espérer un changement qui n’est jamais arrivé et qui, probablement lui aussi fou de moi vu ce corps de déesse, a soufflé le chaud et le froid pendant des mois, me foutant dans un tourment pas possible, éteignant la petite flamme dans mon cœur et même dans mon cul. Ça, je vous l’ai déjà expliqué. Eh bien, quelques semaines plus tard, le lundi 9 octobre tout particulièrement, je ne pensais qu’à lui. Au lui bien. Au lui qui me prenait dans les bras et me faisait me sentir belle, qui me bloquait contre un mur et me baisait un peu trop fort, qui me susurrait à l’oreille que j’étais la seule et l’unique, qui me laissait croire que ce serait pour toute la vie. Ce lundi 9 octobre a été un sacré enculé qu’on ne souhaiterait pas même à sa meilleure ennemie. Parce que se rappeler un ex qui n’en est pas un, c’est l’enfer. Bizarrement, pour des raisons qui me dépassent, notre fucking cerveau ne se souvient que des bons moments jusqu’au décrochage ultime. Comme par magie, on oublie toutes ces journées à chialer à cause de ce connard incapable de nous donner ce dont on a besoin ; on oublie tous ces textos envoyés pour le supplier de faire des efforts car on en peut plus de se contenter de miettes que même un pigeon rejetterait ; on oublie que son égocentrisme de merde, son lunatisme et sa froideur nous dégoutent autant que les cacas d’œil que Gégé mange avec passion. On oublie le plus important, finalement, à savoir pourquoi la relation ne marche pas depuis des mois et pourquoi on souffre. Le 9 octobre, j’avais oublié. Et cet oubli n’allait pas aider mon état. Car le lundi, je suis plachplouch. Un mood pourri dans lequel tu frôles la dépression et tu n’as qu’une envie : rester sous ta couette du matin au soir. J’ai bien tenté de feinter mon propre esprit pour contrer mes pulsions d’amour et mon état de limace en remplissant ma journée au maximum. J’ai géré les mails, les commandes, j’ai écrit, sorti mon chien, l’ai rentré, le l’ai ressorti, je suis partie faire des courses, je suis allée à la pole dance et je me suis même fait l’amour. J’ai tout tenté. Mais il était toujours dans ma tête. Mon ancien crush accompagné du lundi de l’enfer. Je n’avais qu’une envie : lui parler, alors que je n’avais absolument rien à lui dire. Car après tout, j’allais lui écrire pour quoi ? Lui rappeler qu’entre nous ça ne marchait pas, qu’il ne changerait jamais, qu’il ne voulait de toute manière pas s’engager avec moi et quand bien même il l’aurait voulu, moi-même je n’étais plus certaine d’en avoir envie, dégoutée de toute cette relation ? Pourquoi lui écrire ? J’avais beau me le répéter sans cesse, une fois chez moi, après ma journée remplissage de tête effectuée, salade en main, L’Amour est dans le pré à la télé, muscles encore congestionnés et corps pourtant blindé d’hormones, j’ai craqué. Mais, contrairement aux précédentes semaines, j’avais anticipé. Non sans courage, j’avais supprimé son numéro. De partout : WhatsApp, discussions communes, Messenger, iMessage, appels manqués, appels reçus, appels émis, archives, etc. Je l’avais fait disparaitre, pour ne plus pouvoir lui écrire. Oui mais voilà, il restait un endroit dont je ne l’avais pas éradiqué, car ça nécessitait de le bloquer et ça, ça ne m’aurait pas arrêtée : Instagram. J’avais encore son compte Instagram (cherchez pas, je parle de mon Insta secret, mon perso que personne ne connait, hé hé). J’ai attrapé une pièce, joué à pile ou face et laissé l’avenir décider pour moi. Si c’était pile, j’envoyais ; si c’était face, je m’abstenais. Vous l’aurez compris, c’était pile. Alors, j’ai envoyé. Un truc pourri à 22 h, qui disait simplement « salut » et dans lequel je m’excusais de lui écrire. Puis, une fois le message expédié, j’ai paniqué. J’ai paniqué et je m’en suis voulu. J’ai donc fait un deal avec moi : si à 22 h 15, il n’avait pas vu mon DM, je le supprimais. Durant ces quinze minutes, je n’ai pas quitté la conversation, attendant un « Vu », espérant que ça arrive, priant pour que ça n’arrive pas. Je n’étais que contradictions. Puis, à 22 h 14, toujours rien. La dernière minute, la fatidique. Toujours rien. Même à 22 h 15. J’ai donc supprimé. Comme une page qu’on efface, comme un cadeau de l’univers, comme un secret trop dur à garder. Vous comprenez, je ne pouvais pas me contenter de ça… J’ai respiré un coup et j’ai décidé d’assumer. Après tout, c’était ridicule : tant qu’à écrire pour ne rien dire et simplement pour booster mon égo, autant le faire jusqu’au bout. J’ai plongé dans mes souvenirs et tenté de me rappeler son numéro qui, bravo à ma mémoire, m’est revenu immédiatement. J’ai donc tapé un message de retrouvailles, un qui vaguait entre les blagues et le drame, les rires et les larmes. Une série B. J’ai envoyé, sans trop d’hésitation. Quatre messages, même. Quitte à reprendre contact, autant le faire avec un roman. Mais après quelques minutes sans réponse, alors qu’habituellement il ne me laissait traîner que quelques secondes, j’ai de nouveau paniqué. Moi qui étais si fière d’avoir résisté, de n’avoir rien envoyé et qui avais craqué comme une merde tandis que j’avais promis que je ne serais pas celle qui reviendrait. J’avais failli. Tout comme avec mon DM sur Instagram, j’ai tout effacé. Sauf que, sur iMessage, j’avais un doute : est-ce que si je supprimais, il ne recevrait pas quand même mes SMS ? Est-ce que la suppression ne fonctionnait que pour l’expéditeur ? J’ai foncé sur Google. « iMessage suppression destinataire », « Comment supprimer les messages destinataire iMessage », « Est-ce que mon connard d’ex qui n’est pas mon ex va recevoir mes messages de désespoir ? » Tout y est passé et