Ce jour où j’ai eu le cul coincé

Mardi 6 janvier 2026. Plusieurs semaines que je fréquente un nouveau gars, et toujours le même souci : aller chier. Évidemment, à 35 ans, certaines me diront que ce n’est pas un sujet, que nous sommes humaines, que c’est normal de chier et que scoop, les hommes aussi posent leur lingot d’or. C’est très juste. Mais pas pour moi. Pour moi, « hommes » rime avec « cul bloqué ».

Depuis le début de ma vie sexuelle, c’était déjà le cas. Je me souviens de cette fois où, alors que j’étais avec mon partenaire de l’époque, dans un hôtel à Barcelone, en amoureux, j’avais eu le malheur de ne pas réussir à chier depuis deux jours mais de vouloir profiter de son corps à outrance. Avec un bas du ventre qui ressemblait à celui d’une femme enceinte de 3 mois, je me suis retrouvée assise sur sa bite, à faire des aller-retours, et, forcément, le ventre rempli d’air, a lui lâché une caisse sur le torse. Une petite caisse, certes. Une de celle qu’on entend à peine, qui se confond à un vent, qui prédit une odeur nauséabonde. Une petite caisse quand même. J’ai accéléré le rythme, feinté des gémissements de plaisir et j’ai laissé mon pet se dissimuler dans la baise. 

Après cette expérience, j’ai toujours fait au mieux pour ne plus être dans une situation indélicate.

Le problème, c’est que je suis trop intense. Dans tout. Alors, là où je pourrais me faire sauter une fois, quelques minutes, enchainer avec un petit câlin et congédier le concerné, je préfère enchaîner les parties de jambe en l’air, les entrecouper avec des petits cookies, et rester plusieurs heures avec le concerné pour pouvoir rebaiser à tout moment. Bref, autant de temps et d’énergie, qui provoquent forcément une envie de chier à un moment. 

Et c’est là que le drame arrive. Car dernièrement, j’ai rencontré quelqu’un. Quelqu’un de bien avec qui je peux passer plusieurs heures, voir plusieurs jours. Un drame pour mes intestins. Et lui, il est comme moi. Pas au niveau du bouchon dans le cul, mais au niveau du plaisir de la vie. En d’autres termes, il n’a pas peur de dire non à un bon fast food, une pizza ou une belle plâtrée de lasagnes maison.

En quelques mots, c’est un plaisir. A l’exception de tout ce qui se passe après. 

Ce mardi 6 janvier donc, je me retrouvais à le dater. Le midi, nous avions prévu un resto chic, l’un de ceux qui invitent à l’entrée, plat, dessert. Au goûter, nous avons plongé dans un cookie géant, que nous n’avons évidemment pas partagé. Le soir, nous n’avons pas pu résister à un gros Mc Do. Une journée de plaisirs donc. Une journée à l’intestin bien rempli. Le tout bien comprimé par deux heures de baise intense durant lesquelles je serrais déjà les fesses. 

Puis, est arrivé le moment où enfin, on s’endormait. A cet instant, vous pourriez penser qu’il me suffisait d’aller aux toilettes, qui plus est, qui sont bien loin de la chambre. C’est bien ce que j’ai tenté. Discrètement, j’ai quitté lit, monté le son du film dont nous n’avions pas même vu l’intro, et j’ai indiqué, alors même qu’il ne m’avait rien demandé, que je partais faire pipi. Mauvaise technique, parce que déjà, je m’infligeais un délai à respecter.

Sur le trône, rien n’y faisait. Il fallait que je pousse, mais je prenais le risque d’un pet énorme que rien ne pourrait cacher. Après quelques minutes, je suis descendue et je n’ai pas pu m’empêcher de lui en toucher un mot. Trop intense, je vous ai dit. A ce sujet, il a ri, a insisté en me précisant qu’il n’était pas un enfant, qu’il avait vécu plusieurs années avec une femme et que par conséquent je DEVAIS être à l’aise. Gentiment, il m’a invité à retourner aux toilettes, a lui-même rajouté de la musique sur le film et m’a juré de ne rien entendre. Un gentleman des temps modernes. Mais il n’y faisait rien. J’avais un bouchon dans le cul. 

Alors, après en avoir beaucoup rien, nous avons fini par nous endormir. Durant la nuit, j’ai serré si fort les fesses que j’ai à peine dormi, inquiète de pouvoir lâcher un pet furtif alors même que son ronflement l’aurait sans doute recouvert.

Puis, est arrivé le moment fatidique. Le matin. 9 heures, prête à en découdre. L’univers m’aidait en laissant mon amant endormi.

Je monte l’escalier, lâche un prout dans le contrôle avant de me poser sur le cabinet et de risquer la résonance, m’installe sur le trône et arrive à y déposer quelques petites crottes. Le genre de petites boules qui font plaisir mais qui ne te libèrent de rien. 

Face à la réalité, je le savais, je devais faire plus. Je le savais, mon Don Juan resterait encore quelques heures. Qui sait, une nuit encore peut-être. Je devais chier. Pour la survie de cette relation. 

Je suis sortie de chez moi, ai prétexté de devoir préparer des commandes dans la grange alors même qu’il dormait toujours, et j’ai débuté en pétant si fort, que mes voisins eux ne pouvaient pas le louper. Puis, j’ai réfléchi : « comment pouvais-je chier ? ». Et là, la révélation : Gégé. Devant moi, Gégé, dans le jardin, venait de poser sa meilleure pêche.

Je me suis donc rendue dans le fin fond de mon grand jardin, celui qui pourtant donne une visibilité sur la porte extérieure de ma chambre. J’ai baissé mon pantalon, me suis placée en pose caca, et, dans le froid glacial de l’aube, j’ai chié dans mon jardin. En plein effort, je l’ai imaginé, l’homme qui était en train de tombé amoureux de moi, à la porte, profitant du lever du soleil sur le jardin, et qui, sans s’imaginer comment, me verrait, crotte au cul, dans la nature, accroupie, pour poser ma merde. 

Il n’a jamais rien vu, il n’a jamais rien su. Et moi, je me suis libérée de mon caca. Mieux, je me suis libérée de la malédiction. Car après ce dernier acte farfelu, j’ai repassé la journée avec mon crush, remangé sans retenue et, finalement, par je ne sais quel miracle, j’ai réussi à aller aux toilettes, sans plus aucune honte. Je suis devenue une autre femme, ce jour où j’ai eu le cul coincé. 

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