ce jour où j’ai fait une soirée de lancement

Ce jour où j’ai fait une soirée de lancement Vendredi 13 mai. Dans mon imaginaire, un vendredi 13, c’est la merde. Pourtant, ce vendredi 13 mai, il a réveillé en moi ma passion pour l’événementiel. Eh oui, je ne suis pas qu’une artiste qui vous écrit des merveilles, je suis aussi une chargée de projets incroyable (ben quoi, j’ai pas le droit de me donner un peu de force ?). J’aime le biz, vous le savez déjà. J’aime voir un projet éclore, le sentir prendre vie et même gérer les imprévus. Et puis, j’aime profiter de la vie, rencontrer de nouvelles personnes et, surtout, surtout… faire le fucking Nono Show ! Alors, ce vendredi 13, lorsque j’ai débarqué à la soirée de lancement du livre d’un mec qui pèse, je m’y suis vue. À ma droite, je voyais ma famille et mes amis, eux qui ne connaissent rien à ce monde de paillettes que je fréquente sans même le vouloir, fait de copines mariées à des joueurs de foot, de chanteurs à la voix suave, d’humoristes qui font les premières parties des plus grands, de journalistes chez France 3 ou de célébrités de la petite télé. Je visualisais mes proches avec des étoiles dans les yeux en imaginant à quel point ces personnes ont toutes réussi alors que, scoop, elles chient sur le même trône que nous. Mais je les voyais surtout fiers, fiers de tout ce chemin que j’ai parcouru en quelques années, fiers de voir mon troisième livre en exposition comme un trophée, fiers que je puisse enfin vivre de ma passion. Et à ma gauche, il y avait les autres. Ceux qui ont changé ma vie sans même le savoir, avec qui je travaille ou non, qui ont lu le livre ou non, qui me connaissent à peine ou me suivent quotidiennement. Il y avait tous les autres, envers qui je serai éternellement reconnaissante. Dans ma tête, face au discours d’un autre, j’imaginais le mien. Et, à ce moment, j’ai compris. J’ai compris que j’allais le faire. Je suis rentrée chez moi heureuse de ma soirée et pleine d’ambition. Malgré l’heure tardive, j’ai jeté un œil sur notre Google d’amour et j’y ai trouvé des réponses. Et elles étaient mauvaises. Des prix incroyables pour des prestations très classiques, des dates de livraison à couper le souffle et une créativité digne de mon neveu d’un an. Non, les agences d’événementiel ne me convenaient pas. Et parce que j’ai un égo de la taille de mon cul, c’est à dire assez gros pour ceux qui ont pas la réf, je vous joins une photo : … . Je reprends, donc. Et parce que j’ai un égo de la taille de mon cul, j’ai, sans l’ombre d’un doute, constaté que j’étais capable de faire absolument tout ce que ces mêmes agences proposaient. Après tout, j’ai réussi à autoéditer des livres, les foutre dans tous les hypermarchés Carrefour de France et, surtout, à les vendre. Ça n’aidait pas à diminuer mon égo, clairement. Je suis donc partie, fleur au fusil, dans une nouvelle bataille de seulement trois semaines pour faire de cette soirée la plus belle des soirées. J’ai commencé simplement : trouver le lieu. Un peu facile, en sachant que l’un de mes meilleurs amis a ouvert sa boutique dans le 12e. Ça, c’était un coup de chance. Le reste s’avérait plus compliqué, mais pas impossible. Il me fallait un thème. J’ai bien pensé à « Gégé, le borgne, star de ma vie », mais je me suis vite abstenue pour la simple et bonne raison que demander à chacun de se retirer un œil, c’était un peu limite et, qui plus est, ça allait réduire mon nombre d’invités. Je suis donc partie sur une idée simple qui n’était autre que le titre du nouveau roman : 387 nuits. Dans ce livre, nous suivons Sam, une jeune comédienne, qui se retrouve à jouer le rôle de Mary dans l’adaptation de 387 jours au cinéma. (Oui, je vous donne des petits scoops comme ça. La vérité, je pense que l’histoire, c’est la meilleure de tous les temps. Mais genre, tous livres mondialement connus confondus. Même en compétition avec Harry Potter, par exemple.) Dans ma tête, tout était clair : la soirée de lancement avait son thème. ⭐La grande première du film 387 nuits.⭐ Machine à pop-corn, tapis rouge et robe de gala, les idées fusaient. J’ai passé mes journées sur l’ordinateur à rechercher du personnel, à préparer des visuels, à chiner des assiettes ou à commander de l’alcool. J’enchaînais les appels téléphoniques pour discuter des tarifs sur de la pampa, pour connaître le meilleur verre à vin ou pour trouver un agent de sécu (à l’heure où j’écris, j’en ai toujours pas ; à tout moment, je me retrouve avec un connard qui me jette son couteau à la gueule, et bim, la soirée de Gégé prend vie). Je me voyais partout. À Rungis, à négocier du fromage alors que je n’ai pas de compte chez eux, chez des fournisseurs de fleurs alors que je ne suis pas fleuriste ou à négocier un gâteau alors que je n’en mangerai pas (c’est faux). Je pensais à tous les détails. Les crochets pour les cadres, les boites à popcorn, le papier cul des chiottes et le bac à glaçons. Et, subitement, je me suis rendu compte de la charge mentale que je venais de me foutre dans la gueule. Et le pire ? C’est que j’aimais ça. Comme une droguée à l’adrénaline, j’ajoutais de nouvelles idées que, bien sûr, je voulais réaliser. Des cupcakes en rapport avec le livre, deux photocalls ou des clichés Harcourt à mon effigie. Je voyais les choses en grand, moi qui suis si petite. Je vacillais entre ma confiance en moi qui me disait que j’étais une championne et mes craintes existentielles qui me répétaient que personne ne viendrait et que tout serait bien nul. Chaque jour, je relisais la liste des invités et trouvais que ce n’était pas assez. Chaque jour, je cochais des cases dans ma to-do list, et